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eme tem en ee,
Espèces et variétés
|" d2|d3 | dt | 3 3|ht|12 h3
Phacops.
fecundus .
Var. communis .
Var. major.
Var. degener .
Var. superstes .
Acidaspis.
Buchi .
Sur ce tableau, nous reproduisons les 4 noms par lesquels nous avons distingué 4 formes reconnaissables, parmi les représentants de Phacops fecundus. Cette distinction n'a pas eu lieu dans la description de cette espèce, mais seulement dans l'explication des figures de la PI. 21, Vol. I. 1852.
Le fait le plus remarquable, relatif à ces variétés, consiste en ce que, au lieu d’être contemporaines entre elles, comme dans beaucoup de cas, que nous venons d'exposer parmi les Brachiopodes, elles ne se manifestent que suecessivement et soudainement, sans que leur apparition corresponde exactement au dépôt d'une bande. Cependant, nous allons constater, que cette succession n’est pas conforme aux conceptions théoriques.
1. Le type primitif, que nous nommons aussi Var. communis. surgit dans notre bande e2. La plupart des localités de cette bande nous en ont fourni des fragments assez nombreux. Mais, les individus complets et bien conservés sont extrêmement rares. Dans
124 Variations observées parmi les
les environs de Kolednik, certaines couches sont remplies de têtes et pygidiums isolés, sans restes du thorax.
Ce type spécifique, dont les caractères sont très prononcés, se fait remarquer par sa taille moindre que celle des variétés, qui lui ont succédé.
Remarquons bien, qu’il n’est accompagné par aucune variété contemporaine dans e2.
Malgré la fréquence signalée dans cette bande et qui a provoqué la dénomination de fecundus, la forme communis disparaît soudainement de notre bassin avant la fin du dépôt de e2.
En effet, nous n’en trouvons aucune trace quelconque, dans les calcaires de notre bande f1. Il semble donc y avoir une lacune dans l'existence de Phac. fecundus, durant le dépôt de cette bande. Nous avons signalé une lacune semblable pour beaucoup de nos Brachiopodes.
2. La Var. major apparait soudainement et seule, dans les calcaires de la bande f2, mais non à la base de ce dépôt, ce qui contribue à prolonger la lacune, que nous venons de mentionner.
Le nom de cette variété indique suffisamment, qu’elle se distingue principalement par sa taille, qui peut être moyennement évaluée au double de celle du type primitif ou communis. Cette proportion est confirmée par les spécimens figurés dans notre Vol. I, Ply22
On conçoit aussi que, par suite de l'accroissement des dimensions du corps, tous les traits de la surface, en creux ou en saillie, se montrent plus fortement prononcés que dans la forme primitive. Les deux formes communis et major se distinguent donc au premier coup d'oeil.
Nous pourrions aussi indiquer quelques légères différences dans les yeux, sous le rapport du nombre des lentilles qu'ils renferment. Mais, comme ce nombre varie beaucoup entre les individus de chaque variété, il ne peut nous fournir aucune indication certaine d’une modification dans cet organe. Il est d’ailleurs très naturel, que les proportions de l'oeil varient comme celles du corps entier.
Quant à la fréquence des spécimens de la War. major, leurs fragments, tête et pygidium, accumulés dans certaines couches calcaires, entre Konieprus et Mnienian, nous montrent, que cette
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 125
variété n’a pas été moins féconde que le type commumis. Cependant, cette fécondité n’a pas abouti à assurer la propagation de la Var. major au-dessus des limites de la bande f2. En effet, elle est inconnue dans nos bandes g1 et g2, dont la puissance réunie s'élève à près de 300 mètres.
Après cette longue intermittence dans son existence en Bohême, la Var. major reparaît dans notre bande calcaire g3. avec les mêmes apparences que dans f2 et avec une taille à peu près égale. Les fragments, tête et pygidium bien conservés, ont été trouvés dans les localités de Hlubotep, et de Slivenetz, aux environs de Prague.
