‹ Bouts-rimés, publiésChapitre 117 sur 128 · PAR UNE GRISETTE · texte numérisé non relu

PAR UNE GRISETTE

Je suis bêtasse et je suis femme,

Mais comme cœor je vaux un CaJtHÀnm ;

L'on dit de moi que j'ai graud'om^.

Mais trop souvent elle fomna.

Faut-il pour ça me mettre en jungkf

Monsieur Dumas, s^yez bon citoyen.

Ne m'ëgratignez pas du plus long de votre. ûn§lû

Si mes vers sont mauvais : soyez bon jmen.

Soyez doux pour moi comme une mirabelie.

Si je pouvais avoir le style de Mirabeau

Lorqu'il écrivait à Sophie la belle.

Et que la muse lui tenait le flambeau.

Je ne serais pas jalouse d'Orestie,

Je ne craindrais pas le charmant (}abri&\

Mais heureusement comme repartie.

Je m'entends assez bien sur l'o^to.

Je n'ai jamais aimé la fîgue.

Je ne connais pas le goût du faisan:,

Contre moi tout italien se ligue,

Ce qui ne m'empêche pas d'aimer le parmesan.

J'aime le homard, les marrons, lanneisettê

Je ferais des folies pour manger du- pâté.

Franchement, M. Dumas^ réponse à la. grisêU&.

Est-elle aussi béte qu'un âne bâté.

TÉTER la juive.

TOUT PECHEUR... DE VERS, MISÉRlCORDElI!

Si de. soa temps, j'eusse été.ûUe ou, femme,

Combien eussé-je aimé le grand CatUmaj

Peu pour le corps, mais grandement pour Vâme

Qui devant le danger ni la mort ne fouinât

De nos jours aux écus Ton jongle^

Et l'on voit plus d'un citoi^eii

Aimer mieux se gratter uft ongle^

Qu'aller battre ou turc ou paien.

Siècle léger I... Seule une mirabell^j

Près des lettres de MiraheoMy

Gagnerait revanche et la belle :

Frivolité tient le flambeau^

De Dumas on a VOrestie,

Romans charmants de Gabrio;

Eh bien!... très-piètre repartie

En fait aujourd'hui grand agio.

Le chardon plaît plus que la figure.

Le vil.corbieau qu'au beau /aûan,

La brusque boxe à franche ligue,

Le lait caillé que parmesan^

Le gland de chêne que noisattei,

Jambon salé que fin pâté.

Plus léger que folle griseite^

L'esprit du^jour est mal bâU.

oo«

Moi, j'aime à contempler la pudeur dans la femme Comme dans Cicéron contre Catilina, L'éloquence qui va jusques au fond de Vâme.

J'aime à voir un héros qui jamais ne fouina, Hardi dans son carré comme un tigre en sa jungle; J'aime le bon soldat, et le bon citoyen; J'aime un homme bien fait jusques au bout de V ongle, Fût-il juif, turcoman, chinois^ nègre ou païen; Dans l'or ou dans l'argent j'aime la mirabelle, Et les sublimes traits que lance Mirabeau; J'aime une jeune fille alerte, douce et belle, Des vertus si son cœur est le iporie-ftambeau ; J'aime les bouts-rimés, Dumas, ton Orestie, Méry, tes vers charmants, la tendre Gabrio; Que la louange entre eux toujours soit repartie; L'esprit, encor l'esprit, c'est là leur agio. J'aime dans un repas les tons verts de la figue, Mais quand j'ai savouré quelque aile de faisan; A table, tant qu'on veut, j'aime que l'on se ligue. Pour sabler le Champagne autour d'un parmesan; Qu'on y casse un biscuit, et la franche noisette. Ou la tranche dorée à l'angle d'un pâté; Seulement pour rimer, j'aime aussi la grisette Chevauchant quelque part sur un âne bâté.

E. Bernay.

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