‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 177 sur 323 · Sermon sur la Prière, t. VI, p. âî · texte numérisé non relu

Sermon sur la Prière, t. VI, p. âî

29a LA DOCTRINE

selon Dieu, de plus estimable que le don de faire des miraclt et de ressusciter les morts, parce que le don des miracles es une grâce infructueuf-e qu'ont eue quelques saints, mais qi n'a point aidé à les faire saints, et sans laquelle il y en a e d'aussi saints et de plus saints; aussi, du même princip devons-nous conclure que le moindre degré de cette oraison o l'âme, par un usage libre de ses puissances, et lidèle à 1 grâce de son Dieu, travaille à se purilier et à se perfectionnei qui est Toraison commune, quoique moins élevée, vaut mieu et est d'un mérite plus grand que toutes les extases et tous le dons imaginables, où l'on suppose l'âme sans action et dans 1 repos delà contemplation : pourquoi? parce que Dieu, encor une fois, ne discerne point les élus par la sublimité, mais pa la fidélité ; et parce ((ue toutes les extases ne sont pas compara blés, dans l'idée de Dieu, à la moindre vertu acquise par le tra vail d'une humble prièie ^ »

Bourdaloue demande donc (jue l'oi'aison même soi agissante, efficace, qu'elle nous l'ende non seulement plu sublimes, mais plus parfaits. Devenons-nous meilleurs pa la prière, voilà le signe qu'elle est bonne et agréable Dieu. C'est 06 que Bourdaloue enseigne non seulcmentau fidèles, mais aux religieux, mais aux fillesmêmes de saint Thérèse, à ces carmélites dont la vie, toute consacrée l'adoration et à la contemplation des choses divines, pou vait, ce semble, mériter des faveurs particulières et de grâces plus hautes. Le sage prédicateur les met en garde aussi bien que tous les autres, contre les dangers de l'orai son sublime. Il leur recommande d'avoir pour suspect « toute singularité, toute voie extraordinaire, tout ce qu éloigne des chemins les plus battus ^ ». Il leur propos l'exemple de leur sainte et glorieuse mère, qui reconnu la réalité de ses extases et de ses comnmnications ave Dieu à cette seule marque, qu'elle sortait de toutes ses cou templations et de toutes ses prières plus ardente dans s foi, plus désireuse d'effacer jusqu'aux plus légères tache

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