‹ Bouts-rimés, publiésChapitre 93 sur 128 · SOUSCRIPTION · texte numérisé non relu

SOUSCRIPTION

d'un concurrent malheureux

J'en aurais eu mes nerfs, monsieur, si j'étais femme:

Ils m'ont vaincu I Contre eux, nouveau Catilina^

Je voudrais conspirer pour soulager mon âme.

Deux cent dix-neuf rivaux ! pas un ne fouina.

Avec ces bouts-rimés c'est en vain que je jongle :

Je ne suis dans le tas qu'un pauvre citoyen ^

Je veux rayer leurs vers, — tous leurs vers, — à coups d*on^/«,

Pour goûter la vengeance, où l'olympe païen

Trouvait plus de douceur que dans la mirabelle.

C'est moitié d'un parterre à Feydeau-ikfiraôeaM :

Je risque mes vingt sous. L'affaire est encor belle ;

Car la gloire à ce prix m'allume son flambeau,

La presse qui peut-être imprima VOrestie,

D'où sortit plus d'un livre écrit par Gabrio,

Imprimera mon œuvre, en beaux vers repartie.

Le livre, grâce à moi, permettra Vagio ;

Les amateurs d'esprit ne feront pas la figue;

L'éditeur à dîner s'offrira du faisan.

Mais contre sa raison tant de succès se ligue :

On le voit à son vin mêler du parmesan;

Tout édenté qu'il est^ il croque la noisette;

Il garnit son chapeau des débris du pâté,

Il danse chez Bullier, lutine la grisette,

Et sourit avec grâce au nom d'âne bâté,.,

Fréminet.

Très-cher monsieur Dumas, je ne suis qu'une femme;

Mais je connais Porllios^ Dantès, Catilina,

Ces beaux rêves bercés au souffle de votre âme^

Qui devant le labeur jamais ne fouina.

Sur tous les canevas votre esprit brode et jongle;

De l'empire du songe, aimable citoyen,

Vous faites jaillir, d'un coup d'ongle, Un fantôme vivant, séraphique ou païen.

Un chef-d'œuvre est pour vous prune de mirabelle ; Du drame et du roman, moderne Mirabeau, Vous avez embelli cette muse si belle, Qui, parmi nos ennuis, promène son flambeau.

Moins vieux de deux mille ans, vous feriez VOrentie, Vous égalez Vigny, Balzac et... Gabrio; Causeur, vous possédez la fine repartie Qui fait tout oublier, l'amour et Y agio, A tous vos concurrents vous avez fait la figue; De nos oiseaux chanteurs vous êtes le faisan, Et de vos envieux la misérable ligus Filera comme un parmesan.

Tout en croquant macaron et noisette. Blonde andouillette ou tranche de pâté :

a Alexandre Dumas I exclame la grisette.

Ce £raillard-là n'est pas un rossignol bâté. »

Brrtiie Séatillé.

Dût-on dire de moi : « C'est un âne hâté f »

J'avoue que je préfère auprès de ma grisette

Le modeste repas compose d*un pâté,

Sous le vert coudrier, au temps de la noisette,

Au repas somptueux où du sol parmesan

Un produit renommé, renouvelant la ligue,

Succède sur la nappe à la truffe, au faisan,

Escorté du raisin, de la pêche et la figvs ;

Où siègent réunis Tenrichi par Vagio,

La femme du graïid ton de qui la repartie

Rivalise parfois celle de Gabrio,

Le guerrier, le talent qui trouva VOrestie

Et qui de la poésie ravive le flambeau;

Où de briller, enfin, l'occasion est belle

Pour qui se sent un peu du feu de Mirabeau.

Moi, j'y serais plus froid que fraîche mirabelle :

Plus gêné qu'en enfer est, dit-on, un païen;

De dépit jusqu'au sang je me rongerais Vongle,

En me voyant près d'eux plus petit citoyen

Que devant un public Tacrobate qui jongle.

Non ! j'ai, faute d'esprit, l'instinct que la fouine a

(Ce n'est pas modestie, mais franchise de Yâme),

Et du plus beau festin, comme Catilina,

Je fais bien moins de cas que d'un baiser de femme,

Salomon Kasb.

Le roi dont Jannette était femiM^ Me plait mieux que Caiilina:

L'amour seul enflammait son âme, Toujours pour la guerre il fouina.

Un monarque rarement jongle.

Ce sire était bon citoyen; Il ne montrait ni dent ni ongle ^ Et son cœur n'était pas paien.

Aussi doux qu'une mirabelle, Moins éloquent que Mirabeau, Il était constant pour sa belle.

Son œil brillait comme un flambeau.

