LES PORTRAITS ET LES ALLUSIONS
de quelqu'un de ses voisins. Le mot même de portraits était consacré pour désigner les peintures que Bourdaloue plaçait dans ses serinons.
Nouveau prédicateur, aujourd'hui, je l'avoue,
Ecolier, ou plutôt singe de Bourdaloue,
Je me plais à remplir mon sermon de portraits ^,
dit Boileau. Conservons ce mot, je le veux bien; mais à condition qu'on entende par portraits la représentation de types généraux, et non l'image spéciale de certains personnages déterminés. Bourdaloue voulait peindre des groupes, non des individus. Plût à Dieu qu'on n'eût pu mettre qu'un seul nom sous chacune de ces peintures tristement exactes !
Si les contemporains prêtaient beaucoup à Bourdaloue dans l'interprétation qu'ils taisaient de ses paroles, nous lui prêterions encore bien davantage en nous efforçant de découvrir et de déterminer toutes les allusions qui peuvent se rencontrer dans les discours que nous possédons. Cette recherche parait d'abord piquante et curieuse ; mais elle ne tient pas tout ce qu'elle semblait promettre. Souvent, là où nous soupçonnons quelque allusion, les données nous manquent pour la comprendre et même pour nous assurer qu'elle existe. Il faudrait savoir avec certitude la date du sermon pour reconnaître l'allusion et l'interpréter; mais, d'autre part, il faudrait avoir interprété lallusion pour déterminer la date du sermon : dans plusieurs cas, il est impossible de sortir de ce cercle vicieux. Ce n'est pas que les allusions de Bourdaloue soient toujours pour nous lettre close. Beaucoup, peut-être le plus grand nombre, sont très claires, même à deux siècles de distance. Nous avons cité plusieurs de celles qui concernent les jansénistes : l'occasion viendrad'en mentionnerd'autres quine sont pas moins certaines. Mais nous nous garderons du puéril plaisir de multiplier les hypothèses arbitraires. Nous risquerions non