3. La Var. degener nous présente un fait singulier. C’est qu’elle semble avoir apparu pour remplir la lacune, qui vient d’être signalée dans lexistence de la Var. major, durant le dépôt des bandes g1 et g2.
Comme ces deux bandes contrastent fortement par la nature de leurs roches, calcaires dans la première et schisteuses dans la seconde, la persistance de la Var. degener doit être remarquée.
Cette variété a été ainsi nommée, à cause de sa taille, notablement inférieure à celle de Var. major qui avait précédé. Les spécimens figurés sur la PI. 13 de notre Suppl‘ avec d’autres du type commumis, permettent de juger, que la taille de la Var. degener est à peu près moyenne entre les tailles extrêmes des 2 autres formes de la même espèce.
Bien que les dimensions des fossiles ne constituent pas un des caractères importants, on doit remarquer dans cette circonstance, que, dans les Trilobites qui nous occupent, la taille n’a pas offert une augmentation progressive, Comme on aurait pu l’attendre, d’après les théories. Elle à subi, au contraire, des variations en sens inverse.
I n’y à d’ailleurs, dans la conformation de la variété degener, aucun caractère constant, qui établisse une différence grave entre elle et les 2 autres formes antérieures, que nous venons de distinguer.
Sous le rapport de la fréquence, Var. degener peut être comparée à War. major. Mais elle à l'avantage de se retrouver dans diverses localités, dont les principales, au nombre de 9, ont été énumérées dans le texte de notre Vol. E., p. 517.
126 Variations observées parmi les
4. La Var. superstes n’est représentée que par des individus ensevelis dans les schistes de notre bande g2. Comme ils ont subi une forte pression, qui les à plus ou moins aplatis et défigurés, ils ne peuvent pas être comparés en toute sécurité aux représentants des autres variétés, qui se sont parfaitement conservés dans les calcaires des bandes e2—f2—281—8 3.
Aïnsi, le pygidium nous semble un peu moins arrondi et plus court que celui des variétés précédentes. L'oeil au contraire, qui a mieux résisté à la compression, paraît au moins aussi développé.
Quant à la taille de la Var. superstes, elle reproduit les dimensions du type primitif, communis, figuré sur la même PI. 21 de notre Vol. I.
En tenant compte de la réserve que nous venons d'indiquer, la Var. sugerstes peut être associée aux variétés précédentes dans le groupe de Phacops fecundus. Sa fréquence est relativement moins considérable. Cette apparence peut provenir du nombre très limité des localités, dans lesquelles la bande g2 est fossilifere.
Nous avons cru, dans un temps, que la Var. superstes, après avoir disparu pendant le dépôt de la bande g3, avait reparu à la base de la bande h1. Mais, ce fait n'étant fondé que sur un spécimen très mal conservé et d’origine un peu douteuse, ne mérite pas dêtre pris en considération.
Après avoir exposé le développement des 2 Trilobites de Bohême, les plus remarquables par létendue de leur propagation verticale et par la fréquence des individus qui les représentent, nous signalerons les contrastes qui existent entre ces 2 types.
D'un côté, Acidaspis Buchi, offre une taille pour ainsi dire presque constante, sauf les exceptions individuelles signalées dans la bande d 4.
Nous n’observons aucune variation sensible dans les apparences des éléments de son corps, excepté la forme longue et la forme large. Cette espèce peut donc être considérée comme un type d'invariabilité, bravant les lois théoriques, à travers des âges géologiques très prolongés, dans des milieux très divers et dans de nombreuses localités, qui s'étendent jusqu'en France.
De l'autre côté, Phacops fecundus nous présente des apparences de variations, mais elles se réduisent cependant à celles des
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 127
dimensions. Au premier coup d'oeil, elles sembleraient correspondre
à la succession des âges et au changement des milieux, durant le dépôt desquels ses représentants ou variétés ont existé.
