BOURDALOUE ET LE I». SEXAULT
dit Bourdaloue, mais de votre instruction et de la mienne; car à Dieu ne plaise que je sépare l'un de l'autre, ou que je prétende aujourd'hui louer ce saint évêque uniquement pour le louer et pour l'élever^ ! » Parle-t-il des plus grands saints du christianisme, d'un saint Pierre ou d'un saint Paul. Bourdaloue ne cherche pas seulement à rendre raison de l'éclat particulier dont ils brillent parmi la multitude des béatifiés : qu'importe qu'on les admire, si on ne sait pas tirer de leur vie quelques leçons pratiques et quelques applications précises ? « Il ne s'agit pas aujourd'hui de parler des grandeurs de saint Pierre, mais de ses vertus; il ne s'agit pas de ce que nous devons admirer, mais de ce que nous devons imiter en lui ^. » — « Ne considérez pas ce discours comme un simple éloge qui se termine à vous' donner une haute estime de saint Paul... C'est un discours de religion ; c'est une règle pour former nos mœurs ; c'est un exemple que Dieu nous propose, et qu'il veut que nous nous appliquions ^. »
Bourdaloue, nous l'avons dit, emprunte souvent des plans ou des parties de plans aux panégyriques du P. Senault. Mais ces plans, il les modifie toujours dans le sens moral et pratique, et lorsque le P. Senault s'est borné au r<Me de pur panégyriste, quand du plan qu'il a choisi aucun enseignement direct ne se dégage, alors Bourdaloue ne lui demande rien. On ne peut, par exemple, apercevoir aucune analogie entre le panégyrique de saint Jean l'Évangéliste par le P. Senault et le discours consacré au même saint par Bourdaloue. Le P. Senault se contente d'exalter en saint Jean le plus éclairé des évangélistes, le mieux aimé des apôtres, le plus affligé des martyrs et le mieux récompensé des vierges. On peut appliquer littéralement au P. Senault cette expression devenue métaphorique et proverbiale : H ne prêche que pour son saint- Bourdaloue prêche pour ses auditeurs. Il parle à des