EMPOISONNEMENTS ET DÉBAUCHES
poudres d'amour, que les fabricants de poison faisaient accepter et vendaient leur marchandise sataiiique. « Toujours l'amour et les confidences mêlés partout ^, «écrit madame de Sévigné à propos du procès de la Brinvilliers, et, avantde mourir, la Voisin déclare « qu'un grand nombre de personnes de toute sorte de conditions et de qualités se sont adressées à elle pour demander la mort et les moyens de faire mourir beaucoup de personnes, et que c'est la débauche qui est le premier mobile de tous ces désordres^^). Bourdaloue, en présentant les empoisonnements comme les œuvres de l'esprit impur, dégageait donc avec vérité la leçon de ce procès à la fois terrible par le nombre et par l'atrocité des crimes, monotone par l'uniformité des motifs qui les expliquaient.
« Je dis, continue Bourdaloue, que c'est pour ce péché qu'on devient profanateur. L'aurait-on cru, si la même Providence n'avait fait éclater de nos jours ce que la postérité ne pourra lire sans eu frémir; aurait-on cru, dis-je, que le sacrilège eût dû être l'a^rsaisounement d'une brutale passion? que la profanation des choses saintes eût dû entrer dans les dissolutions d'un libertinage effréné ? que ce qu'il y a de plus vénérable dans lu religion eût été employé à ce qu'il y a de plus corrompu dans la débauche, et que l'homme, suivant la [ prédiction d'isaïe, eût fait servir son Dieu même à ses plus infâmes voluptés 2 ? »
Deux prêtres, il faut le savoir pour comprendre les lignes qu'on vient délire, étaient au nombre des accusés dans l'affaire des Poisons. Leurs déclarations, concordantes entre elles, et conformes aux aveux de leurs complices, établissaient qu'ils avaient dit, pour le succès de certaines intrigues amoureuses, des messes impies, accompagnées des sortilèges les plus obscènes, « pratiques dune superstition corrompue, qu'il faut, dit un historien, laisser, de