Var. vellerosa. Barr
Pl:.131, case IT
Cette variété n’est pas fondée sur la forme de la coquille, comme les précédentes. Au contraire, sous ce rapport, elle pourrait être aisément confondue avec les spécimens typiques de Rhynch. Henrici. Mais, un caractère très prononcé dans son ornementation doit la faire reconnaître à premiere vue.
Le corps de la coquille est couvert, comme à l'ordinaire, de stries fines longitudinales, très régulieres, qui s'étendent depuis le crochet jusqu’à ia commissure frontale des 2 valves, en passant par dessus le rebord de la valve ventrale. Ces stries creuses divisent la surface du test en bandes étroites et régulières, dichotomes près de la commissure. Voir PI. 130, VI, fig. 3.
Les spécimens figurés sur la case IT, PI. 131, montrent que sur les 2 valves, à partir du crochet, ces stries sont croisées par 2 séries de rainures arquées et concaves vers le sommet de la coquille. Ces rainures sont beaucoup plus fortes que les stries et bandes normales, qu’elles traversent obliquement. Il résulte de ce croisement un réseau, qui occupe un peu plus de la moitié de la longueur des valves, sans mesure précise, mais qui paraît moins étendu dans les spécimens en voie de développement.
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 37
Cette combinaison des ornements a été déjà signalée ci-dessus p. 28 dans la Var. velleris de Rhynch. princeps. TI] y à identité dans les deux cas.
Distribution verticale de Rhynch. Henrici et de ses variétés dans notre bassin.
Le tableau qui suit indique l'horizon unique, sur lequel nous avons constaté la présence de ces Brachiopodes.
w.| Espèce et variétés ob fi Planches
Rhyneh. Henriei . . Barr. 25—37—130—131
(forme typique)
Varlamimaris 1 269 Darr:
Var. extenuata . . : Barr.
VALIEXCISA 1: HAEMPAITT.
Vardexcavata 1 SMAIPATT.
Var: vellerosa . . .!. Barr.
SHEFFTE TT
Ce tableau constate un seul fait; mais ce fait est d’une haute importance.
Il consiste en ce que le type Rhynch. Henrici et les 5 variétés que nous lui associons, ne sont connus jusqu’à ce jour que dans les calcaires de notre bande f2. Ils semblent done avoir apparu, existé et disparu simultanément en Bohême, durant le dépôt üe cette bande. Nous trouvons mêlés dans les mêmes fragments de roche, sans aucune distinction, le type et ses variétés quelconques.
Nous ajoutons, qu'un mélange semblable a lieu dans le calcaire de f2, entre les spécimens de ÆRhynch. Henrici et ceux de Rhynch. princeps.
La contemporanéité de tous les représentants de ÆRhynch. Henrici et de ses variétés en Bohême étant ainsi établie, il est clair que les diversités, que nous observons entre toutes ces formes, ne peuvent être attribuées à l'influence des âges géologiques. On ne saurait les faire dériver de l'influence des circonstances locales,
38 Variations observées parmi les
puisque tous les exemplaires connus, de toutes les formes, sont rassemblés dans les mêmes bancs calcaires, occupant une surface très limitée, dans le bassin exigu de la Bohême. Il faut donc attribuer à d’autres causes les diversités, que nous avons signalées entre ces Brachiopodes associés dans une même espèce.
Connexions et contrastes entre Rhynchonella princeps et Rhynchonella Henrici. PI. 120—121. PI. 130—131.
Comme il est rare de rencontrer dans les études paléontologiques 2 types offrant des relations aussi remarquables que celles qui existent entre Rhynch. princeps et Rhynch. Henrici, nous croyons devoir faire ressortir en particulier les connexions et les contrastes reconnaissables entre les 2 groupes de formes comparés.
1. En ce qui touche les connexions, nous avons déjà établi ci-dessus p. 32—34, que les formes typiques de Rhynch. princeps et Rhynch. Henrici se ressemblent par leurs principaux caracteres. Elles différent dans leurs apparences extérieures principalement par l'absence ou la présence du rebord signalé autour de la valve ventrale dans la seconde espece.
La présence de ce rebord, dans les spécimens frustes, se traduit et se conserve visible par la dépression de cette valve.
