‹ Bouts-rimés, publiésChapitre 52 sur 128 · CEUX OIE J'AIME · texte numérisé non relu

CEUX OIE J'AIME

J'aime le vrai mérite, et pourtant je suis femme ; J'aime un conspirateur, fût-ce un Catilina^ Si la conviction seule agite son âme^ Et si jamais, en rien, son cœur ne fouina ; J'aime peu ce monsieur qui dans le monde joiigle, Mais j'aime et je respecte un simple citoyen Dont la valeur n'est pas dans la dent ni dans V ongle, Qui prouve qu'il est homme, et qu'il n'est pas paieii ; J'aime celui qui peut sur une mirabelle Enfanter un discours digne de Mirabeau, Et qui sait se conduire aux genoux d'une belle Le matin et le soir avec ou sans flambeau; J'aime l'illustre auteur des vers de VOrestie, Je l'aime autant que Sand et plus que Gabrio ; J'aime tous ses romans, j'aime sa repartie, J'aime sa sainte horreur pour le vil agio ; J'aime un pauvre galant qui n'ofifre qu'une figue S'il n'a pas ce qu'il faut pour offrir un faisan^ Et qui, voyant sa bourse en butte à votre ligue, Vous donne son amour en fait de parmesan ; J'aime un Roger Bontemps qui casse une noisette Aussi gaîment qu'il ouvre un splendide pâté; Qui fait rire à son gré grande dame et grisette. En esquivant toujours le nom d'âne bâtét

dira Caulet de Tavac.

— l.io —

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