Mais nous avons fait remarquer, que les variétés nommées ne sont point en stricte connexion avec ces divers dépôts. Ainsi, Var. major, qui apparaît dans f2, longtemps après lextinction de Var. communis, disparaît avant la fin du dépôt de cette bande, pour reparaître plus tard dans la bande g3, composée d’un calcaire compacte, très différent de celui de f2. Par cette double circonstance, l'existence de la Var. major se montre indépendante des âges géologiques et du milieu ambiant.
En outre, la Var. degener, intermédiaire par sa taille entre Var. communis et major, wapparaît qu'après le maximum. La transition qu'elle simule, est done anachronique.
Cette variété se développe largement par la fréquence de ses individus, dans les bandes g1—g2 de nature différente, mais ne se propage pas dans g3, dont les calcaires ne sauraient être distingués de ceux de g1. Elle se montre donc indépendante des influences du milieu ambiant.
En résumé, dans ces 3 variétés, qui diffèrent seulement par leur taille, nous ne pouvons pas reconnaitre l'influence des circonstances locales.
L'influence des âges géologiques sur la seule modification observée est encore moins reconnaissable. En effet, le maximum de la taille caractérisant la bande f2 succède au minimum qui n’est connu que dans e2.
La taille intermédiaire s’introduit et persiste longuement dans les bandes g1 et g2 entre les 2 apparitions très espacées du maximum dans f2 et g3.
Tandisque les théories nous enseignent, que le critérium de l'évolution consiste dans un progres continu et persistant suivant une même direction, Phacops fecundus, au lieu de nous montrer les traces de ce progrès, présente des oscillations en sens opposé et en contradiction avec les influences du temps et du milieu ambiant.
En d'autres termes, dans Phacops fecundus, les variations de taille ne correspondent, ni aux périodes successives de son existence, ni à la nature des milieux, à travers lesquels il s’est propagé.
128 Variations observées parmi les
Cette espèce, malgré les contrastes apparents qu’elle présente avec Acidaspis Buchi, concourt donc avec celle-ci à nous démontrer, que les Trilobites de la Bohême, qui ont joui de l'existence la plus prolongée, ont également échappé aux variations successives et lentes, admises par les théories, comme source inévitable de nouvelles espèces.
3. Dalmanites socialis Barr. Vol. L.. PI. 26, est sous divers rapports, l’une des espèces les plus caractéristiques de notre faune seconde. À ce titre, elle mérite notre attention. Apprécions les facteurs de son développement.
a. Dalm. socialis apparaît soudainement dans la bande d2. Il se propage verticalement à travers les bandes d3—d4, en conservant tous ses caractères. Sa présence dans ces 2 bandes est constatée dans notre Vol. L, p. 296. Mais par erreur, elle n’est pas indiquée sur notre tableau de la distribution verticale, dans le Supplément à notre Vol. [, p. 283.
Nous allons mentionner 2 variétés de ce type, dont l’une coexiste dans les bandes d3—d4 et dont l’autre n'apparaît que dans d5, après l’extinction du type socalns.
Ainsi, l’extension verticale de la forme typique et de ses 2 variétés embrasse les 4 bandes, 42—d43—d4—d4 5.
b. La diffusion horizontale de la forme primitive, sociales, s'étend à toutes les localités de notre bande d2 et à plusieurs de celles des bandes d3—d4, mais non à toutes.
La war. proaeva est également très répandue sur la surface de 43 et d4.
La var. grandis n’est connue que dans 2 localités de la bande d 5.
Nous rappelons, que la présence de Dalman. socialis en France a été constatée dans notre Vol. I., p.554, d’après des spécimens découverts en Bretagne par M. Marie Rouault. Depuis lors, MM. de Tromelin et Lebesconte ont signalé l’existence, dans la même contrée, de la Var. proaeva et d'une autre variété, qu'ils nomment Armoricana. (Nantes, 1875.)
e. La fréquence des fragments du type socialis est extrêmement grande dans la bande 42, mais les spécimens entiers sont
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 129
relativement rares. Il en est de même de la variété proueva dans
La var. grandis n'est représentée que par de rares exemplaires. la plupart fragmentaires.
d. Nous avons indiqué la contemporanéité de la Var. proueva avec la forme primitive et, au contraire, lapparition de Var. grandis, - après l'extinction du type.