2. Les apparences du test sont à peu-près identiques, sauf la dichotomie, dans toutes les formes du groupe de Rhynch. princeps, ainsi que nous l'avons constaté ci-dessus p. 25.
Une semblable identité de l’ornementation se manifeste également entre les formes du groupe de Æhynch. Henrici.
Nous ajoutons, que la ressemblance des ornements du test s'étend aux 2 groupes, sauf les légères différences, que nous avons signalées dans notre parallèle primitif, en 1847 et que nous reproduisons ci-dessus, (p. 33).
Dans les deux groupes, une seule modification importante des ornements à lieu, mais d’une manière identique savoir: dans Var. velleris de ÆRhynchonella princeps, PI. 139 et dans Var. vellerosa de Rhynch. Henrici, PI. 131.
3. Ces connexions générales entre Rhynch. princeps et Rhynch. Henrici sont notablement confirmées par le fait établi ci-dessus
Le
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 39
savoir, que dans chacun des groupes, nous reconnaissons 3 variétés, qui se représentent réciproquement. Nous les mettons en regard sur le tableau suivant:
Rhynchon. princeps. Rhynch. Henrici.
Nanemuna > "4200112171: 1" Var extenuata 6 2%5PL 130 SAVar syvipidea 28 /PT 121; | 2; Var. laminaris + © PT 130: JNar-velléris" :*. PRIS MEL ar Ever os r OME SES TET.
4. Bien que les dimensions des coquilles aient peu d’importance à nos yeux, on peut remarquer, que les nombreux spécimens de Rhynch. princeps et Rhynch. Henrici, figurés sur nos planches, ne different pas notablement, sous le rapport de leur taille. Cependant, aucun individu de la seconde espèce n'atteint les plus grandes dimensions de ceux de la première, qui sont figurés sur les PI. 25—121.
5. Enfin, quelque indifférente que puisse paraître la relation entre les nombres des représentants de 2 espèces sur un même horizon, nous devons faire remarquer, que Rhynch. Henrici, apparaissant soudainement durant le dépôt de f2, nous à fourni, dans le calcaire de cette bande, presque autant d'individus que Æhynch. princeps, qui avait déjà joui de la plus grande diffusion horizontale, durant le dépôt de la bande e2.
6. Les 2 groupes comparés ont disparu en même temps de notre bassin. Seulement, le type ÆRhynch. princeps s'est propagé dans g1, par de rares individus.
Les effets de la concurrence vitale se manifestent difficilement à nous, au milieu de semblables circonstances.
D’après cette série dobservations, montrant les connexions entre Rhynch. princeps et Rhynch. Henrici, il est vraisemblable, que la plupart des paléontologues, qui admettent les théories de l’évolution, seront disposés à considérer Rhynch. Henrici comme une simple variété de Rhynch. princeps.
Cependant, cette manière de voir se trouve combattue par
divers contrastes, qui nous restent à énumérer entre les deux Brachiopodes comparés.
1. Le plus grave est celui que nous avons déjà mentionné en commençant, p. 33, et qui dérive de la présence du rebord autour
40 Variations observées parmi les
de la valve ventrale de Rhynch. Henrici. Rien r’affaiblit jusqu'ici la puissance distinctive de cette conformation, si rare parmi les Brachiopodes.
En effet, nous constatons, qu'aucun spécimen quelconque de cette espèce ne montre la moindre trace d’une transition vers Rhynch. princeps, par un rebord rudimentaire.
De même, parmi les individus de Rhynch. princeps, nous n’en découvrons aucun avec un rebord naissant. ni avec la valve ventrale déprimée.
Au contraire, dans tous les individus de ÆRhynch. Henrici, quelle que soit leur taille, le rebord est parfaitement marqué. Nous ajouterons même, que nous reconnaissons son existence dans les spécimens les plus exigus ou embryonnaires, qu’il nous est impossible de figurer.
Il faut done que, dans tous les représentants de Rhynch. Henrici, le rebord soit un caractère primitif, inné et non acquis pendant la croissance des individus. Ce fait établit une barrière presque infranchissable entre les 2 Brachiopodes en parallèle.
