MADAME DE LONGUEVILLE
Hardi conspirateur, gous les traits d*une femme, Et de force à lutter avec Catilina, De la Fronde, elle fut l'instigatrice et Vdme Et devant Mazarin jamais ne fouina!
Elle eût des trahisons, de tigre dans la jungle ! Elle usa dans l'intrigue un cœur de citoyen ; La griffe se cachait sous l'émail de son ongle. Et Larochefoucauld l'aima comme un païen, N'estimant guère un cœur plus qu'une mirabelle. Son éloquence était digne de Mirabeau, Audacieuse et fière autant qu'elle était belle, Un dieu caché, semblait lui prêter son flambeau. Elle aurait comme nous, admiré VOrestie.
J'ignore ce qu'elle eût pensé de Gabrio, Elle avait l'esprit fm, prompt à la repartie. Comme elle eût méprisé ce siècle d'agio / De même qu'un rosier ne produit pas de figue, Un aigle ne saurait descendre du faisan, Et, seule, une Condé, put mener cette ligue.
Contre l'Italien nourri de parmesan.
Malgré la politique, elle aima la noisette, Les déjeuners galants ornés d'un un pâté!
Parfois la grande dame a des goûts do grisettCj Et Turenne amoureux n'est qu'un âne bâté.
Caroline.
CE QUE J'AIME
J'aime à la voir briller dans un regard de femme
La franchise inconnue à tout Catilina;
A travers deux beaux yeux j'aime à regarder Vâme
Qui devant son devoir jamais ne fouina ;
J'aime l'ami fidèle et qui jamais ne jongle'
Avec la loyauté de tout bon citoyen ;
J'aime qui dit son fait net et rubis sur Vongle
A l'homme corrupteur et qui vit en païen ;
J'aime à prendre au jardin la douce mirabelle^
Puis à m'asseoir à l'ombre et lire Mirabeau,
Si fougueux au forum si tendre pour sa belle
(Sa prose éclaire tout comme un noble flambeau) ;
J'aimerai, c'est bien sûr, les beaux vers de VOreslie:
Ils me sont inconnus ainsi que Gabrio ;
Mais de Dumas je sais plus d'une repartie
En termes plus charmants que ceux de l'agio.
Au pays des pruneaux je cherche peu la figue
Et rarement je mange un morceau de faisan.
Pour Dumas, Sand, Méry, Pelletan, je me ligue^
Contre qui les attaque, Anglais ou Parmesan,
J'aime bien la praline à la fine noisette
Et sur mon agenda j'évite le pâté.
Je ne suis point duchesse et ne suis point grisetie;
Mais je fuis les discours de tout âne bâté,