Jamais, à sa cour, Orestie Ne mit les pieds, ni Gabrio, Esprit naïf, sans repartie, Sans passion, sans agio.

Un bonnet en forme de figue, Coiffait ce peu royal faisan.

Sans lui Titan forma sa ligue, Non loin du beau ciel parmesan.

Un lait de poule, une noisette.

Valaient, pour lui, cidre et pâ4é. ^ Il charma plus d'une grisette.

Joyeux sur son âne bâté...

E. DE Trois.

— iot —

J6 n'ai certainement jamais eu pour la femme

L'aigreur de Cicéron envers Catilina :

J'aime à l'aimer, sa voix m'est douce à Vâme;

Jamais sous ses baisers, ma lèvre ne fouina.

Pourtant, avec quel art cette sirène jongle

Avec le cœur de tous, roi comme citoyen.

Sa patte de velours cache toujours un ongle,

Et l'idole, quand même, enfante le paien t

En indienne, à Meudon, cueillant la mirabelle^

Ou Corinne, inspirée, imitant Mirabeau,

C'e-4 la femme toujours, la femme jeune et belle,

Ange ou lutin, allumette ou flambeau.

Pour la peindre, il faudrait que l'aiiteur d'Orestie

Me prêtât son burin ; que le doux Gabrio

Me souillât, à l'oreille, un brin de repartie.

Que je fusse Grésus, ce prince de Vagio.

Mais je ne suis, hélas 1 qu'un tout petit heo-flgue.

Je mange du roastbeef à défaut de faisan.

A moi, tout seul, tonter ou la fronde ou la Ligue f

Bahl c'est une folie, au parfum parmesan.

Aimons la femme, allons lui cueillir la noisette,

El, sur l'herbe, avec elle, éventrer un pâte.

Embrassons-la, surtout, grande dame ou grisette.

Sous peine de passer pour un âne bâté.

Henri Tessieu.

A vous tous qui dites savoir aimer la femme.

Qui pour elle rendriez même Catilina,

Que pour un doux sourire vous donneriez votre âme,

Et pour elle cependant bien souvent l'on fouina.

Avec nos cœurs souvent l'on s'amuse et l'on jongle.

Il n'est pas un amant ni pas un citoyen

Qui ne nous regarde tout en se limant V ongle

Et qui, en fait d'amour, ne ment comme un pdien.

Maïs la femme, presque aussi fine que mirabelle.

Ne fait vraiment pas cas d'un faux Mirabeau.

A quoi servirait donc qu'une femme soit beUe,

Si chacune d'elle n'allumait un flambeau.

L'on veut nous faire des vers comme ceux de VOrestie

Et des romans aussi comme ceux de Gabrio ;

Mais nous les empêchons pas notre repartie,

Qui les fait retourner bien vite à Vagio.

En remarquant leur goût, nous leur faisons la figu£ :

Us n'ont à beaucoup près la grâce du faisan.

Contre ces gros bourgeois, oui, notre cœur se ligue,

Et nous les renvoyons manger leur parmesan.

Ah î laissez nous plutôt croquer notre noisette,

Vous qui pour grand régal vous offrez le pâté.

Ahl vous aurez grand mal à changer la grisette.

Et vous de devenir autre qu'âne bâLè.

Emilie T

A votre appel, grand Dumas, une femme

Veut que mon luth chante Catilina;

Plaignez mon sorti j'en ai la mort dans Vâme..,

Pourtant jamais ma muse ne fouina.

Avec le fer quand un despote jongle,

Versant à flots le sang du citoyen.

Le cœur se serre> et, jusqu'au bout de Vongk,

L'homme frémit, fut-il môme païen t

Un fruit amer vaut-il la mirabelle?...

Je chanterais volontiers Mirabeau ;

Il était laid, mais son âme était belle...

Son éloquence était comme un flambeau!

Je n*ai pas lu les vers de VOrestie,

Et je n*ai point fréquenté Gabrio;

Elle est, diton, prompte à la repartie

Et de Tesprit elle fait agio.

On ne la vit jamais faire sa figue,

Ni se parer des plumes du faisan;.

Avec Pinaud ouvrit-elle une ligvs

Pour exploiter le parfum parmesan?...

Bref, aime-t-elle à casser la noisette,

D'un pur nectar arroser un pâté?,..

Jadis, au bois, allait-elle, en grisette.

Se promener sur un roussin bâté?

Th. R. de F.

Jusques à quand, dirai-je à la perfide femme^

Ainsi que Gicëron dit à Catilina,

Jusques à quand, enQn, séviras-tu sur Vâme

De l'homme, qui, toujours, auprès de toi fouina ?

