LE PRINTEMPS
LE PilNTEMPS
La terre va quitter bientôt sa robe blanche, Les rayons du soleil ont troué son manteau. Les oiseaux reviendront gazouiller sur la branche, Et l'onde bercera plus d'un léger bateau. La campagne n'est plus qu'à demi recouverte Par son linceul glacé qu'a maculé le temps La nature avant peu, sous sa toilette verte, Va tressaillir encore au souffle du printemps.
On la voit frissonner sous son corset d'hermine. Pourtant, elle pressent la joyeuse saison, Malgré le sombre hiver, qui lui fait grise mine, En elle de l'été germe la frondaison.
220 BOUTADES ET EÊVERIES
Le dôme des grands bois aura de frais ombrages Où les amants iront passer d'heureux instants. En suivant de Tamour les séduisants mirages Chacun effeuillera les fleurs de son printemps.
Car tout aime ici-bas ; tout doit aimer pour vivre Et vivre pour aimer : c'est la commune loi. Aimez- vous : ces deux mots inscrits dans le saint livre Ne renferment-ils pas l'abrégé de la foi ? Puisque l'amour préside aux lois de la nature, Puisque l'humanité doit vivre encor longtemps, Soucieux des destins de la race future Empressons-nous d'aimer aux beaux jours du printemps