LA FRANCE ET L'ITALIE
L'Italie a produit plus d'une noble femme
Pour un conspirateur comme Catilina,
Et d'illustres enfants révèlent sa grande âme :
César qui dans les camps jamais ne fouina,
Dante, Machiavel dont le souple esprit jongle,
Et Manin, et Cavour, l'immortel citoyen;
Sans compter Michel-Ange,, et tant d'autres dont Vongle
Burina saintement le vieux marbre ])a*iew.
En France, croît la mirabelle,
En France naquit Mirabeau,
Aucune terre n'est plus belle {
Paris du monde est le flambeau.
C'est là que parut Orestie,
Tout parisien de Gabrio
A la verve et la repartie,
Malgré le goût de Vagio ;
J'y voudrais vivre d'une figu£j
Bien plutôt qu'ailleurs^ d'un faisan.
Des plaisirs rencontrant la ligue,
Russe, Anglais, Turc et parmesan,
A Meudon cueillent la noisette,
Dînent, sur l'iiorbe, d'un pâté,
Côle à côte avec la grisette :
En province on serait bâte!
Cn. RozAis.
A GABRIELLË
(Qui préfère Targent d'Un vieux percepteur à mes vingt ans.)
J'ai été, deux grands mois, adoré d'une femme,' Un césar en jupons, un vrai Catilina ; Mais, comme je n'avais que du cœur et de i'dwe. Devant ma pauvreté, la belle fouina.
Pour elle, j'eus bravé le tigre dans sa jongle. (On sait s'il est commode ce libre citoyen, Qui droit dans l'inconnu vous envoie d'un coup d'oûgle, Au ciel , ou chez satan hurler comme un paien^) « Si sa voix caressante, douce comme mirabelle. M'avait dit : 11 faut être un autre Mirabeau! J'aurais dans sessveux noirs, qui la rendaient si belle, ' De mon génie futur allumé le flambeau :
Et qui sait si ma muse, grisée par YOrestie, Qui va, donnant la main à sa sœur Gabrio, N'eût pas jusqu'à Plutus lancé sa répartie Et devant le penseur fait courber Vagio, Mais hélas! la traîtresse m'avait doré la figue! Mon pain sec était dur, elle aimait le faisan, Les huîtres et le Champagne, cette puissante ligue. L'or du macaroni sous le blond parmesan, La crème à la vanille, 1^ friande noisette, Les gàleaux de Chaulin, ses truffes et son pnté! blonde Gabrielle, è rieuse grisette.
Si j'ai porté ton joug, tu ne m'as pas 6dîé/
Lucien Remembër.
Qui pourrait se flatter de connaître la femme ? Cicéron, si vaillant contre Catilina, Se serait effrayé de lire dans son âme; L'égouvé l'entreprit ; maint autre fouina.
Moi, j'irais affronter le tigre dans sa jongle, Je renoncerais même au nom de citoyen, Je me déchirerais de la griffe ou de Vongle, Et je blasphémerais comme un affreux paien^ Plutôt que de décrire Hermance ou mirabelle.
J'invoque ta grande ombre, immortel Mirabeau! Faut-il donc, pour bien voir dans le cœur d'une belle, De ton fougueux génie emprunter le flambeau f L'on vante la douceur de la belle Orestie.
Le charme et la bonté de sa sœur Gabrio :
Qu'importent leur esprit, leur vive repartie! Je préfère l'argent que donne Vagio.
Tout avec de l'argent: la savoureuse /igfue, Le raisin parfumé, le chevreuil, le faisan.
Foin ! de ces viragos dont je brave la ligue, Et vive la Golton râpant mon parmesan!
Pour moi^ tète de femme est comme la noisette: Vide plutôt que pleine. Oh ! succulent pâté^ Fais-moi vite oublier grande dame et grisette^ Ou, sinon, je deviens presqu'un âne bâté.