Avec nombre d'amants, ton inconstance jongle^

Et passe du guerrier au calme citoyen.

Sous patte de velours, tu sais cacher ton ongle,

Sous des dehors pieux, voiler un cœur païen.

Pour des prunes, qui n*ont rien de la mirabelle^

L'un t'aime à la Platon ; l'autre, à la Mirabeau,

Obtiendra^ plus heureux auprès de toi, la belle,

La faveur de ne pas brûler un vain flambeau,

« Cherchez la femme » a dit Tautçur de VOrestie :

Je la cherche et la vois dans Karr, dans Gabrio ;

Dans tout événement sa place est repartie.

Elle enrichit l'intrigue, exploite Vagio ;

Oiseau volage, elle a le mordant du bec-figue,

Le caquet de la pie, et l'air doux du faisan.

Le sceptre ne l'effraie, et, pour régner, sa ligue

Relèvera, qui sait f le trône parmesan.

Par goût, capricieuse, offrez-lui la noisette,

Elle préfère un fruit, un dinde à ce pâté.

Qui mange enfin l'avoine? hélas ! c'est la grisette,

Et celui qui la gagne est un âne bâté.

E, Thévenot.

— iob

Autant j'aime à prôner la vertueuse femmes

Autant j'exècre et hais l'odieux Catilina;

Ce tyran, sans pitié, sans foi, sans cœur, sans dme^

Devant la mort jamais, jamais il ne fouina.

De ses semblables, las ! avec la tôte il jongle

Au Sénat, voyez-le ? et chaque citoyen

Sur le papier il note, il désigne avec Vongle

Au gibet, au trépas, ce redouté païen

On savoure partout la prune mirabelle

Et l'on sait que, jadis, l'éloquent Mirabeau,

Pour rendre sa voix forte et plus douce et plus belle

Goùla souvent la prune, elle fut son flambeau.

Ce fruit, au doux parfum, qu'aima tant Orestie

Et son illustre époux, le docte Gabrio,

L'homme astucieux et prompt, fin à la repartie,

Plus fin cent fois encor dans le prêt, Vagio.

Chacun son goût, pour moi, je préfère la figue;

Après un bon repas de lièvre, de faisan,

Avec vous aussitôt, beau sire, je fais ligue

Pour un vieux chamberat, un tout frais parmesan :

En réserve je mets l'amande, la noisette

Et mange de Gcrad le succulent pâté,

Un morceau je présente à la pauvre grîsette,

Dussai-je avoir pour nom, celui d'âne bâté,

Jaurënot.

rM —

Alexandre Dumas a beaucoup de la femme^ Des roses diablotins charmant Catilina; Mais ce qu'on aime en lui c'est sa noble et belle âme A l'entour de laquelle en vain le sot fouina... Avec la fantaisie artistement il jongle!

Grand poëte, grand homme et brave citoyen, Sa loi, c'est l'évangile! Et sur le bout de Vongle Il connaît tous les dieux comme un docte païen. Sa parole est de miel, comme une mirabelle ; Son regard inspiré rappelle Mirabeau^ Ses beaux yeux sont divins^ On a vu la plus belle Accourir se brûler à ce brillant flambeau.

Passe du grave au doux, auteur pur d^Orestie, Et que ta Gabrielle ait pour nom Gabrio !

Prompt au bienfait comme à la repartie, Cœur excellent, réprouve Vagio:

Pour toi l'argent ne vaut pas une figue.

L'or ne te plaît qu'à propos du faisan.

L'on vie en vain contre Dumas se ligue, Calme, au dessert, il prend son parmesan ; Ses blanches dents, en cassant la noisette.

Songent encore aux croûtes du pâté Qu'avec Mina la gentille griseite A fait sauter l'aveugle amour bâté.

Emile y.

Aussi vrai qu'ici-bas l'hommo adore la femme.

Qu'aux pieds de Gicéron pâlit Catilina,

Que le charmant Horace eut cependant une âme

Qui, reniant Brutus, lâchement fouina ;

Aussi vrai que le tigre, éveillé dans sa jongle,

A bientôt dévoré bœuf, cheval, citoyen^

Et qu'en sentant leurs chairs palpiter sous son ongle.

Tremblent d'un même effroi musulman et pmen;

Aussi vrai qu'on a fait de mirus mirabelle,

Comme, sans doute encore, on en fil' Mirabeau,

Je veux ne plus jamais être aimé d'une belle,

Je veux que du soleil s'éteigne le flambeau,

Si je n'adresse un jour à l'auteur d'Orestie,

Au peintre merveilleux de sa sœur Gabrio,

Un franc, somme identique entre tous repartie.

