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REGRETS A LA MUSE

Faible envers-moi, comme Test une femme, Ou, me jugeant comme un Catilina, Combien de fois ai-je donné mon âme ?

Pour la science où mon cerveau fouina.

Votre talent, avec tout Tesprit jongle, Moi, du parnasse indigne citoyen, Micromëgas mettez-moi sur votre ongle.

En me traitant, mais tout bas, de païen.

Douce à ton ciioix comme la mirabelle, Sombre, énergique, inspirant Mirabeau, Pourquoi sans cesse, ô muse toujours belle, A mes regards éteindre ton fkimbeauf Tes vaillants fils, — Fauteur de VOrestie, Musset, Méry, Ponsard et Gabrio, Par ta pensée à chacun répartie.

Riches de gloire, ont chassé Vagio.

Si l'ananas pour moi se change en figue.

Si le bouilli, remplace le faisan.

C'est que l'envie à mon orgueil se ligue.

Et veut sorbets, au lieu de parmesan.

Triste rongeur! qui dans une noisette.

Croyais trouver un nourrissant pâté , Si de Clio, j'ai fait une grisette, Je suis un âne ! et doublement bâté,

Alfred Gourdet.

Lama r Une est une femme :

Le grand Guizot, Catilina ; ^ Delphine Gay fut une âme ; Victor Hugo, lui, fouina ; Votre Méry quelquefois jongle ; Trimm est un bon citoyen ; Alphonse Karr à bec et ongle ; Quant à Pelletan, c*est un pdien; Georges Sand, mûre mirabelle, Tranche souvent du Mirabeau; Edmond About pense à sa belle, Et le vieux Thiers est un flambeau.

Je ne dirai rien d'Orestie ; Car votre charmant Gabrio * Me donnerait sa repartie.

A vous Dumas le prix d'agio!...

Assolant est un peu bec-/îg'Me ; Jules Jeannin, un très-gras faisan; Girardin rêve toujours ligue; Lavergne tient du parmesan ; Sandeau, lui, cueille la noisette :

Savarin enfourna son pâté ; Dumas fils relève la grisette Et, moi, je suis... âne bâté.

CxîiL.

CE QUE J'AIME

J*aime un serment d'amour d'une bouche de femme, Le visage imposant du fier Catilina :

On vit Tadversité frapper sur sa grande orne, Mais devant le danger, jamais il ne fouina.

J'aime à voir, dans la rue, un charlatan qui jongle, Vendant son eau magique au pauvre citoyen, Qui, détrompé le soir, se servirait de Y ongle Pour récorcher à vif comme un gueux, un païen. J'aime manger un fruits surtout la mirabeUe, Je frémis en lisant le fougueux Mirabeau ; J'aime aussi sa Sophie, et si douce et si belle, Qui pour lui de l'amour alluma le flambeau.

J'aime à lire les vers charmants de YOrestie ; Tout en rendant justite au chant de Gabrio, J'aimerais de Dumas avoir la repartie ; J'aime à donner au pauvre, et je fuis Y agio. Pour me désaltérer, j'aime mieux une figue (Fraîche entendons-nous bien) que le meilleur faisan ; J'aime contre le sot que l'homme instruit se ligue. En buvant du vieux vin, j'aime le parmesan :

J'aime courir les bois pour cueillir la noisette, Portant joyeusement un gigot, un pâté, Et pressant sur mon cœur quelque vive grisette Qui sourit, s'emporte et... m'appelle âne bâté,

S. Grillot.

LA FEMME

Dans tous les temps^ partout, je vois régner la femme :

Elle dompte un César mieux que Catilina;

Un concile essaya de lui dénier Vâme;

L'orgueil sacerdotal sur ce point fouina.

Légère, avec nos cœurs, par caprice, elle jongle ;

Grave, s'il faut sauver un noble citoyen^

Elle s'unit à lui comme la chair à V ongle.

Une Vierge a broyé le vieux monde paient

Eve peut s'appeler Élise ou Mirabelle^

Charmer le doux Arthur ou le fier Mirabeau;

Par les traits ou le cœur la femme est toujours belle,

Et souvent son esprit est pour l'homme un flambeau.

Ses plus hautes vertus brillent dans VOrestie;

Ses grâces, sa candeur inspirent Gabrio.

