UN VILLAGEOIS RETARDATAIRE
J'aime mieux les récits, tout simples de ma femme,
Que tous les beaux discours faits sur Catilina ;
J'aime mieux le village où s'épanche mon âme,
Le hameau d'où jamais mon cœur ne fouina.
Le ruisseau murmurant, ou bien l'épaisse jungle.
Le simple villageois, utile citoyen.
Ignorant l'art de feindre et d'arrondir son ongle.
Que l'éclat de Paris et son culte païen.
Dans mon riant verger, j'aime la mirabelle.
Et me soucie fort peu de monsieur Mirabeau,
Aux champs de mon pays que la nature est belle!
Soleil, pour l'obscurcir n'éteins pas ton flambeau.
Et que me font à moi les vers de VOrestie,
L'anonyme prenant le nom de Gabrio,
D'Alexandre Dumas la une repartie,
Le crédit du banquier, le cours de l'agio /
Servez à mon repas ou la pomme ou la figue,
Je veux dîner fort bien sans perdrix sans faisan.
Que l'avare Albion avec Parme se ligue.
Pour vendre, aux prix de l'or, chester et parmesan :
Je sais me contenter de la simple noisette ;
J'envie peu de Mondor la truffe et le pâté ;
Je vis plus sobrement que ne vit la grisette.
Et pour cueillir mes choux, j'ai mon âne bâté,
Auguste Grolleau.
A MADAxME S...
Oh ! je t'aime, sublime femme.
D'une ardeur de Catilina,
Et ton amour a pour mon âme
Un prix que nul or enfoui n*a,
A bon droit ton noble orgueil jongle
Du grand, de l'obscur citoyeny
Toi qui, des cheveux jusqu'à l'oit^^,
Vaux tout le paradis païen.
Si partout on admira, belle,
Ton esprit à la Mirabeau,
C'est qu'aux fades douceurs rebelle,
L'amour du peuple est ton flambeau.
Pour les beaux \ers de VOrestie,
Tu laisses Parny, Gabrio,
Et ton cri, mâle repartie,
Qui met en fuite Vagio.
Sous le ciel qui dore la figue,
Le vin topaze et le faisan
Ont entrainë la sainte ligue
Du Lombard et du parmesan.
Le Croate au dolman noisette
Fût devenu chair kpdtè.
Et, sans craindre, enfin, la grieette,
Eût vu l'Autrichien bâté,