‹ Bouts-rimés, publiésChapitre 43 sur 128 · V. Gfîavkrut · texte numérisé non relu

V. Gfîavkrut

Si j'avais eu le choix d'être homme ou d'être femme ^

Femme j'aurais été, — non de Catilina :

Ce triste patricien, n'avait pas assez d'âme,

Et j'aime les grands cœurs : vous savez qu'il fouina.

Qu'un saltimbanque adroit, saute, se torde o\\jongley

Parfait I mais qu'un Romain de Rome, un citoyen

Siégeant en plein sénat, vous marque, de son ongle,

Au front ! que sans rougir sous son masque païen

L'insulté reste là! Jamais? car Mirabelle

Que j'aime de tout cœur, comme aimait Mirabeau

Mirabelle vraiment, aussi douce que belle,

De notre amour, hélas I eût éteint le flambeau !

Ainsi pour Appicus, fit jadis Orestie,

Elle eut cent fois raison. Qu'en pense Gabrio ?

La femme à qui, de droit, la grâce est répartie

N'a jamais en amour supporté Vagio,

Et Milon l'exilé, tout en louant la flgue,

Qu'il cueillait à son point, jaune comme un faisan.

Admirait Cicéron, d'avoir rompu la ligue.

Demandait au dessert le plus vieux parmesan.

Débouchait son palerme au bouquet de noisette,

Enlevait lestement la croûte d'un pdté,

Caressait en Lais, le germe de grisette :

S'il eût fait autrement, il eut été bâte,

Cliarles.

Ml -

Grand Diimas, je ne âuis épris que d'une femme;

Je n'ai jamais compris l*art de Catîlina;

Je n'ai jamais vendu pour un regard mon âme.

Et j'ignore le sens de la rime fouina.

Pour moi, ces sentiments sont d'une âme qui jongle

Avec le bien, le mal. Mais un bon citoyen

Doit avoir plus d'honneur «ur le bout de son ongle

Que le plus grand héros, amoureux et païen.

Certes, il est bien doux d'aimer la mirabelle,

Il est heureux d'avoir la voix de Mirabeau;

Quand on veut éblouir les regards d'une belle,

Le véritable amour est le meilleur flambeau.

Voilà mes sentiments. Seront-ils d'Orestie

Vus d'un œil bienveillant? — Dumas, si Gabrio

Dût parodier mon cœur par une repartie,

J'escompterais ta verve et prendrais Vagio.

Gomme fruit, j'aime bien à savourer la figue;

Gomme mets d'apparat, j'aime assez le faisan.

Si contre un faux amour, constamment je me ligne.

Près de mes bons amis, j'aime le parmesan.

Avec bonheur, toujours, je casse la noisette.

Près d'un ange d'amour, j'adore le pâte;

Mais aux fous, aux vieillards, je laisse la grisette

Qui, d'un sot amoureux, fait un iXnc bâté.

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