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ÉLOGE A MA FEMME

Messieurs^ je voudrais bien vous parier de ma femmê^

Pour qui je ne suis pas un vieux Catilina,

De la bouche de qui, je le jure sur mon âme,

Il ne sortit jamais le vilain mot fouina;

Qui n'aurait pas voulu prendre un mari qui jongle.

Mais un homme d'honneur et un bon citoyen;

Jamais sa belle main n'a donné un coup d'ongle :

Si tout cela n'est pas. je veux être un paien.

Elle aime beaucoup mieux la douce mirabelle^

Qu'elle n'aimera jamais le fameux Mirabeau.

Elle a passe trente ans, mais elle est encor beUe;

Pour nous deux, de l'hymen brûle encor le fkmibeau.

N'a jamais fréquenté la fameuse Orestie,

Pas plus que son cousin, le petit Gabriô.

Possédant de l'esprit et de la repartie.

Mais ayant en horreur le métier de Vagio,

Elle ferait cent lieues pour manger une figue,

Irait au Vésinet pour trouver un faisan.

Si jamais contre moi se formait une ligue,

Étant devenu vieux comme un fort Parmesan,

Ou n'ayant plus de dents pour croquer la noisette.

Je me verrais réduit à manger du pâté;

Ne me trouvant plus rien pour charmer la grisette,

Je ne pourrais plus faire qu'un pauvre âne bâté,

Pascal.

Je suis ne curieux presque autant qu'une femme! •

Aussi, j*ai vu jouer Gharle et Catilina,

Pour lire vos romans, je donnerais mon âme^

£t^ pour les acquérir, jamais on ne fouina.

Une plume à la main, pour mon tourment, je jongle,

Mais je suis près de vous un petit citoyen ;

Maudissant le présent, je dis, me rongeant V ongle :

a Je vois que le destin me traite en vrai païen t »

Quand je lis vos beaux vers, plus doux que mirabeUe,

Ou des chapitres purs dignes de Mirabeau,

Je reste anéanti, brisant mon escsibelle

Et brûlant mes écrits au feu de mon flambeau.

Puis, je reviens sans bruit invoquer Orestie;

Je reforge un roman songeant à Gabrio,

Et voilà ma raison de nouveeu repartie,

M'offrant un éditeur très-fort sur Vagio.

Sobre, bien malgré moi, je dévore une figue,

En espérant plus tard savourer du faisan;

Mais puisqu'à votre voix tout le monde se ligue,

Accueillez mes vingt sous, pris sur mon parmesan,

Cela sans vous moquer du gros cà&se-noisette,

Heureux comme un gourmand en face d'un pâté.

Qui brûla dans son temps pour plus d'une grisette,

Et qui soupire fort de se voir em bâté.

Pellisson de Fontanikr.

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