‹ Bourdaloue, sa prédication et son temps [précédée d'une Notice sur Anatole FeugèreChapitre 54 sur 323 · Cours de rhétoriqzie, lecture xxxi · texte numérisé non relu

Cours de rhétoriqzie, lecture xxxi

2 Essai sur l'Eloquence de la chaire. De la progression du plan, t. I. p. 68.

c'est imposer à l'orateur une loi beaucouptrop absolue, età l'auditoire même une tension et un effort continus qui amèneraient bientôt la fatigue. Chez aucun orateur, on ne trouve cette progression constante et sans répit. Dans les discours de Démosthène et de Gicéron, le ton s'élève et s'abaisse, la passion s'enflamme et s'apaisetour àtour. Aux paroles vives et véhémentes succèdent des parties plus calmes et plus douces. L'éloquence ne produirait pas l'impression saine et fortifiante qu'elle doit faire naître, sans cette variété qui repose. Que, dans chacune des parties de son sermon, le prédicateur s'anime progressivement, s'échauffe, se passionne, qui l'en empêche ? Il s'arrêtera ensuite, puis reprendra sur un ton plus contenu le développement du point suivant, pour s'échauffer encore : ces temps d'arrêt, ces alternatives, pour être nécessairement amenées par une division marquée à l'avance, n'en seront pas moins un soulagement pour l'auditeur et une garantie de son attention.

Je crains que, sur ce point comme sur plusieurs autres un préjugé exclusif en laveur de l'antiquité n'ait abus( Fénelon]; préjugé même un peu aveugle: car Gicéron donn( des préceptes relatifs à la division dans ses traités d( rhétorique technique 1; Quintilien consacre à ce sujet tou un chapitre de V Institution oratoire 2; plusieurs discours d( Gicéron, par exemple le discours /Jowr la Loi Manilia celui pour Muréna, sont très nettement divisés. Accordon pourtant que les divisions sont rarement, chez les anciens aussi méthodiques, aussi rigoureuses, aussi nettement an noncées que dans nos sermons. Mais, encore un coup pourquoi vouloir soumettre aux règles de l'éloquence an cienne un genre que les anciens n'ont pas connu? Certes Aristote et Gicéron ont formulé des préceptes applicables toute sorte de discours, principes supérieurs à toutes le distinctions de genres, lois générales et pour ainsi dir humaines que tout orateur, quel qu'il soit, doit observe]

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