‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 254 sur 323 · LE SERMON SIR LES DIVERTISSEMENTS · texte numérisé non relu

LE SERMON SIR LES DIVERTISSEMENTS

charges imposaient un labeur effectif, les hommes de qualité ignoraient toute occnp:ition sérieuse, et ne travaillaient qu'à tromper le temps. Aussi trouvons-nous dans le sermon sur les Divertissements du mondej un complémentnaturel, et non moins instructif, du sermon sur IVisivetc. Rourdaloue y fait cette observation, que les divertissements les plus innocents sont devenus coupables par l'abus qu'on en fait. Il prend, nous l'avons vu, le jeu pour exemple. Mais ce(]u'il ditdu jeuse peutappliquer àbiend'autres plaisirs, même à ceux (|ue Bourdaloue condamne comme vicieux eu soi. Ce qui faisait en effet le danger des divertissements au dix -septième siècle, c'était l'importance qu'on leur donnait, la grandeplace qu'ils occupaient dans la vie. Comment s'étonner, pir exemple, que le bal soit rigoureusement proscrit ^, quand nous voyons que le premier bul où paraissait une jeune fille était une grande date dans son existence? Un bal siflfit à empoisonner l'innocence d'Anne-Geneviève de Bourbon, plus tard madame de Longueville. et, de très pieuse et presque carmélite qu'elle était, la rendit plus que mondaine 3. C'est que le l)al, s'il perd beaucoup de ses périls quand il n'est plus qu'une distraction et comme une trêve au milieu d'une vie d'ailleurs sérieuse et occupée, devient fort dangereux pour une âme livrée sans diversion et sans contre-poids à toutes les impressions de la vanité et du plaisir.

De même il faut se reporter aux mœurs du temps pour comprendre l'anathèrae lancé par Bourdaloue contre les romans *. Il blâme le temps que l'on consacre à ces lectures frivoles, et cette critique ne semblera pas déplacée

Page 1