Id., t. IX, c. VII
et faisait avec elles, au milieu du carême, de scandaleuses orgies *. Tels étaient les modèles : les imitateurs ne manquaient pas. Un attachement criminel était, selon Bourdaloue, le désordre (( le plus connu et le plus ordinaire 2». La plupart, loin de s'en cacher, s'en targuaient. D'insolents courtisans, les Tardes, les Grammont, les Lauzun, vantaient avec impudence le nombre fabuleux de leurs conciuêtes. Heudicourt, un méchant drôle, qui par malheur avait de l'esprit, et que la faveur soutenait, faisait l'honnête métier de nouer les intrigues et de négocier les liaisons. Ce zèle officieux lui avait fait, dit Saint-Simon, « beaucoup d'amis et encore plus d'amies... C'était parmi les dames, à la cour, à qui l'aurait, dont pas une n'eût osé se brouiller avec lui, à commencer par les plus hautes ^. » Parmi les grands hommes du siècle, le petit nombre est de ceux qui mènent une vie régulière. Louvois faisait créer une charge à la cour pour la femme de son premier commis, dont il était l'amant *. L'illustre Turenne, à l'âge de soixante ans, se laissait arracher un secret d'État par sa maîtresse, qui ne lui était même pas fidèle ». Le maréchal de Luxembourg, digne successeur de Turenne aux armées, {( grand devant l'ennemi », dit Saint-Simon qui ne l'aime pas, s'abandonnait à un ignoble libertinage, et, presque septuagénaire, prenait son propre fils pour compagnon de débauches''. Les mœurs de Villars ne furent pas meilleures, et déshonorèrent également sa vieillesse, avec plus de cynisme encore 7. Celles de Vendôme furent ordurières ^.
« Encore, disait énergiquement I^onrdaloue, s'ils savaient, dans leur iniquité, se prescrire de certaines bornes, et demeurer