‹ Bourdaloue, sa vie et ses œuvresChapitre 27 sur 38 · T. VI · texte numérisé non relu

T. VI

(2) Jean, i, 23.

482 LE 9. LOUIS BOVfifUIiOUB

Quand l'orateur juge à propos de traiter un même sujet à divers jours, il reste fidèle à la règle qu'il s'est imposée : il prend dans l'office du jour le texte de son sermon ; puis, avec habileté et sans effort, il amène le sujet qu'il sait être le plus utile à l'auditeur.

Il prêche sur Y Oisiveté^ le dimanche de laSeptuagésime, avec un verset de saint Mathieu, chap. ii, où Notre-Seigneur invite les ouvriers à ne point rester oisifs, mais à aller cultiver sa vigne ; et il prêche le même sermon le vendredi de la deuxième semaine de Carême (l), avec un autre texte du chap. xxi, 33, sur la parabole du maitre de la vigne doot le fils est tué par les vignerons. Nous croyons superflu de nous arrêter davantage sur ce point. Passons aux différentes parties du discours.

Vexorde^ dans les sermons du P. Bourdaloue, est une introduction au sujet qu'il veut développer ; on y trouve le sens littéral ou accommodatice du texte ; puis les divisions générales de la pensée qui en découlent. Bourdaloue fait rarement usage des précautions oratoires; les exordes insinuants lui sont à peu près inconnus ; il ne paraît pas se préoccuper des dispositions de ses auditeurs ; il affirme son autorité et ne demande aucune faveur : ce qu'il exige, c'est de l'attention ; il l'exige en termes variés, mais souvent impératifs. La première partie du discours est terminée par l'invocation à la sainte Vierge, Ave Maria. Cet usage, consacré par la piété des orateurs et des fidèles, remonte au quatorzième siècle ; on l'attribue à saint Vincent Ferrler, le célèbre missionnaire de l'époque (lâ57-l&19). Saint Bernardin de Sienne suivit son exemple au quinzième siècle (1380-14Ai), et depuis ce pieux usage a été converti en règle dans toute TÉglise.

Après la salutation angélique, Bourdaloue donne la

(1) Édit. 1696.

MÉTBOME eVJLTQUiE DU P. BOURDALOUE i83

divisioii du sujet; oette disposkion équivaut parfois à nn secood exorde, «t Toij pent avec raison trouver que rorateur pousse trop loin Tanalyse de sa pensée. L'in4îérêt passioDiié qu'il mettait à £aire saisir par chacun de ses auditeurs le fil de ses idées, pouvsut faire accepter ces éonmèradoiis de parties ; pour les lecteurs, Tintérêt n*est pas le même. On trouve quelques sermons, en petit nombre, où le P. Bourdaloue suit la marche scolastique, en établissant sa thèse, et «n la prouvant par TÉcriture, les Pères et la raissn théologique : cette forme a moins d'attrait de nos jo«irs et moins de vivacité ; elle sent l'école et, pour cette raison, elle est moins goCttée des modernes; nous ne sommes plus, en effet, au temps de laSorbonne et de Navarre. Ajoutons qu'elle se prête moins au jeu des passions, de la seosibilité, de rimaginatkm, non plus qu'aux applications morales.

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