La circonstance de leur coexistence et de la multiplicité des individus, qui auraient pu fournir des exemples de transition, doit contribuer puissamment à confirmer cette observation. . Nous avons eu l’occasion de faire remarquer, au contraire, diverses transitions entre les représentants des variétés associées dans chacun des deux groupes comparés.
2. Bien que nous ayons fait ressortir dans ces groupes lexis-
tence de 3 variétés, qui semblent se représenter réciproquement, cette connexion se trouve fortement affaiblie par le fait suivant. C’est que nous connaissons, dans le groupe de Rhynch. princeps, 5 autres variétés, qui sont jusqu'ici sans analogues parmi celles de Rhynch. Henrici, savoir:
+ Var. gibba, | Var. Eudora, Var. macilenta, Var. surgens.
Var. Psyche, |
De même, ARhynch. Henrici nous fournit 2 variétés, qui lui sont exclusivement propres:
Var. excisa. | Var. excavata.
Brachiopodes siluriens de la Bohéme. 41
Nous devons faire remarquer que, parmi les variétés exclusives, que nous venons de signaler, la plupart sont déterminées par un caractère, dont la manifestation était presque impossible dans le groupe comparé.
3. D’après les enseignements de nos maîtres, nous sommes disposé à considérer comme à peu près constantes, dans une même espèce, les apparences fondées sur les caractères intérieurs, comme les impressions musculaires. Or, dans le cas qui nous occupe, ces impressions sont figurées dans la valve ventrale de divers spécimens distribués sur les planches qui suivent:
Plhedéscase ; IE 4—5,
fig.
ase VII, fig. 1 a.
LAN pate IX, fig. 2a.
PI.131, case IV, fig. La—2a—3a—4a—5a—7a.
Rh. princeps
Rh. Henrici
En comparant entre elles les figures, PI 131, on reconnaît qu'elles montrent une assez grande diversité dans les apparences des impressions. Malgré quelque analogie avec les impressions citées pour Zhynch. princeps, il serait impossible de les considérer comme identiques. Mais nous ne saurions faire, dans ce cas, la part de la différence, qui peut dériver de l’âge ou de l’état de conservation des individus.
En ce qui concerne les impressions musculaires sur la valve dorsale, nous n'avons pu les découvrir sur nos spécimens de Rhynch. princeps, que dans celui qui est figuré PI. 120, case II, fig. €. En rectifiant cette figure, comme l'indique notre explication correspondante, on voit que cette impression est en harmonie avec celles que nous figurons dans la valve dorsale de Rhynch. Henrici PI. 131, case IV, fig. 1 e—3 e—4c— Ge—7e. Ces figures concordent pour nous montrer des apparences assez constantes et semblablement placées.
D’après ces observations, qui indiquent une notable différence dans les valves ventrales et une harmonie vraisemblable dans les valves dorsales, il ne nous serait pas permis de considérer les impressions musculaires de Æhynch. princeps et de Rhynch. Henrici comme absolument identiques. On pourrait plutôt penser, que ces caractères indiquent 2 espèces différentes.
49 Variations observées parmi les
Quant aux nervures ou impressions vasculaires, que nous avons figurées sur le moule interne de quelques spécimens de Rhynch. Henrici, sur la PI. 151, cases III-—IV, on voit que leurs apparences sont très variables entre les individus. A plus forte raison, devrait-on s'attendre à rencontrer une grande diversité entre cette espèce et Rhynch. princeps. Malheureusement, nous ne pouvons pas en juger, parceque nous n'avons pas pu observer des impressions semblablement placées sur nos spécimens de cette dernière espèce.
Avant de terminer ce parallèle, nous devons faire observer, que les diversités que nous signalons, d’un côté entre les variétés de èhynch. Henrici et d'un autre côté entre celles de Zhynch. princeps, paraissent un peu amoindries par certaines transitions, que nous avons indiquées dans chaque groupe. Les mêmes diversités nous sembleraient beaucoup plus fortes, si chacune des variétés avait apparu isolée dans des dépôts successifs.
