‹ Boutades et rêveriesChapitre 40 sur 47 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Roméo, Rosine

Roméo (A part)

On se lèche à loisir !

(Haut)

Lorsqu'on admet la gène, on chasse le plaisir. Je m'étonne pourtant que votre pruderie S'apprivoise à ce point. Rosine, je vous prie. N'allez pas comprimer les amoureux élans De ce cœur ingénu qu'en des termes brûlants Vous m'offrîtes un jour, bien que mon mariage N'eut pas été pour vous un secret.

Rosine (simulant l'étonnement)

Quelle rage Vous possède aujourd'hui ? A quoi tend ce discours ?

Roméo

Vous vouliez l'embrasser ? Embrassez-le. Je cours ; Je le ramène ici ; dans vos bras je le lance Et je vais dévorer mon affront en silence.

(Il fait mine de s'éloigner)

Rosine

Ah ! vous êtes encor jaloux, beau séraphin ? Savez-vous qu'après tout ça m'agace à la fin ? Vous m'avez subjuguée et, dans mon trouble extrême. Je vous ai dit un jour : Roméo, je vous aime.

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