PONS
Je suis une ignorante femme.
Je ne connais pas Catilina ;
Mais je jure, sur mon âme,
Que mon admiration pour vous jamais ne fouina.
Je vois bien des hommes qui jongle,
Beaucoup sont mauvais citoyens ;
Il me prend envié de les déchirer de Vongle,
Car presque tous sont des païens.
J'aime la douce mirabelle;
Dans bien des cas, j'estime Mirabeau.
Je ne suis ni jeune ni belle.
J'aime à vous lire, votre esprit est mon flambeau.
Je sais très-peu de choses. Qu'est-ce qu'Orestie?
Je ne connais non plus ce qu'est Gabrio;
Mais de vous toujours j'adore la repartie,
Et ne me suis jamais mêlée de Vagio,
De tous les fruits je préfère la figue ;
Difficile en gibier, j'aime le faisan.
Mon peu d'érudition me défend d'entrer en ligue;
Mais comme les Italiens j'emploie \q parmesan.
J'ai souvent dans les bois cueilli la noisette^
Mais aujourd'hui je préfère un paie :
Je connais Paris et déplore la grisette,
Qui n'existerait pas sans tant d'ânes bâtés.