En somme, il résulte de ce parallèle, que, malgré de remarquables affinités et ressemblances entre les représentants de Æhynch. princeps et ceux de Rhynch. Henrici, il existe entre ces 2 Brachiopodes trop d'éléments disparates, pour que nous puissions considérer le second comme une variété du premier, suivant le sens habituel de ce mot. Si les relations entre ces deux Rhynchonelles paraissent pour ainsi dire mystérieuses, c'est parceque nous ignorons complétement la cause, qui produit les variétés, avec ou sans intervention de la forme, que nous nommons typique.
D’après les observations qui précèdent, on voit que cette cause, non définie, produit soudainement des variétés contemporaines dun type. Elle nous dispense done de recourir à l'hypothèse de l'influence des âges géologiques, pour l'apparition des variétés successives.
Nous rappelons que, contrairement à nos vues, M. le Prof. Quenstedt a identifié spécifiquement ÆRhynch. princeps avec Eh. Henrici. Il en donne de bonnes figures, montrant leurs caractères contrastants. (Brachiop., p. 195, PI. 42, fig. 22 à 31, 1871.)
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 43
æ. Rhynchonella tarda. Barr.
1847. Terebrat. tarda Barr. — Ueb. Brachiop. — Naturw. Abhandl. Haiding., I., p. 85, PI. 20.
Cette espece doit être remarquée parmi nos Brachiopodes les plus importants.
Elle se trouve dans toute la hauteur de notre bande e2. Elle disparaît subitement vers la fin de ce dépôt et jusqu'à ces derniers temps nous n'avons découvert aucune trace de son existence dans la bande superposée f1. Mais, en faisant une dernière revue de nos Brachiopodes, nous avons trouvé un spécimen offrant les apparences de Rhynch. tarda, et qui provient de notre bande f2. Il est figuré sur notre PI, 142. Une semblable intermittence s’observe pour un grand nombre de nos espèces.
La diffusion horizontale de ÆRhynch. tarda s'étend sur 8 des localités principales de notre bassin, pendant le dépôt de notre bande e 2.
La fréquence des individus dans chacune des localités de e2 est généralement faible. Nous avons cherché pendant longtemps, avant de pouvoir compléter les séries, que nous avons figurées sur notre PI. 115.
Remarquons que tous les spécimens composant ces séries sont exactement contemporains et ont été trouvé les uns à côté des autres, dans les mêmes couches et dans quelques localités.
En comparant ces séries, pour chacune desquelles l'explication des figures présente des indications suffisantes, on reconnait, que Ehynch. tarda offre des variations contrastantes. Ce contraste se manifeste dans la forme et dans les ornements.
Dans la forme, en ce que nous voyons des individus aplatis et caractérisés par un biseau frontal tranchant, tandisque d’autres sont globuleux et montrent une paroi frontale presque verticale.
Dans les ornements, en ce que certains spécimens portent des plis prononcés sur toute leur surface, à partir du crochet jusqu'à la commissure frontale. D’autres, au contraire, sont privés de ces plis, ou bien n’en présentent qu'une trace à peine saisissable. Cette
44 Variations observées parmi les
trace a dû être exagérée sur les figures, tandisque dans la nature, on ne peut la reconnaître qu’en faisant jouer la lumière.
D’après la taille des individus contrastants, on reconnaît qu'ils peuvent être également considérés comme adultes, abstraction faite des jeunes individus, qui complètent les séries. Mais, les contrastes entre ces jeunes eux-mêmes nous enseignent, que la variété représentée par chacun d'eux était déja déterminée dès sa naissance et n'a pas été le résultat des influences éprouvées durant sa croissance.
Nous n'avons pas cru nécessaire de donner des noms à ces variétés, mais on pourrait évidemment en distinguer au moins 2. La forme globuleuse étant considérée comme typique, les variétés seraient représentées par les 2 formes aplaties à front tranchant. L'une d’elles conserve les plis caractéristiques de l'espèce, tandisque sur l’autre ces ornements disparaissent et la surface semble presque totalement lisse.
Ainsi, Rhynch. tarda doit être rangée parmi les espèces de notre bassin, qui ont été accompagnées par des variétés contemporaines, apparaissant en même temps que la forme typique et disparaissant avec elle.
Le dernier survivant de l'espèce, trouvé isolément dans notre bande f2, représente la forme typique, mais il offre une conformation irrégulière, PI. 142.
