‹ Bourgeois et gens de peuChapitre 15 sur 30 · Ileinemann, p · texte numérisé non relu

Ileinemann, p

BOURGEOIS d'autrefois. H 7

inviter tous tes amis, et quel festin ! — du gibier, des volailles aussi nombreuses que le sable de la mer, — enfin, une magnificence! Cher fils! Il me prend une inquiétude que cette lettre ne t'arrive pas. Je ne sais pas ton adresse à Rome — d'après ce que tu m'écris, tu es à moitié incognito, — je veux espérer que tout s'arrangera pour le mieux. Donne-moi un signe de vie avant ton arrivée ; sans cela je croirai que chaque chaise de poste m'amène mon uniquementaimé — et l'espoir trompé n'est pas mon afTaire. » Goethe s'annonce de la façon la plus positive, par ses bagages, mais il ne résiste pas à la tentation de faire un crochet sur Nuremberg : Francfort cesse d'être sur sa route et sa mère l'attend en vain. Il y avait alors plus de huit ans qu'il ne l'avait embrassée.

On ne comprend pas qu'il n'ait pas été touché de la discrétion de cette pauvre vieille mère qui ne se plaint jamais, ne réclame jamais, et déclare à tout venant qu'elle a eu la belle part, puisqu'elle a mis un Goethe au monde. Elle ne cache pas que son cœur et sa pensée sont à Weimar, qu'elle ne vit que pour le courrier de Weimar : ce II en va de moi, écrit- elle à la duchesse, à peu près comme du vieux chevalier que Giron de Courtois ' trouve dans un trou, et qui ne vit là dedans que des bonnes nouvelles que les esprits lui apportent de son petit-fils Hector. » (5 octobre 1783.) Un ami qui revient de Weimar, une lettre où on lui parle de son fils, fût -elle d'un enfant ou d'un inle-

Page 1