‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 19 sur 323 · Paris, 1647, in · texte numérisé non relu

Paris, 1647, in

l'appel de Celui qui s'est nommé lui-même le Dieu jaloux, l'âme s'arme de déliance contre les alFections de la famille, jalouse aussi, et ne songe plus qu'aux moyens d'échapper à la double entrave de l'autorité et de la tendresse. Bourdaloue, malgré sa jeunesse, avait pris sa résolution avec une fermeté calme qui ne devait point se démentir. Rebutî par son père, il ne dit plus rien de ses projets; mais il se fit l'application littérale de celte parole de l'Evangile: c( Quiconque quittera pour me suivre sa maison, son père et sa mère, recevra le centuple *. » Un jour de l'année 1648, il disparut clandestinement delà maison paternelle. Il était allé droit à Paris, et avait couru s'eniormer au noviciat des jésuites. Son père alla l'y chercher, l'en fit sortir d'autorité, et le ramena à Bourges ^.

On a cru retrouver •* l'écho lointain de ces luttes domestiques dans le sermon sur les Devoirs des pères par rappoit à la vocation de leurs enfants. « Vous savez que Dieu veut cet enfant dans la profession religieuse, et vous vous obstinez à le vouloir dans le monde. Vous voilà donc, pour

ainsi dir.', aux prises avec Dieu Non, non, chrétiens,

quelque intérêt qu'ait un père de voir un enfant établi selon le monde, il ne peut, sans une espèce d'infidélité, se plaindic de Dieu, quand Dieu l'appelle à une vie plus sainte; et traverser cette vocation ou par artifice, ou par de longues et d'insurmontables résistances, c'est ce que je puis appeler une rébellion contre Dieu et contre sa grâce... Et ne pensez pas que ce soit une bonne raison à y opposer, de me répondre que ce fils est le seul qui vous reste d'une ancienne et grande famille, et que, £ans lui, elle va s'éteindre; comme si Dieu était obligé de s'accommoder à vos idées mondaines; comme si la conservatitm de votre famille était quelque chose de grand, lorsqu'il s'agit des

1. Le passage de l'Évangile (saint Mattli., ch. n) d'où sont tirées ces paroles sert de texle au seriuoa de Bourdaloue sur le Renoncement religieux, t. XllI, p. 175.

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