‹ Bourgeois de ParisChapitre 75 sur 122 · MADAME BIDACHE, MONSIEUR BIDACHE · texte numérisé non relu

MADAME BIDACHE, MONSIEUR BIDACHE

MADAME BIDACHE

Tu aurais pu, me semble, sans trop le compromettrei le reconduire jusqu'à la porte.

H m'a luciiacé, si je le laisais, de ne plus remetlre les pieds ici : je t'avoue que je craignais (pi'il ne tînt parole : c'est un lionime charmant.

MADAMK UIDACIIE.

Tu le trouvais bien bon quand nous allions passer des étés chez lui à la campagne, où nous étions là comme chez nous comme des coqs eu pâte, oii nous invitions toutes nos connaissances. Tu diras ce que tu voudras, je le préfère tel qu'il est à un tas de gens que tu nramènes et qui ne sont bons à rien. Mais que fimporle, à toi, que j'en sois assommée ou non? tu n'es jamais à la maison. Je te préviens d'une chose,c*est que j'en ai assez de tout ce mondelà, et que dorénavant je lui ferme ma porte au nez, tiens-le-toi pour dit.

MONSIEUR UIDACnK.

Tu dis çfi et tu viens encore de le provoquer à revenir

MADAME BIDAGUE.

Pure politesse, je n'en pensais pas un mot.

MONSIEUR BIDAGHE.

Tu vois bien : c'est de la fausseté ou je ne m'y connais pas.

MADAME BIDACHE

C'est connue ton M. Thomassu, qui s'installe des heures entières dans mon salon, qui ne se gène pas plus que s'ilétait chez lui. Quand je dis chez lui... jamais sa bonne ne lui permettrait de mettre, comme il le fait, les pieds sur les bâtons des chaises, de cracher à la volée, ni de fiire la centième partie de ce qu'il se permet ici.

MONSiRUU BIDACHE.

\e te fâche pas, cher ange! ne te fîklie pas, au nom du ciel ! ne le fâche pas ; nous verrons à mettre ordre à à tout cela.

MADAME BIDACIIK

li en est grand temps; car, pour peu que ca dure, il

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viendra faire sa barbe dans la salle à manger et laver ses pieds dans ma* chambre à coucher.

MONSIEUR filDAGHE.

Te voilà partie !

MADAME filDACHE.

Si encore nous n'avions pas de demoiselle ; mais dans la position où nous sommes, ça n'est pas convenable ; je dirai plus, c'est indécent.

MONSIEUR BIDACHE

Je ne crois pas les choses arrivées à ce point-là.

MADAME BIDACHE

Elles y arriveront, soyez-en sûr.

MONSIEUR BIDACHE

C'est tout simple.

MADAME BIDACHE

Comment Tentendez-vous ?

MONSIEUR BIDAGiiË.

Thomassu est le parrain de Léontine.

MADAME BIDACHE

Eh bien !

MONSIEUR BIDACHE

11 est garçon...

MADAME BIDACHE

Eh bien?

MONSIEUR BIDACHE

U s'ennuie chez lui, je trouve tout naturel qu*il vienne chez nous chercher des distractions.

MADAME BIDACHE

. Et VOUS n'y voyez pas de mal ?

MONSIEUR BIDACHE

Pas le moindre. Il fut un temps où certes ses assiduités eussent été bien autrement compromettantes qu'elles ne le sont aujourd'hui. . .

DK KtENS 193

MADAME BIDACIIE.

Je ne sais pas ce que vous voulez dire.

MONSIEUR BIDAGHE.

Ijorsque je t'en fis la remarque, tu me répondis à cela que ça te convenait, que je n*avais pas à y fourrer le nez, que je n'avais rien à dire ; je baissai pavillon et ne répliquai pas. Ce qui t'arrive aujourd'hui est Tissue toute naturelle que devaient avoir les choses ; c'est à toi, chère amie, à toi seule, que tu dois t'en prendre ; quant à moi, je m'en lave parfaitement les mains, et voilà !

MADAME BIDAGHE.

Ah ! oui dà ! '

MONSIEUR BIDAGHE.

Sur ce, j'ai bien T honneur, madame et amie, de vous tirer ma révérence.

MADAME BtDACIIË.

Aurons-nous celui de vous avoir à dîner 1

MONSIEUR BIDAGHE.

Je n'ose vous le promettre.

MADAME BIDAGHE.

Vous voyez (pie j'avais deviné juste ! Le moyen de ue jamais se tromper avec vous, c'est toujours d'en penser le plus de mal possible.

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