DUMAS
Dumas est un géant avec un cœur de femme; Dumas eût fait Lais, comme Catilina; Dumas peut tout donner sans gaspiller son âme; Dumas, c'est celui qui jamais ne fouina.
Dumas prend une plume, il s'en sert, il en jongle. Dumas, tout l'univers t'a sacré citoyen!.., Dumas use un burin rien qu'en se limant V ongle; Dumas, c'est saint Vincent sous un front de païen. Dumas eût inventé la sainte Mirabelle (Dumas aimant Sophie, ayant nom Mirabeau).
Dumas aime aussi bien la laide que la belle ; Dumas n'aime la chair qu'à cause du flambeau. ' Dumas serait Oreste en jouant VOrestie.
Dumas, ayant vécu du temps de Gabrio, Dumas a reconnu sa sœur la Repartie.
Dumas sourit au pauvre et raille Vagio.
Dumas, c'est la vapeur faisant aux vieux la figue; Dumas fait trois cents vers en plumant un faisan. Dumas eût pris la fronde au bon temps de la ligue, Dumas eût inventé le Romain— Parme«on.
Dumas, tout grand qu'il est, pèche sous la noisette. Dumas n'a pas besoin de fournir le pâté. Dumas est bien heureux : la muse est sa grisette. Dumas, c'est.., c'est Dumas!!... Et Pégase est bdtè.
Charles Pradier.
Comme Orphée, à Pluton j'irais ravir ma femm$^ J'irais en plein Forum braver Catilina.
La peur m'est inconnue; et, j'en jure mon âme. Devant fer ou canon, jamais ne fouina.
J'étoufferais le tigre écumant dans Idi jongle ; A Sparte j'eusse été le premier citoyen; Du lion affamé j'irais affronter Vongle; Je briserais son Dieu sur l'autel du paien.
Mais quand, sur mes genoux, ma douce Mirabelle, Tu me lis un discours du fougueux Mirabeau ; Quand ta voix fait briller, dans mon âme rebelle De poésie et d'art, le magique flambeau; Quand tu me dis les vers du père d'Orestie, Les hymnes de Méry, les chants de Gabrio; Quand tu me fais sentir la fine repartie D'un prince de talent, d'un roi de Vagic ; Quand tu me dis comment Bussy faisait la figue Au sombre grand veneur, pourvoyeur de faisan , Comment François d'Anjou se fit chef de la ligue Quand Gorenflot ronflait, gorgé de parmesan^ Oh 1 je me ris alors, comme d'une noisette, Comme d'un verre d'eau, d'un débris de pâté, De ma force d'Hercule, et dis : « Chère grisette. L'homme fort, san* esprit, n'est qu'un âne bâté, »
Porcher,