Un franc! Qui ne l'a pas, même sans agio.

Môme de ceux chez qui l'on no voit pas la figue

Succéder chaique fois à la caille, au faisan ?

A moins que de revers bien cruels une ligue

Ne vienne, à nos regards voilant le parmesan.

Nous condamner, pour vivre, à cueillir la néisette,

A mâcher du pain noir, en guise de pâte,

A quêter les reliefs d'une pauvre grisette,

A servir de valet chez quelque âne bâté!.,.

D. Prosper Yiro.

Écoute-moi, Dumas : j'aime comme une femme.

Je te rêvai Brutus et non Catilina :

Des plus nobles instincts je douai ta grande dwie, Qui devant un tyran jamais ne fouina; Mais avec l'opinion Dumas transige et jongle: Des bourgs de l'Italie on'l'a fait citoyen, Mazzini, le maudit, l'a marqué de son ongle : Je le pleure aujourd'hui démocrate et paien.

Auteur suave et doux comme la mirabelle, Pathétique, éloquent autant que Mirabeau, Pourquoi de ta raison, que Dieu fit saine et belle, En perfide fanal ériger le flambeau ?

Universel talent, chantre de VOrestie, Toi, l'élu de Nodier, l'ami de Gabrio, Toi, dont nul n'égala la franche repartie Qui donc t'a fait verdi?... Ce n'est pas l'alto. Dumas n'est plus chrétien : à Rome il fait la figue ; C'est un Carbonaro, beau tueur de faisan ; Dumas n'est plus français, une infernale ligue L'a fait Napolitain, milanais, parmesan.

Mais Dieu peut te briser ainsi qu'une noisette, Héros, ne deviens pas un mangeur de pâj>é.

Un fauteur d'hérésie, un coureur de grisette : Sans la foi, le génie est un âne bâté.

Une femme qui n'est pas poëte.

— «est —

Je suis gueux comme Job, et j'adore une femme! J'ai plus d'amour au cœur, plus que CatiUtut

N'avait de haine dans son âme ;

Car chacun sait qu'il fouina.

Et moi, j'affronterais un tigre dans sa jon^^^ Sur une barricade un sanglant citoyen^ D'Othello le poignard, d'une poissarde Vonglej

Les bûchers d'un tyran paient Chez la mère Moreau, d'une humble mirabeUe^ Hier, j'offris le régal, et du grand Mirabeau J'atteignis l'éloquence. Hélas ! l'ingrate beUe, D'un rire dédaigneux éteignit mon flambeau t Je l'aime cependant!... Plus belle qa'Orestie, Je lui trouve l'esprit charmant de Gabrio;

Elle est prompte à la repartie

Plus que Rotschild à l'agio.

Ses goûts sont raffinés; sans dédaigner la figue,

Elle préfère le faisan.

Mais, helas ! contre moi tout ici-bas se ligue : Je suis gueux! Pour régal, j'offre le parmesan, La prune ou le marron, la pomme ou la noisette. Lorsque pour l'attendrir il faudrait un pâté. Pour obtenir le cœur de ma chère grisette.

Mon amour ne vaut pas l'or d'un Ane bâté,

fierre NcsiapA,

On donne ce qu'on a : se peut-il qu'une fimme

Ait porté dans ses flancs l'affreux Catilina ?

Aussi, pour décider si vous avez une âme^

Un concile, dit-on, pendant longtemps fouina.

Madame, vous savez qu'en ce bas monde on jongU,

Même avec le bon sens, et tout bon citoyen^

Qui jadis aux docteurs eût donné le coup d'ongle^

Eût été sans merci rôti comme un païen.

Oh! pauvre esprit humain I... Cueillons la mirabeUe,

Cultivons nos jasmins et i*art de Mirabeau ;

Avec les fleurs, les arts, la vie est douce et beUe,

Surtout ayons le cœur pour guide et pour flambeau.

Cherchez l'âme, docteurs, de Sapho» d'Orestiê; %

Chez nous la femme Ta. Charmante GabriOy

Entre nous tous, ici, la vôtre est répartie,

Comme un trésor ouvert, et prêté sans agio.

Je dis ce que je sens !... Vous faites une figue,,.

Ahl c'est bien mal à vous!... Vous m'offrez du faisant.,,

... J'accepte; mais je veux, messieurs, que l'on se ligue^

Aûn de maintenir qu'entre le parmesan

(Vous savez le dicton], la poire et la noisette.

On ait son franc parler. Qu'on mange du pâté.

Sans parler comme font le commis, la grisêtts:

Cela dit entre nous, c'est d'un âne bâté»

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