Exhortation sur sainte Thérèse, t. YIII, p
BOURDALOUE PRÈt^HANT AUX CARMÉLITES 291
de son âme, plus courageuse et plus zélée pourraccomplissemenl de ses saintes œuvres.
« Ainsi Thérèse avait-elle de quoi se rassurer; et voilà les principes certains qui doivent nous rassurer nous-mêmes : voilà par où nous pouvons connaître les dons du ciel... Tant que l'oraison vous rendra plus fermes diins la foi de Jésus-Christ, plus respectueuses envers l'église de Jésus-Christ,... plus soumises à ses décisions et pins exactes à ses observances et à ses pratiques; tant que vous deviendrez par l'oraison plus zélées pour l'accomplissement dr vos devoirs, plus assidues à vos fonctions» plus attentives à morlilier vos désirs, vos inclinations, vos passions; plus vigilantes sur vous-mêmes et plus appliquées à vous perfectionner selon l'esprit de votre état; tant que vous profiterez de l'oraison pour avoir plus de charité envers le prochain, plus d'obéissance aux ordres des supérieurs, plus de patience daiis les contre-temps et les chagrins de la vie, plus de douceur, de modération, de retenue, d'empire suries niouvementsde votre cœur et sur les paroles de votre bouche : à ces caractères, je reconnaîtrai le sceau de Dieu, et sans faire de longues perquisitions de la méthode d'oraison que vous gardez, ni de tout ce qui s'y passe, je vous dirai d'abord et sans hésiter : Ne craignez pas; le Seigneur est là. Mais par une raison toute contraire, en vain me dira-t-on de celle-ci ou de celle-là que c'est une âme privilégiée, une âme prévenue de grandes grâces, que c'est une lille d'oraison: si je sais d'ailleurs que c'est une fille d'une foi équivoque, attachée à ses propres idées, infatuée de doctrines étrangèies et d'opinions réprouvées de l'Eglise;... si je vois qu'après tant d'oraisons et de contemplations, elle n'en est ni plus charitable, ni plus condescendante aux faiblesses d'autrui, ni moins maligne dans ses jugements, ni moins aigre dans ses discours, ni plus régulière, ni plus fidèle à la discipline domestique, ni plus souple aux volontés et aux avis des personnes qui la conduisent ; en un mot qu'elle est toujours sujette aux mêmes imperfections et aux mêmes défauts ;... ah! mes chères sœurs, eût-elle tous les transports dElie, tous les ravissements de saint Paul, toutes les révélations des prophètes, ou parût-elle les avoir, je me défierais de tout cela, et l'on ne me convaincra jamais que l'esprit de Dieu s'y trouve ni qu'il en soit l'auteur ^»