4 Rhynchonella xympha. Barr.
1847. Terebrat. nympha Barr. — Ueb. Brachiop. — Naturw. Abhandl. Haiïding.; EL, p. 66, PI. 20.
Cette espèce étant une des plus importantes de notre bassin, par son extension verticale et par la fréquence de ses représentants, nous croyons devoir lui consacrer une notice spéciale, principalement destinée à faire connaître plus complétement qu’en 1847 les variétés, qui aceompagnent la forme typique.
Avant d'exposer nos observations sur ce sujet, nous reproduirons ici la description de la coquille, qui a été publiée en langue allemande, dans l'ouvrage cité ci-dessus. Nous changeons seulement
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 45
le terme ventral en dorsal et réciproquement, pour mettre notre texte en harmonie avec la nomenclature actuelle.
Nous remarquons une grande variété de formes dans le profil de cette coquille, comme dans son apparence générale. Tantôt, la valve dorsale s'élève suivant une pente de 45° à partir du crochet jusqu'à lextrémité du bourrelet; tantôt elle s’arrondit à partir du milieu et le profil devient presque horizontal vers le front.‘
La configuration et la saillie du bourrelet différent grandement, suivant les individus ou les variétés. Quelquefois il est large, surmonté de 5 à 6 plis; d’autres fois il est étroit, aigu et ne porte que 2 ou 3 plis au sommet. Il s'élève jusqu’à devenir presque vertical du côté intérieur.‘
Dans tous les cas, la pente latérale est très forte et paraît verticale près de la commissure.*
Les arêtes cardinales font entre elles un angle, qui dépasse rarement 90° et elles se prolongent en ligne droite au moins jusqu'au tiers et quelquefois jusqu’au-delà du milieu de la coquille. Il en résulte que les arêtes latérales sont aussi variables en sens inverse, mais toujours arrondies.‘
Le front se relève vers la valve dorsale, suivant une courbure, qui prend toutes les formes, entre un are continu, aplati, un rectangle ou un arc en ogive. La hauteur de la languette varie suivant les mêmes proportions.
Les crochets sont petits et peu saillants, cependant, quelques exemplaires rares nous permettent de distinguer, sous celui de la valve ventrale, une trace d'ouverture deltoide très petite.“
De chaque côté, au droit des arêtes cardinales, il existe une lunule ou enfoncement formé aux dépens des 2 valves et qui fait ressortir la saillie des crochets. Quelques exemplaires montrent ce caractère à un moindre degré de développement. D’autres, quoique jeunes, le possédent d’une manière très prononcée.“
La valve ventrale, à peu de distance derrière le crochet, commence à se creuser par un sinus, qui s'étend d’un bord à l’autre et dont le fond est tantôt aigu, tantôt plat ou un peu convexe près de la commissure.‘
Des plis réguliers et simples couvrent toute la surface des deux valves et se prolongent jusqu'au crochet. Leur profil est
46 Variations observées parmi les
ordinairement aigu et tranchant au sommet. Quelquefois cependant, ceux qui sont au fond du sinus, sont arrondis. Les plis latéraux paraissent appliqués par une de leurs faces sur la paroi de la coquille et ne montrent presque que la face extérieure. Nous ne comptons pas plus de 9 plis sur les côtés, ni plus de 6 dans le sinus; mais ces nombres sont quelquefois moindres.
La surface du test, vue à la loupe, est couverte de stries concentriques très fines dans les exemplaires très bien conservés."
Var. pseudo-livonica. Nous désignons ainsi celle des formes de Ter. nympha, qui se rapproche le plus de la Térébratule décrite par M. de Buch. Elle offre comme celle-ci, un bourrelet de plus en plus incliné, en remontant jusqu'au front et portant au sommet 2 ou 3 plis. Le sinus est ordinairement un peu aigu au fond, et le contour frontal prend la forme d’une ogive allongée.
