Sui' Vlmpurelé, I" partie, p
peur de s'y salir, dans les dossiers des procureurs généraux, et pour lesquelles le huis clos est, même aujourd'hui, de toute rigueur ^. » Mais Bourdaloue sait bien que ces faits hideux sont connus de tout son auditoire, et il ne craint pas de les rappeler avec une éloquence qui en voile les odieux détails sans en atténuer l'horreur.
Toutes ces abominations, révélées par les instructions judiciaires, ne sont pas les seules que, dans le sermon sui^ rjmpvreté, Bourdaloue flétrit, à la honte de son siècle.
t C'est ce vice qui désole les maisons et qui en dissipe fous les biens ; n'en avez-vous pas vu cent exemples ? heureux si vous n'en avez pas fait l'épreuve, ou par votre propre péché, ou par le péché d'aulrui ! Le désordre ancien et commun était devoir avec compassion un insensée, sous le nom d'amant prodigue, et prodigue jusqu'à l'extravagance, contenter l'avarice et entretenir le luxe d'une mondaine qu'il idolâtrait ; mais le désordre du temps est de voir au contraire une femme perdue d'honneur aussi bien que de conscience, par un renversement autrefois inouï, faire les avances et les frais, s'épuiser, s'endetter, se ruiner pour un mondain à qui elle est asservie, dont elle essuie tous les caprices, qui n'a pour elle que des hauteurs, et qui ordonne de tout chez elle en maître. L'indignité est que ce désordre s'établit de telle sorte qu'on s'y accoutume ; le domestique s'y fait, on obéit à cet étranger, ses ordres sont respectés et suivis , parce qu'on s'aperçoit de l'ascendant que son crime lui donne ; tandis que celle-ci, ne gardant plus de mesure, et libre du respect humain, dont elle a secoué le joug, se fait une vanité de ne ménager rien, et un plaisir de sacrifier tout, pour se piquer du ridicule avantage et de la folle gloire de bien aimer ^. >
L'édifiant dialogue entre madame de Rambures et madame de Buzanval, rapporté par madame de Sévigné •'', plus d'une anecdote conservée par Tallemant ou Saint- Simon éclairciraient ces lignes : mieux vaut ne pas insister sur ce « renversement inouï ».
i. P. Clément, la Police sous Louis XIV, p. 174, 180, etc. 2. Sur l'Impureté, 1" partie, jp. 84-85. ■3. Lettre du 2 novembre 1673.