Dans ce fait, nous rencontrons une combinaison, qui n’a été observée que dans un seul cas relatif à Pent. incipiens et Pent. . procerulus, parmi nos Brachiopodes. Ce cas a été discuté ci-dessus
Les différences principales entre le type socialis et la var. proaeva consistent dans la réduction des pointes génales et la dis- - parition de la fossette au milieu du lobe frontal. Le nombre des lentilles oculaires est aussi diminué.
Au contraire, dans la var. grandis, nous retrouvons les pointes .génales et la fossette, comme dans le type socialis. Le nombre des lentilles oculaires revient aussi entre les limites observées dans la forme typique. Il en résulte, que cette variété ne se distingue réellement que par une taille plus grande. C’est la même différence, que nous venons d'observer entre les var. major et communs dans Phacops fecundus.
Nous devons faire remarquer, que la taille des 3 formes so- “sialis, proacva, grandis, va en augmentant. Elle offre donc lappa- … rence d'un progrès continu dans une même direction. Mais, si l’on
considère la réapparition de tous les autres caractères typiques dans “la Var. grandis, ce progrès est d’une faible importance. Il ne suffrait pas à lui seul pour démontrer l'influence des âges géologiques, “surtout si l’on compare cette espèce à Phacops fecundus, qui nous montre que la taille des variétés est indépendante de la progression des âges.
Æ,. Trinucleus Goldfussi Barr., Vol. L., PI. 30—35. Les facteurs du développement de cette espèce sont les suivants:
a. Ce Trilobite apparaît dans les quartzites de notre bande d 2 et il se propage verticalement, sans intermittence sensible, à travers les bandes d 3—d4—d 5.
b. La diffusion horizontale la plus remarquable de cette espèce correspond à sa première apparition dans la bande d2. En effet, nous trouvons ses traces, avec celles de Dalm. socialis, dans toutes les localités fossilifères de cet horizon. Il paraît beaucoup moins répandu sur la surface des bandes d 3—d 4—d 5.
e. La fréquence des individus de cette espèce se montre au maximum, dès sa première apparition dans la bande d2. Ses représentants sont relativement rares dans les bandes d3—d4. Mais ils reparaissent avec une nouvelle fréquence dans la localité de Gross-Kuchel, sur l’horizon de la bande d 5, au-dessus de la Colonie Krejëi. La plupart sont fragmentaires. Leur taille est notablement moindre que celle des spécimens de la bande d2. Ce fait contraste avec celui que nous venons de constater au sujet de Dalm. socialis, dont la Var. grandis se distingue par une plus grande taille dans d 5. Il nous semblerait peu convenable d'attribuer également à l'influence des âges géologiques ces deux modifications en sens contraire.
d. Malgré le nombre considérable d'exemplaires de cette espèce, qui ont passé sous nos yeux, nous n'avons jamais observé dans ses caractères aucune modification, qui puisse indiquer une variante ou une variété, si ce n’est celle de la taille, que nous venons de mentionner. Mais elle n’est pas assez prononcée pour mériter un nom distinctif.
Aïnsi, ce Trilobite nous fournit un exemple remarquable d’une longue existence, d’une grande fréquence et en même temps de l'absence de toute grave variation dans ses apparences. Sous ce rapport, il se rapproche de Acid. Buchi, qui à coexisté dans les 4 mêmes bandes, mais qui avait apparu dans la bande d1.
Nous rappelons que la seule espèce congénère, qui a précédé immédiatement Trèn. Goldfussi, dans notre bassin, à apparu dans la bande d1 et a disparu après une existence relativement très limitée. C’est Trin. Reussi Barr., Vol. I. Suppl p. 47, PI 5: offre le plus grand contraste par son limbe rudimentaire et sa glabelle conique, surmontée d’une longue pointe, simulant un paratonnerre.