Var. emaciata. Nous associons sous ce nom à Ter. nympha une forme, que nous avons crue d’abord spécifiquement différente, mais qui nous semble se fondre avec elle par divers passages, Cette variété, très aplatie au jeune âge et subtriangulaire, pourrait être comparée à un petit éventail. Elle contraste beaucoup avec lapparence épaisse, que présente la forme que nous considérons comme normale, au même âge. A mesure que la Var. emaciata se développe, le front rectiligne et tranchant se courbe peu à peu, par apparition d’un large sinus aplati. En même temps, quelques-uns des plis forment sur la valve dorsale une saillie, qui nous semble être une réduction du bourrelet de Ter. nympha. Cette variété amincie n'’atteint jamais une taille aussi grande que les autres. Cependant, elle n’est pas rare et elle accompagne ordinairement les formes précédemment décrites, dans les mêmes bancs calcaires."
.Rapp. et différ. Nous avions cru d’abord pouvoir identifier avec Ter. livonica v. Buch l'espèce que nous venons de décrire. Nous avons ensuite reconnu quelques différences assez notables entre elles. D'abord, les cavités ou lunules, que nous avons signalées en arrière des crochets et dont il n'existe pas d'apparence sur un exemplaire de l'espèce livonica, que nous devons à la bonté de M. de Buch. En second lieu, dans la description que ce célèbre paléontologue à donnée de cette espèce, nous lisons que son principal caractère gît dans les arêtes cardinales, si courtes que leurs extrémités n'atteignent pas le quart de la longueur de la coquille, tandis-
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 47
que les arêtes latérales sont, au contraire, très développées. Nous observons des rapports inverses dans notre espèce, entre les arêtes du contour.‘
»Gisem' et local. Ter. nympha wa existé que durant le dépôt de notre calcaire moyen F. Elle se trouve avec une fréquence considérable, associée avec Terebr. princeps, aux environs de Mnienian et de Konieprus.*
Ces dernières lignes attestent, qu’à l’époque où nous les avons écrites (1846) nous n'avions pas encore découvert la présence de KRhynch. nympha sur dautres horizons que celui de notre bande F2. Mais, depuis lors, nous avons successivement constaté, que la même espèce existe dans nos bandes e2 et g1. Les spécimens provenant de ces 2 horizons ont été figurés sur notre PI. 122.
À la description qui précède, nous devons ajouter quelques nouvelles observations. Elles se rapportent principalement aux plis, qui ornent la surface et ensuite aux variétés, que nous distinguons parmi les formes apparentées.
Nous constatons d’abord, que le nombre des plis varie entre des limites très espacées, savoir 4 et 12, sur la surface du bourrelet, près du front. Cependant, bien que les chiffres extrêmes semblent indiquer des variétés, nous ne pouvons pas donner ce nom aux individus, qui différent seulement par un petit nombre de plis Nous observons d'ailleurs un passage graduel entre les nombres divers.
Ces nombres de plis ne se présentent pas avec une semblable fréquence. Ce sont les chiffres extrêmes, qui sont le plus rarement représentés dans nos spécimens, tandisque le chiffre moyen 6 se montre dans le plus grand nombre des individus.
Nous ferons remarquer, que les plis du bourrelet sont toujours séparés des plis latéraux par un intervalle notable, qui permet de distinguer les 2 groupes. Parcourons les diverses combinaisons.
4 plis au bourrelet. C’est le minimum connu. Ce nombre est représenté sur notre PI. 122, case II, par 2 spécimens de taille très différente, appartenant à l’horizon de e2 et provenant des collines entre Luzetz et Lodenitz. Un troisième spécimen de taille intermédiaire est figuré sur la même planche, case IL, fig. 1.
48 Variations observées parmi les
Il a été trouvé sur le même horizon à Tachlowitz. Nous figurons encore sur la PI 153, case I, un spécimen avec 4 plis au bour-
relet. Il provient des environs de Konieprus et appartient à la bande f2.
Nous constaterons ci-après, que le nombre de 4 plis au bourrelet se retrouve dans lés variétés que nous nommons: smulans et carens. Mais, en somme, cette combinaison est relativement très rare en Bohême, surtout dans la bande f2.
4 plis principaux et 2 plis accessoires sur le bourrelet. Les plis principaux sont plus développés et plus élevés que les plis secondaires, qui sont placés l’un de chaque côté. Nous figurons des spécimens, qui représentent cette conformation, sur notre PI. 153, cases IT et IIT. Tous proviennent de Konieprus et caractérisent l'horizon de f2. Ils sont assez fréquents.
