‹ Bourgeois de ParisChapitre 57 sur 122 · LES MÊMES, MONSIEUR BOUCBÉ, LES ENFANTS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, MONSIEUR BOUCBÉ, LES ENFANTS

MONSIEUR CORNET, à monsieur Tomhn.

Voici l'ouragan.

MADAME BOUCHÉ

Après qui en as-tu donc, bon ami ?

MONSIEUR BOUCHÉ

Après ta bonne, qui fait toujours attendre deux heures à la porte.

MADAME BOUCHÉ

Mon ami, monsieur Tomba.

Eh ! bonjour, monsieur Tomba ; voilà des siècles qu'on ne vous a vu !

MONSIEUR TOMBA

Je ne suis pas sorti de Thiver. J'ai été fort enrhumé.

MONSIEUR BOUCHÉ

Nous n'en avons rien su. Vous dînez avec nous ?

MONSIEUR TOMBA

Vous êtes trop bon.

MADAME BOUCHÉ

Monsieur a bien voulu accepter un mauvais dîner. Madame Grevin ne viendra pas.

MONSIEUR BOUCHÉ

Elle te Ta fait dire?

MADAME BOUCHÉ

Elle Ta dit à M. Cornet, qui a eu la bonté de passer chez elle.

MONSIEUR CORNET

Elle a sa bru à dîner.

MONSIEUR BOUCHÉ

Je Tai vue hier, elle ne m'en a pas dit un mot. Quelle singulière femme, pour ne jamais savoir, la veille, ce qu'elle fera le lendemain . Ah ! vous avez été malade, monsieur Tomba?

Enrhumé.

MONSIEUR BOUCHÉ

Nous vous avons attendu tout Tété à la campagne.

MONSIEUR TOMBA

Je croyais toujours pouvoir y aller.

MONSIEUR BOUCHÉ

Et vous n*êtes pas venu. Allons-nous bientôt nous mettre à table ?

MADAME BOUCHE

Dans un instant.

MONSIEUR BOUCHÉ

Il est à remarquer cpie jamais ici on n'a pu dîner à l'heure, c'est chose impossible.

MADAME BOUCHÉ

Nous ne sommes pas en retard.

MONSIEUR BOUCHÉ

Mais si fait. Tu as une bomie dont tu ne feras jamais rien, une tortue ! Tu tiens à la garder, je ne sais pas pourquoi.

MADAME BOUCHÉ

Parce que je crains de rencontrer plus mal encore.

MONSIEUR BOUCHÉ

C'est avec ces considérations-là que jamais on n'est bien servi.

MADAME BOUCHÉ

Tu n'as pas ce reproche à m'adresser.

MONSIEUR BOUCHÉ

A ta place, j'en changerais jusqu'à ce que j'en aie trouvé une.

MADAME BOnCHÉ.

Je ne ferais que ça.

MONSIEUR BOUCHÉ

Il en est pourtant qui font leur affaire.

MADAME BOUCHÉ

Je n'en connais pas.

MONSIEUR CORNET

Vous avez toujours Mélanie, monsieur Tomba?

MONSIEUR TOMBA

Toujours.

MONSIEUR BOUCHÉ

Vous en êtes content?

MONSIEUB TOMBA.

En lui laissant faire toutes ses volontés.

MONSIEUR BOUOIIÉ.

Si encore vous y trouvez votre compte, ce n'esl que demi-mal. Adolphe !

ADOLPHK.

Papa !

MONSIEUR BOUCHÉ

Allez voir si nous dînerons bientôt.

ADOtPHE.

Oui, papa. (Il sort suivi de sou frère.) >

MADAME BOUCHÉ

Si tu vas tourmenter cette fille, ellefeia tout de travers.

MONSIEUR BOUCHÉ

.Ven suis bien fâché.

MAD.AMË BOUCHÉ.

Il n*y aura pas de raison, alors, pour que nous dînions aujourd'hui.

MONSIEUR BOUCHÉ

Alors j'irai dîner dehors. .

MADAME BOUCHÉ

Comme tu voudras ; que veux-tu que je te dise?

MONSIEUR BOUCHÉ

Je ne peux pas non plus ne pas dîner.

MADAME BOUCHÉ

Parce qu'aujourd'hui elle est un peu en retard î

C'est tous les jours la même chose.

ADOLPHE

Papa, le dmer est servi.

MONSIEUR BOUCHÉ

Ce n'est pas malheureux.

MONSIEUR CORN'KT

Allons nous mettre à tiible.

DK LA TABLK H9

I^A SAL.L.E A MAMOER

Page 1