Si un tel contraste entre 2 formes consécutives, pouvait être attribué aux influences des circonstances locales et des âges géologiques, comment expliquer la constance des apparences de Tri. Goldfussi durant le dépôt des bandes d 2—d 3—d4—d5, composées de roches différentes ?
Brachiopodes siluriens de la Bohème. 131
&. Arethusina Konincki Barr. Vol. L., p. 495, PL 18. Cette petite espèce joue un rôle important vers l’origine de notre faune troisieme. Les facteurs de son développement sont les suivants:
a. Ce Trilobite est l’un des 4 de la faune III, qui ont fait leur première apparition dans la colonie Zippe, enclivée dans la bande d4 et qui ont ensuite reparu dans notre faune troisième.
Après une intermittence assez longue, mesurée par une partie considérable de la bande d4 et par toute la puissance de Ja bande do, Arethus. Konincki xeparaît dans notre bande e1 et elle se propage dans la bande e2, Mais, elle disparaît de notre bassin, sans atteindre la limite supérieure de cette bande.
b. Sa diffusion horizontale n’est pas générale dans la bande el. Cependant, nous trouvons ses traces dans diverses localités. Au contraire, dans la bande e2, Areth. Konincki est répandue sur toute la surface. Nous avons cité 9 localités principales dans notre description, Vol. L, 1852. Par oubli, (p. 497), nous n’avons pas nommé celle qui est la plus riche, pres de Lodenitz.
e. Cette dernière localité, mentionnée dans lexplication des figures de la PI. 18, Vol. L., nous à fourni à elle seule, pour notre collection, plus de 6,000 exemplaires recueillis dans le but de reconnaître les 22 degrés de la métamorphose. Ce fait suffit pour faire apprécier la fécondité de cette espece.
d. Parmi tous les individus, qui ont passé sous nos yeux, nous n'avons reconnu d’autre variation que celle de la forme longue et de la forme large, indices vraisemblables du sexe.
Ainsi, Arethus, Konincki nous présente un exemple remarquable de la constance de ses apparences, malgré la fréquence de ses innombrables individus.
G. Zllaenus Panderi Barr, Vol. L., p. 682, PI. 30—35. Cette espèce pourrait être considérée comme l’une des formes les plus simples du genre ZUaenus et par conséquent les plus propres aux variations. Les facteurs de son développement sont les suivants:
a. ZI. Panderi fait sa premiere apparition dans notre bande d2 et il se propage ensuite à travers les bandes 4 3—d4— 45, Sans lacune apparente. La durée de son existence est donc très considérable. Elle n’est inférieure qu'à celle de Acidasp. Buchi, ci-dessus p. 121.
Je
132 Variations observées parmi les
b. Sa diffusion horizontale est presque uniforme sur la surface des 4 dépôts successifs, car nous trouvons ses traces dans toutes les localités principales.
e. Ces traces consistent le plus souvent dans des fragments, têtes et pygidiums, qui sont assez abondants. Les spécimens entiers sont relativement rares.
d. Malgré la fréquence des restes de ce Trilobite, nous n'avons observé parmi eux aucune autre variation que celle de la forme longue et de la forme large, également figurées sur nos planches.
Cet exemple de constance confirme les précédents, mais il n’est pas comparable à celui de Arethusina Konincki, à cause de la grande différence dans la fréquence de ces 2 Trilobites.
Résumé et conclusions de ce parallèle entre les Brachiopodes et les Trilobites.
Après avoir exposé des séries parallèles d'exemples, représentant le développement minimum — moyen — maximum des espèces, parmi les Brachiopodes et les Trilobites, nous appelons lattention sur les concordances et les discordances principales, révélées par ces comparaisons.