5 plis au bourrelet. Les spécimens montrant ce nombre de plis ont été trouvés à Konieprus dans la bande f2. L'un d’eux est figuré sur notre PI 153, case IV. Ils sont assez rares.
5 plis principaux et 1 pli secondaire au bourrelet. Divers spécimens de Konieprus, f2, représentent cette combinaison. Nous ne les avons pas figurés, faute d'espace.
6 phis au bourrelet. Nous figurons sur notre PI. 122, case IT. un spécimen de Tachlowitz e2, possédant ce nombre de plis. Une série de 5 spécimens offrant ce même nombre est exposée sur notre PI. 29, dans la case inférieure à gauche. Nous en figurons 3 autres sur notre PI. 153, cases: V—VI-VIT. Ils proviennent, comme les précédents de Konieprus, f2. Enfin, sur la PI. 122, nous représentons un spécimen à 6 plis au bourrelet dans la case I, fig. 2. Il provient de Branik g1.
Nous ferons remarquer que, lorsque nous avons établi l'espèce nympha, nous considérions le nombre de 6 plis comme normal ou typique, parcequ'il se rencontre plus fréquemment que la plupart des autres, surtout aux environs de Konieprus f2. C’est done le type, au point de vue historique, tandisqu'on pourrait considérer comme type absolu la combinaison de 4 plis au bourrelet.
6 plis principaux au bourrelet avec 2 plis secondaires. Nous figurons sur notre PI. 153, case VIII, 1 individu, offrant cette combinaison. Mais nous en possédons plusieurs autres.
cui
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 49
7 plis au bourrelet. Ce nombre se rencontre rarement. Sur notre PI. 153, nous figurons (case IX) 2 individus provenant de Konieprus, f2, et qui permettent d'observer cette combinaison.
7 plis principaux au bourrelet avec 2 plis secondaires, se trouvent sur divers spécimens de notre collection, mais ils ne sont pas figurés, faute d'espace.
8 plis au bourrelet. Un jeune spécimen présentant ce nombre est figuré sur notre PI. 153, case X. Il a été trouvé à Konieprus, f2.
Un autre spécimen de la même localité et offrant le même nombre de 8 plis au bourrelet n’a pas pu être figuré sur la même planche. Il est de taille moyenne et se distingue par cette particularité, que les plis de la surface n'apparaissent que vers le milieu de la longueur. Ce spécimen est donc caractérisé par la même circonstance, qui nous à induit à établir la variété carens, d’après des individus de la bande e2. Nous allons mentionner cette variété, qui est représentée sur notre PI. 122.
9 plis au bourrelet. Ce nombre se voit sur un spécimen de Konieprus, que l’espace ne nous à pas permis de figurer sur la PI. 153.
Les nombres 10 et 11 ne sont pas représentés par les plis du bourrelet, parmi les None de notre collection, ni ailleurs, à notre connaissance.
12 plis au bourrelet. Ce nombre extraordinaire et que le dessinateur a réduit à 10, n’a été observé que sur le spécimen figuré PI. 122, case IT, fig. 3. Il a été recueilli entre Luzetz et Lodenitz dans la bande e2. Nous le considérons comme une variété, que nous nommons dulcissima. C’est une exception à cause du nombre très élevé des plis.
En décrivant ci-après les variétés, nous constaterons, que la plupart des combinaisons de plis se retrouvent aussi bien dans notre bande e2 que dans notre bande f2. Elles ne pourraient donc pas servir pour établir une différence notable ou un progrès, parmi les formes représentant Rhynch. nympha sur ces 2 horizons, qui sont de beaucoup les plus riches en Brachiopodes, dans notre faune troisième.
50 Variations observées parmi les
Variétés associées à Bhynch. nympha.
Il nous reste à indiquer les variétés, que nous croyons convenable de distinguer par des noms. Nous rappelons, que 2 de ces variétés ont été déjà désignées par nous en 1847, par les dénominations de Var. emaciata et Var. pseudo-livonica. Nous venons de reproduire p. 46 la définition primitive, qui suffit pour faire connaître les caractères très apparents de ces 2 formes. Nous devons seulement répéter ici l'indication des planches sur lesquelles chacune d'elles est figurée.
