‹ Bouts-rimés, publiésChapitre 103 sur 128 · MON OPINION · texte numérisé non relu

MON OPINION

Je crois qu'il faut aimer et respecter la femme.

Proscrire les Catilina, Rendre hommage à tous ceux dont jamais la grande âme

Devant un danger ne fouina; Donner un petit sol au baladin qui jongle,

Plaindre le soldat citoyen; A la fîère censure aussitôt rogner Vongle ,

Ne point jurer comme un païen.

Je pense qu'au dessert la blonde mirabelley

Vaut un discours de Mirabeau ; Qu'on n'est jamais fâché de surprendre une Jbelle

En sa chambrette et sans flambeau, Que tout esprit sensé doit aimer VOrestie

Et les romans de Gabrio, De Dumas admirer la prompte repartie

Et ne point faire Vagio, Je trouve qu'à dîner l'ortolan, le bec-^^fwe,

Sont le cortège d'un faisan, Et vont au moins de pair avec la sainte ligue

De tous les plats au parmesan ;

Qu'aller au bois tout seul, pour cueillir la noisette,

Sans emporter quelque pâté, Sans traîner à son bras quelque fraîche grisette,

Est le fait d'un âne bâté.

Tonton.

Je suis plus curieux que ne Test une fempifi^ Et veux savoir, monsieur, comment Catili^Pf

(Fait original, sur mon amfi I) Pendant deux cent vingt fois rime avec fouif^j Ainsi que le mot ongle avec jungle.

Comme tout bon citoyen,

Je vous paierai rubis sur Vongle Mes vingt sous pour cela ou je me fais pdien! Dans ce livre fameux, verrai-je Mirabelle,

Précédant toujours Mirabeau,

Rimer sans cesse avec belle f

C'est un véritable flambeau

Qui ferait pâlir VOresHe

Et ferait rire Gabrio !

Toutefois c'est vingt sous I La somme féparti^^

Bien que peu propre à Vagio,

Peut me procurer pqire et figue.

Si l'on y joignait un faisan,

Ce serait une fière ligue

Au fromage de parmesan >

Mais je sacrifie la noisette

Et j'abandonne le pâté

Pour le souper de la grisette.

Vous m'inscrirez, monsieur, ou que je sojs bâté.

Léonce Dupont.

Un homme doit toujours bien penser de la famme,

A moins d'être un vaurien, un vrai Catilir^a.

Le soleil sait trouver le chemin de son âmç,

Fût-elle une Laïs et même une fouina.

Sur les beaux sentiments, à coup sûr, je ne jonjL'

Comme on jonglait jadis sur le mot citoym :

Au beau milieu du nez imprimez-moi votre ongle

Si je ne dis pas vrai, si je parle en païen»

La femme, à mon dvis, est une mirabelle.

Et je comprends fort bien que maître M%raheq>u,

En la trouvant si bonne, en la voyant si helle^

Se soit, le papillon, approché di) flambeau.

Telle était, de nos jours, la déesse Orestie

(Ses trop heureux amis la nommaient Gabriq:)

Elle était sans blesser prompte à la répartie,

De Tamitié jamais ne connut Vagio,

A ses charmants dîners nous pouvions sans h^c-figi^.

Sans le pâté-Strasbourg et Torgueilleux fq>isan,

Contre les mauvais jours tous former une ligue.

Et puis, entre la poire et le un parmesan,

Des mots à mettre en danse un vieux casse-tij^i^^/^/? ;

En&n quel appétit 1 1 ! Devant un bon pâté

La grande dame était tout comme une grisette

Au retour d'une cour^ où l'âne était bâté,

Hatumie.

Page 1