‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 227 sur 323 · BASSESSE ET SERVILITÉ · texte numérisé non relu

BASSESSE ET SERVILITÉ

jusqu'à raffectation le repentir de ses anciennes mutin e ries, sollicitait comme une grâce l'union des membres de sa famille avec les enfants naturels du roi, et son HIs méritait d'être appelé par Sainl-Simou ft le plus vii et le plus prostitué de tous les courtisans ^ ». Une comédienne, quaua elle était la maîtresse d'un prince, recevait les flatteries empressées de ducs et pairs -, et, par un prodige de servilité qu'on ose à peine rappeler, on vit un maréchal de France, le maréchal d'Huxelles, jaloux de réaliser à [la lettre le vers de la comédie,

Jusqu'au chien du logis il s'efforce de plaire,

envoyer chaque matin un repas soigneusement préparé à la chienne de !a maîtresse du dauphin ^!

Cette « bassesse jusqu'à l'indignité pour la faveur » n'avait d'égale, selon l'énergique langage de Saint-Simon, <|ue « la hauteur insupportable dans la fortune ^ ». Les plus rampants taisaient payer au centuple à quiconque dépendait deux les humiliations dont ils achetaient la puissance et le crédit. Il semblait, comme dit amèrement La Bruyère, qu'il entrât dans leurs plaisirs « un peu de celui d'incommoder les autres ^ ». Non moins que l'auteur des Caractères, Bourdaloue dépeint et condamne « leurs hauteurs et leurs hertés, leurs airs dédaigneux et méprisants, leurs façons de parler, leurs termes, leurs gestes, leurs regards, toutes leurs manières, ou brusques et re-

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