Var. emaciata, PI. 29—153.
Var. pseudo-livonica, PI. 29—1583.
On sait que ces 2 formes se trouvent dans notre bande f2, mais non dans e2.
En outre, nous distinguons parmi les spécimens de la bande f2 et ceux de g1 une troisième forme, que nous considérons aussi comme une variété et que nous nommons Varietas interpolata. Elle est représentée par des spécimens, qui ne sont pas très rares. Le nom, que nous lui donnons, est destiné à rappeler, que cette forme est intermédiaire entre les 2 variétés précédentes emaciata et pseudolivonica. Elle est constamment plus épaisse que emaciata. Mais sa face frontale, quoique ogivale, est beaucoup moins élevée que celle de pseudo-livonica. Nous regrettons, que l’espace ne nous ait pas permis de la figurer sur notre PI. 153, mais elle est représentée sur la PI. 122, case I, par un spécimen provenant de la bande g1.
Parmi les autres formes, auxquelles il nous semble à propos de donner un nom, nous signalons d’abord celle qui est figurée comme var, simulans Sur nos PI. 93, case IV et PI. 147, case VII. Elle se distingue par 2 caractères principaux, savoir: d’abord, par ses plis relativement peu nombreux et plus forts que dans les autres formes, qui viennent d’être passées en revue. Ensuite, le bourrelet nous présente une division longitudinale, consistant dans une rainure médiane, très distincte et qui ne peut être confondue avec celles qui séparent les plis. Aucune rainure semblable ne se voit, ni sur le type, ni sur les variétés qui précèdent.
Dans la variété simulans, le nombre des plis connu jusqu’à ce jour varie très peu. Ainsi, nous le trouvons égal à 4 sur la PI. 93,
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 51
case IV, dans les spécimens fig. 1—2 et dans celui de la fig. 4. Mais, dans ce dernier cas, il est accompagné de 2 plis secondaires. Le spécimen fig. 3 est irrégulier. Ces divers exemplaires proviennent de bancs calcaires, qui ont été exploités au bord du chemin de fer, vis-à-vis Srbsko. La position de ces bancs ne nous permet pas de reconnaître exactement s'ils appartiennent à la bande g1 ou à la bande f2. Nous adoptons cette dernière interprétation, à cause des apparences du calcaire, très semblable à celui de Konieprus. Mais il reste un doute à éclaircir.
Un autre exemplaire de cette variété, figuré PI. 147, provient des calcaires de Konieprus. Il présente les 2 caractères, qui distinguent la variété simulans et il montre 4 plis sur le bourrelet, comme les exemplaires de Srbsko.
Considérons maintenant les formes, qui ont été trouvées dans notre bande e2. Elles sont toutes figurées sur notre PI. 122.
Nous avons déjà appelé l'attention sur l’une d’elles, à cause du grand nombre de ses plis, qui s'élèvent à 12 sur le bourrelet, dans le seul spécimen connu, case II. Nous l'avons nommée var. dulcissima. Ce fossile provient des collines entre Luzetz et Lodenitz.
Les spécimens, qui nous ont été fournis par les environs de St. Ivan sont figurés sur les cases IV et V. Ils sont très apparentés par une circonstance, qui consiste dans la disparition des plis, sur une partie plus ou moins considérable de la surface, entre le crochet et les bords. Il nous semble donc, qu’on pourrait les associer dans une variété, portant le nom de carens. On remarquera que, dans les plus jeunes spécimens, case V, on voit naître les plis sur le contour de lindividu fig. 1, qui est le plus petit. Ils se montrent plus développés dans le spécimen fig. 2, qui est un peu plus grand. En nous reportant sur les exemplaires de la case IV, qui offrent des plis beaucoup plus développés, nous retrouvons la surface sans plis, dans la partie initiale de la coquille.
En comparant maintenant les spécimens figurés sur ces 2 cases, nous reconnaissons, que leur bourrelet présente, dans le nombre de ses plis, une série croissante, semblable à celle que nous venons d'exposer pour les exemplaires de Konieprus f2, offrant la forme
typique.
En effet, le nombre de 4 plis se montre distinctement sur le grand spécimen, case IV, fig. 4.
Nr.