Madame de Pringy. — Le P. Brelonneau
tJ. J.-J. Weiss. Conférence sur Bourdaloue. Revue des Cours littéraires, n- du 13 septembre 1866.
volontés de Dieu; comme si, tôt ou lard, toutes les familles ne devaient pas finir, et que la vôtre pût avoir une lin plus honorable que par les ordres du Seigneur votre Dieu... Les lois permettent aux enfants de disposer d'euxmêmes pour IVîtat rolijîicux dans un âge où du reste ils ne peuvent disposer de rien... Elles ratilient la profession solennelle du vœu de religion, faite à Tinsu même des parents, qui, par nul moyen, ne la peuvent invalider'.... »
Sans pouvoir déterminer dans quelle mesure les souvenirs jiersonnels du religieux se mêlent ici aux avertis'^emeuls généraux que fait entendre le prédicateur, il est du moins permis de croire que Bourdaloue, pour convaincre sou père, se prévalut avecresj)ect des mêmes raisons qu'il devait plus tard développer avec lanl d'autorité du haut de la chaire chrétienne. Sa jtersévéranco inébranlable linit par dissiper tous les doutes et par désarmer toutes les résistances. Avant la lin de dO'iS, il rentrait délinitivement au noviciat de I^aris, d'où il avait été arraché quelques mois auparavant. Cette fo;s, c'était son père môme, désormais soumis et résigné, qui le ramenait-.
Ou le voit, jamais vocation ne fut plus constante, plus sûre d'elle-même. Jamais aussi religieux ne trouva dans l'état qu'il avait choisi un contentement plus vif, plus pJir et plus soutenu. On rencontre dans plusieurs discours de Bourdaloue l'expression souvent émue de cette joie paisible et j)leine que la vie religieuse réserve aux vocations satisfaites. « Crèclie adorable de mon Sauveur, s'écrie-t-il dans un de ses sermons sur la Nativité, c'est toi qui me fais aujourd'hui goûter la pauvreté que j'ai choisie, c'est toi qui m'en découvres le trésor, c'est toi qui me la fais préférer à tous les établisseuients et à toute l'opulence du monde •'...)) — «Quoique je ne puisse, dit-il ailleurs, savoir avec assurance si je suis en grâce et digue d'amour, per-
1. Dominicales. SiM-mon pour le 1" dini. apr. TÉpiphanie. i" partie, t. V, p. 13, 16, 17.