‹ Bouts-rimés, publiésChapitre 82 sur 128 · LE SANS SOUCI · texte numérisé non relu

LE SANS SOUCI

J'ai, certes, du regret d'avoir perdu ma femme. Mais c'était un tyran, un vrai Catilina :

Que là-haut le seigneur ait pitié de son âme. Avec elle toujours, mon bonheur fouina.

Enfin, libre, et sorti de l'infernale jwny/e, Je vis, monte la garde en brave citoyen, J'acquitte mes impôts, paie rubis sur Vongle : On ne peut m'accuser d'être juif ou païen.

Chez la mère Moreau, je prends la mirabelle Et j'y pérore encor, bien mieux que Mirabeau, Lorsque j'ai bien dîné. Dieu que la vie est belle! C'est alors qu'à l'amour j'emprunte son flambeau. Qu'on me vante, après tout, les vers de VOrestie: Je ne lis que Dumas, quelquefois Gabrio, De Grasset, de Ravel, j'aime la répartie.

Je vis au jour le jour, sans rêver ïagio.

Jadis pour mon souper je n'avais qu'une figue; Aujourd'hui chez Duval, sans avoir un faisan, Devant un bon gigot, mon appétit se ligue, Sourit à la compote, ainsi qu'au parmesan f Adieu donc, désormais, vieux fromage et noisette, Salut, vin généreux, salut divin pâté.

Demain, tout frais rasé, j'irai chez ma grisette, Lui donner le baiser de son âne bâté,

F, Poulain,

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