‹ Brachiopodes; études localesChapitre 120 sur 139 · Un second contraste se manifeste dans le bombement trans · texte numérisé non relu

Un second contraste se manifeste dans le bombement trans

verse des 2 valves. La fig. 5 représente une valve faiblement, mais |

régulièrement bombée en travers. Elle porte seulement une ligne

médiane prononcée, qui semble en creux et qui s'étend du crochet.

jusqu’au bord frontal.

Au contraire, la fig. 6 montre, que la seconde valve présente, vers le milieu de sa largeur, une dépression longitudinale, comparable à un sinus large, peu profond, aplati au fond et visible à partir du bord cardinal sur toute la surface conservée de la coquille. Ce sinus est placé d’une manière un peu insymétrique par rapport aux 2 parties latérales.

Le bord frontal manquant, nous ne pouvons pas comparer le contour de cette valve avec celui de la fig. 5.

3. On reconnaît à premiere vue, que les ornements de ces 2 valves sont contrastants. Les stries sont beaucoup plus fines et serrées sur la fig. 5 que sur la fig. 6. Sur cette dernière, on distingue très bien la bifurcation des côtes ou petites bandes longi-

tudinales, qui s'étendent à partir du crochet vers le bord.

D'après ces différences, les 2 valves figurées par M. Kayser étant contrastantes entre elles, nous ne pouvons pas les rapporter à une seule et même espèce.

Dans tous les cas, ni l’une ni l’autre de ces valves ne représente notre Sérophomena Verneuili. La première, fig. 5, diffère de notre espèce:

1. par la position de son crochet en arrière de la ligne cardinale ;

2. par sa surface régulièrement bombée, tandisque celle de la valve ventrale de notre Séroph. Verneuili présente une série d’ondulations, c. à d. de dépressions longitudinales, alternant avec des parties un peu plus enflées. Cette apparence est bien représentée

sur lés valves ventrales fig. 24—26 de notre PI. 42 et on les retrouve |

sur la valve dorsale placée entre elles.

3. par les apparences des ornements du test, que nous allons mentionner.

entre la Bohême et les contrées étrangères. 315

Quant à la seconde valve de M. Kayser, fig. 6, elle contraste par son sinus avec les valves ventrales de Séroph. Verneuili, qui présentent, au contraire, un bombement plus ou moins marqué, à partir du. crochet jusqu’au front.

Cette valve du Harz étant très endommagée, nous ne pouvons pas comparer Son contour avec celui de notre espèce de Bohême.

Nous signalons une seconde différence, qui existe dans les ornements de ces fossiles. La fig. 6 de M. Kayser nous montre de fortes stries, un peu inégales, dichotomes vers le bord. Bien qu'il ne donne aucun grossissement, nous constatons d’après cette figure, que l'apparence de ces stries n’est point identique avec celle des ornements de notre espèce, très bien figurés et grossis sur 4 figures de notre PI. 42. Ils représentent de petites côtes arrondies, croisées par des stries fines transverses, sur la surface externe du test. Lorsque la lamelle externe a disparu, on voit dans les rainures intercostales des séries de petites indentations, représentant la trace des stries.

Nous faisons abstraction de la granulation prononcée, qui orne la paroi interne des valves et que nous figurons sur notre PI. 42, fig. 26€, comme aussi sur notre PI. 108, case VIT.

Conclusion. D’après les observations qui précèdent, les 2 valves du Harz figurées par M. Kayser, sous le nom de Séroph. Verneuili Barr.? ne peuvent pas être considérées comme identiques entre elles et encore moins comme identiques avec notre espèce de Bohême. Il ne serait pas permis de les invoquer comme établissant une connexion quelconque entre les faunes des deux contrées.

Nous devons encore jeter un coup d'oeil sur les valves isolées, figurées par A. Roemer et M. le Prof. Giebel, sous le nom de ZLeptaena Bischofi Roem., parceque M. le Doct. Kayser les indique dans sa synonimie, comme représentant également Sérophomena Verneuili Barr.

1855. A. Roemer, Beitr. IIL.,, p. 115, PI. 17, fig. 4. 1858. Giebel, Sil. Fauna Unterharz., p. 51, PI. 4, fig. 5.

Nous constatons d’abord, que ni l’un ni l’autre de ces 2 savants n’a eu l’idée d'identifier, ni même de comparer Lèpt. Bischofi avec notre espèce de Bohême.

316 Connexions par les Brachiopodes

La raison de cette sage réserve est très fondée et très apparente, même pour celui qui ne jette qu'un coup d’oeil sur les figures citées et sur celles de notre espèce de Bohême, PI. 42.

En effet, les figures données par A. Roemer et par le Prof. Giebel, représentant peut-être un même spécimen, concordent dans le contour de la valve figurée, offrant un caractère très distinctif par rapport à notre Séroph. Verneuili. Ce caractere consiste en ce que, dans la forme du Harz, la ligne cardinale à une étendue beaucoup moindre que celle de la plus grande largeur de la coquille. Le contour de la valve figure un ovale, dont le gros bout est au front, tandisque la charnière est au petit bout tronqué.

Au contraire, tous les spécimens de Séroph. Verneuili nous montrent, que la ligne cardinale est habituellement plus étendue que la largeur de la valve. Ce caractère est plus ou moins prononcé suivant les individus, mais aucun d'eux ne présente une inégalité analogue à celle des valves de Sérophomena (Leptaena) Bischofi du Harz.

Ce contraste si prononcé suffit pour bien établir la distinction entre ces espèces.

Il est presque superflu d’invoquer la différence, qui existe également entre leurs ornements. Nous venons de rappeler en quoi consistent leurs apparences caractéristiques dans Séroph. Verneuil.

D'un autre côté, M.le Prof. Giebel a tres bien décrit, dans son texte, les apparences des stries dans Séroph. Bischofi et sa description est en harmonie avec la figure, qu'il donne de cette espèce.

Ainsi, les documents fournis par A. Roemer et M.le Prof. Giebel tendent également à confirmer notre conclusion qui précède, c. à d. l'indépendance spécifique entre Sérophomena Verneuili et les formes du Harz, que M. Kayser lui associe avec doute.

Enfin, si on compare les figures données par M. Kayser, PI. 29, fig. 5 et 6, avec celles de Stroph. Bischofi, dans les planches de A. Roemer et du Prof. Giebel, on ne pourra s'empêcher de douter de l'identité spécifique de ces divers fossiles. Les différences qui existent entre eux sont trop frappantes, pour qu'il soit nécessaire de les signaler aux paléontologues exercés.

entre la Bohême et les contrées étrangères. 317

Page 1