CONTRE-PARTIE DES PROVINCIALES
les mettez, puisqu'il ne se peut faire que vous viviez dans le libertina}j:e sans les y eugager avec vous *. »
Le duel n'est pas coupable aux yeux du jésuite de Pascal, quand on se bat pour défendre son honneur, ou même seulement « son bien en une quantité considérable * ». — Sacrifiez tout, dit Bourdaloue, à la loi de Dieu; sacrifiez même a la chose du monde pour laquelle vous avez plus de passion, votre honneur m.
a On vous l'a ôté, ou par une atroce calomnie, on par un affront qui va jiîs<[u'à routrage. Supposons la plaie aussi sanglante qu'il vous plaira : vous voilà perdu d'estime et de crédit dans le^monde, et vous êtes d'une condition où cette tache doit être moins supportable que la mort même. Cependant il ne vous reste qu'une seule voie pour l'effacer, et cette voie est criminelle. On vous la propose : et si vous ne la prenez pas, vous tombez dans le mépris. Sur cela, je vous demande, mon cher auditeur : aimez-vons assez Dieu pour croire que vous voulussiez alors lui faire un sacritice de votre ressentiment ?... Si cela est, vous avez sujet d'espérer et d'être contenl de vous: mais si cela n'est pas, vous devez trembler, parce que vous n'êtes pas dans l'ordre de celte charité vivifiante qui opère le salut et dont l'indispensable loi vous oblige à aimer Dieu plus que votre honneur. Mais il est bien ditticile qu'un homme du monde puisse être disposé de la sorte. Diflicile ou non, répond saint Bernard, voilà la balance où il faut être pesé, voilà la régie que Dieu prendra pour vous juger ^. »
Faut-il énumérer toutes « les avantageuses maximes » enseignées en faveur des juges par le jésuite de Pascal, jusqu'à leur permettre de recevoir de l'argent, et de juger même coutre leur sentiment*? Mais nous n'en finirions pas si nous voulions citer tous les passages où Bourdaloue s'élève contre les prévarications des magistrats, contre ces
1. Dominicales, 2' d'un. ap. Pâques, sur le Soin des domestiques, 1" partie, t. V, p. 487.