CE QUE J'AIME, CE QUE J'ADMIRE
J'aime par-dessus tout, la grâce dans la femme; J'admire Cicéron^ qui de Catilina Sut ébranler le cœur en s'adressant à Vâme^ Et qui pour triompher jamais ne fouina.
J'aime le bateleur lorsqu'avec art il jongle, Et j'admire toujours Futile citoyen .Qui du matin au soir fouille de bec et d'ongle y Qu'il soit Grec, musulman, catholique ou païen. J*aime dans mon jardin la blonde mirabelle; J'aime la rude voix du puissant Mirabeau, Voix qui s'adoucissait lorsqu*avec une belle Il voulait de l'amour allumer le flambeau.
J'aime les vers heureux, l'esprit de VOrestie; J'aime aussi la chaleur, le goût de Gabrio ; J'admire de Dumas la vive repartie; J'aime à faire échouer l'intrigue et Vagio ; J'aime le doux parfum que répand une figue, J'aime la bejle robe accordée au faisan ; Enfin, j'aime parfois à former uniB ligue.
Pour faire triompher un punch au parmesan.
Un bout-rimé peut bien valoir une noisette :
Deux cent vingt dans ce cas formeront un pâté, Dont je voudrais goûter en friande grisette.
Dans ce but, je souscris, de pqur d'être bâté.
B. MORREIX.
L KLOtiE DE LA FEMMIi
Cherchez au fond de tout, vous trouverez la femme.
Et, dût-on remonter jusqu'à Catilinaj
De tous les grand hauts-faits on voit qu'elle fut Vâme,
Jeanne d'Arc combattit, quand Charles YU fouimt
A ses pieds adorés, comme un singe qui jonglSj
On a vu gambader plus d'un grand citoyen.
Par un simple regard, un soupir, un coup d'ongle,
Geneviève a dompté le conquérant |)aïe»/
Sophie abandonnant ménage et mirabelle,
Oublia ses devoirs pour le grand Mirabeau;
Sa sublime laideur avait séduit la belle,
Et l'éloquence avait rallumé son flambeau.
L'élément féminin règne dans VOrestie,
L'imagination domine en Gabrio,
Brohan ne fut jamais à court de repartie ^
Et Lyon-Allemand est forte en agio.
Fillette qu'on séduit par l'offre d'une figue,
Lorette qu'on attire à l'odeur d'un faisan...
Êtres pour nous damner qui formez une ligue
De l'empire chinois au duché parmesan,
Beaux rats aux blanches dents qui croquez la noisette
Ou grignotiez si bien la croûte du pâté,
Oh ! qm que vous soyez, grande dame ou grisette.
Qui ne vous chérit pas est un àne i^té!
J. -Marie Cour mer.
Quels sont tous ces tableaux? Voici d'abord la femme
Quij sauvant son pays, tue un Catilina :
Je l'admire, et c'est tout. Cependant, dans son âme
Elle ressent un feu qui jamais ne fouina.
Près de là, regardez ce bateleur qui jongle^
Captivant l'attention de tout bon citoyen^
La sultane qui danse en caressant de V ongle
Des cheveux abondants à damner un païen!
Dans ce tableau de fruits brille la mirabelle ;
Plus loin je reconnais le fougueux Mirabeau ,
Celle aussi qu'il nommait de toutes la plus belle
Et qui de son génie allumait le flambeau.
Je m'incline en passant devant cette Orestie
Qui fit Dante immortel. Salut à Gabrio:
Sa lèvre semble encore lancer la repartie.
De l'or! de l'or! voici les coffres de l'agio.
Détournons nos regards. Dans ce dernier la ^gue
Tente le plus gourmet, à côté du faisan.
Eh bien I a'ces tableaux, tant je raille la ligue^
Je préfère.... eh! quoi donc? un âne, un parmesan^
Dans l'un de ces paniers (près d'un bois de noisette]^
Flanqué de quelques fruits, dans l'autre un gros pâtè^
Entre les deux paniers, assise, une grisette,
Et je dis volontiers : « Que ne suis-je bâté ! »