C'esl, Goelhe qui souligne
BOURGEOIS d'autrefois. 105
glisser cela; seulement, qu'elle ne Oisse pas Vnnfant, car je suis le frère et le tout d'un prince. Der H... ' m'a fait de nouveau cadeau de 100 ducats. »
Le 18 mars, nouveau billet sur le même sujet, se terminant ainsi : « Le duc a commandé secrètement tout un mobilier pour m'en faire cadeau.... Il est inutile que le père le sache. » Très inutile, en effet. Le bonhomme Goethe aurait trouvé cela encore plus dur que de payer les dettes de son prodigue. Ce n'était pas à lui qu'on eût fait accroire qu'il était glorieux de vivre des bienfaits des princes. Il n'y avait pas dans toute sa personne de quoi faire le petit doigt d'un courtisan; on ne pourrait malheureusement pas en dire autant de Goethe.
Au plus fort de ces négociations épineuses, pendant lesquelles Mme Aia paya beaucoup de sa poche ou de celle de ses amis, des bruits fâcheux commencèrent à courir sur la situation de Goethe à Weimar. On l'accusait d'abuser de sa faveur pour entraîner le jeune duc dans des orgies épouvantables. Que Charles-Auguste se grisât, ses sujets, gens très simples et très rustiques, n'y voyaient point de mal; mais qu'il bût son vin dans des crânes, cela était scandaleux. Que leur souverain fit la cour à leurs filles, rien de plus naturel; mais qu'il se déguisât en ouvrier pour danser avec les ouvrières, cela était inouï . Que le duc de Saxe- Weimar fi t claquer un grand fouet sur la place du Marché, pendant une heure, pour gagner une gageure, personne n'avait rien à