Sedat-Simon, t. I, c. xxvii
296 LA DOCTRIiNE
Guyon et Féiielon n'inventèrent pas, mais qu'ils renouvelèrent. A la fin de ce sermon, il semble que Bourdalou( pense à Fénelon lui même.
ï Quand on vous dira qu'il paraît un homme de Dieu, don la conduite dans le gouvernement des âmes est toute nouvelle, quelque éloge que vous en entendiez faire, ne suivez pas une ardeur précipitée qui vous y porte. Attachez-vous à ceux qui vous conduisent par les voies d'une foi soumise et agissante;... et, si ((uelqu'un vous parle autrement, j'ose vous dire, comme saint Paul, que, quand ce serait un ange du ciel, vous le devez traiter d'anathème ^ »
On voit que, si Bourdaloue n'eut pas à combattre les quiétistes autant que les jansénistes, il fit pourtant bonne garde pour défendre la vraie dévotion contre des erreurs qui blessaient également la théologie et le bon sens. Saint- Simon, peu suspect d'une bienveillance excessive pour les jésuites, disposé à expliquer tous leurs actes, et en particulier leur conduite dans l'affaire du quiétisme, par je ne sais quelle politique astucieuse et profonde, Saint-Simon n'a pu s'empêcher de rendre justice à Bourdaloue. « La vérité est que le P. Bourdaloue, aussi droit en lui-même que pur dans ses sermons, n'avait jamais pu goûter ce qu'alors on nommait quiétisme 2. » Parfaite rectitude non seulement de cœur et d'intention, mais de jugement et de doctrine, c'est bien là le constant caractère de Bourdaloue. Sa foi savante et sûre, sa raison droite et ferme, ne se montrent pas moins dans sa dévotion que dnns sa morale. Qu'on en juge une fois de plus à ce d'^rnier trait :
« J'appelle oraison chimérique celle qui, réduite aux principes, ne se trouve pas à l'épreuve de la plus exacte et de la plus sévère théologie, la théologie, dit le savant chancelier Gerson, devant être particulièrement en ceci comme la pierrede louche pour distinguer le faux du vrai... J'appelle oraison chi-
i. Sermon sur la Prière, i. VI, p. 32. 2. Sahit-Sinion, t. I, c. xxvn.