Sans Clara maniant la vive repartie

Que sont les passions du turf de Vagiof

Je n'en donnerais pas le pépin d'une figue t

A table, j'aime fort le lièvre et le faisan ;

Je préfère aux discours sur la Fronde ou la JAgue,

Un fin macaroni poudré de parmesan ;

J'aime à sabler d'aï la poire et la noiselte

Par-dessus les débris d'un succulent pâté;

Mais je reviens toujours à toi, reine ou grisette^

Car sans femme un viveur n'est qu'un âne bdtè.

Gilbert.

Le lion est parfois câlin comme une femm&.

Vous parlez, on vous suit. Ah ! si Catilina

Avait eu votre cœur, votre droiture d'âme,

Il aurait comploté le bien..* il fouina;

Et Cicéron, traquant le tigre dans sa jongle^

Dévoila les desseins du traître eifoyen,

Puis la postérité la marquant d'un coup d'oncle,

Lui barra le chemin du Panthéon pàien.

Paix aux morts ! il vaut mieux chanter la mirabeUe,

Aller au vaudeville applaudir Mirabeau^

Et surtout la saisir, cette chance si beUe

D'avoir votre autographe, un éclatant flambeau.

Que vois-je, dira-t-on, de Tauteur d'Orestie^

De l'ami de Méry^ de Sand, de Gabrio!

Vendez le, c'est de l'or. Vif à la repartie.

Je répondrai : « Vrai Dieu, me parler d*agio!

Ah I je préférerais ne plus manger de figue^

Voir sous cent coups de feu s'échapper un faisan.

Voir contre mon bonheur se former une ligue^

Renoncer à jamais au divin parmesan.

Avoir sur un radeau pour vivre une noisette,

Sans bourgogne, manger la croûte d'un pâté,

Plaisanter Déranger, qui chanta la grisette,

Vendre cet autographe ! Arrière âne bâté,

Alphonse Grillet.

Pour vingt sous, ô Dumas, enchanteur de la femmes

Père des Mohicans et de Catilina,

Grand corps et grand esprit, plus grand cœur et grande âme,

Dont le cœur ou l'esprit jamais ne fouina ;

Plume, dont le génie infatigable jongle

Avec rémotion de chaque citoyen,

Et qui sur le velin qu*égratigna votre ongle,

Voyez plus se courber de fronts qu'un dieu païen t

Pour vingt sous, je pourrais m'emplir de mirabelle,

Ou bien, au Vaudeville, aller, dans Mirabeau,

Voir Fèvre, qu'on dit bon, et Fargueil qu'on dit belle;

D'une bobèche aussi cravater mon flambeau;

Je pourrais louer, moi, l'amoureux d'Orestie,

Quelques romans-Ponson, Féval et Gabrio ;

Même, la somme étant, à bon taux, répartie.

Faire suer au prêt un mignon agio;

Je pourrais déjeuner, non plus d'une humble figue,

Mnis d'un demi-pigeon à défaut de faisan.

Ou mordre, plus gonflé qu'un prince de la ligue.

Dans un macaroni noué de parmesan ;

Je pourrais me payer des régals de noisette,

Un billet chez Taylor, chez Félix un pâté !

Eh bien! non. Je préfère à ces goûts de grisette Soucrire à votre livre ! — Un jeune âne bâté.

Emile Gaffé.

Inscrivez-moi, monsieur!... Je souscris quoique femme ^

Car, si je hais Brutus, Néron, Catilina^

La voix des rossignols épanouit mon âme,

Et jamais mon esprit à ces chants ne fouina.

Si rhomme en sa vigueur avec les c(5mplots jongle,

S'il perd sa liberté pour être citoyen,

Au seul mot de combat, j*ai froid au bout de Vongle,

Car la sanglante lutte est le fait d'un païen.

J'aime infiniment mieux, avec la mirabelle

De Brillât-Savarin faire mon Mirabeau;

La vie à des gâteaux qui la rendent si belle!

Et la mort de Marat n*est qu'un sombre flambeau.

Vous, monsieur, le penseur, l'auteur de VOrestie,

Je sais vous admirer et j*aime Gabrio:

Tous deux par le talent, la fraîche repartie

Vous faites de l'esprit un aimable agio.

Le piment ne vaut pas là douceur de la figue,

A la broche, un vieux coq ne peut-être un faisan.

Henri trois à saint-Cloud, victime de la ligus

M'intéresse encore moins qu'un peii de parmesan.

La surprise, qu'on met au fond d'une noùette,

Ou, bébé s'échappant (}u milieu d'un pâté.

Saura charmer bien plus mon esprit de grisette

Que les tragiques morts! — Suis-je un âne bâté?

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