Malgré la distance qui sépare les animaux des deux classes en parallèle, sous le rapport de leur organisation, nous reconnaissons que le développement de leurs types spécifiques nous offre beaucoup plus d’harmonies que de contrastes.
1. Parmi les Brachiopodes, comme parmi les Trilobites, les espèces qui apparaissent sur un même horizon, dans notre bassin exigu et dans des circonstances identiques, se développent cependant dune manière très diverse et elles manifestent des forces très inéoales de vitalité.
Cette inégalité et cette diversité ne peuvent s'expliquer d’une maniere satisfaisante par l'influence des circonstances matérielles, puisqu'elles sont identiques. I faut done les attribuer à une cause indépendante du temps et du milieu ambiant.
2. Une seconde harmonie encore plus frappante entre les Brachiopodes et les Trilobites consiste dans la manifestation soudaine
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 133
et simultanée, dans chacune des faunes partielles et successives de notre bassin, d’un grand nombre d'espèces, qui possèdent, dès leur première apparition, la plénitude de leurs caractères distinctifs.
Nous rappelons, que la même observation à été faite au sujet de nos Céphalopodes et elle se reproduira pour les espèces de chacune des classes de nos fossiles, qui restent à publier.
La même plénitude des caracteres spécifiques, dès la première apparition des types, est constatée dans toutes les contrées fossilifères et dans toutes leurs faunes distinctes. Elle constitue donc un phénomène général, aussi merveilleux qu'inexplicable par les théories.
Sous le rapport de leurs variations, les espèces des Brachiopodes et des Trilobites nous présentent à la fois une harmonie et un contraste.
3. Le contraste consiste, en ce que les Brachiopodes offrent beaucoup plus de variantes et de variétés contemporaines que les Trilobites.
En effet, dans un tableau succinct, ci-dessus p. 70, nous avons indiqué les espèces de nos Brachiopodes, qui sont accompagnées de variantes ou de variétés contemporaines. Elles sont au nombre d’environ 109. Elles représentent donc, parmi les 640 formes nommées. la proportion de 125 = 0.17.
Pour nos Trilobites, nous n'avons pas eu l’occasion de dresser un tableau semblable. Mais, nous avons signalé les principales espèces, qui présentent des variations, dans notre Défense des Colonies, IV., p. 145.
Elles sont au nombre de 10, auxquelles nous ajoutons Acid. Prévosti, oubliée dans cette revue, mais que nous venons de rappeler dans la notice qui précède, p. 114.
Ces 11 espèces de Trilobites représentent la proportion ,!,5, =0.03 du nombre des 350 espèces distinctes, énumérées dans notre tableau numérique, résumé, Vol. [, Supplt p. 289.
Ces chiffres nous montrent clairement, que la faculté de variation est beaucoup moins puissante parmi les Trilobites que parmi les Brachiopodes, suivant le rapport approximatif de 3 à 17.
Ce résultat de nos comparaisons confirme la confiance habituellement accordée aux Trilobites, pour la détermination des âges
13 Variations observées parmi les
géologiques et la comparaison des faunes. La valeur des Brachiopodes, sous ce rapport, se trouve au contraire, relativement infirmée.
4. Malgré ce contraste, les variations nous fournissent une nouvelle et très importante harmonie entre les Brachiopodes et les Trilobites.
Cette harmonie se manifeste en ce que, dans les uns et les autres, les exemples de variétés successives ou postérieures au type correspondant, sont réduits en Bohême, à un nombre si exigu, qu'on ne peut les considérer que comme des exceptions.
D'abord, parmi nos Brachiopodes, l’exemple le plus vraisemblable de cette nature est celui qui consiste dans la série des 3 espèces de Pentamères, dont les noms suivent. Elles sont rangées suivant leur ordre vertical d'apparition.
3. Pentam. acuto-lobatus Sandb., dévon. moyen — Nassau, Eifel. 2. Pent. procerulus Barr. silur, f2 — Bohême. 1. Pent. incipiens Barc Silur: e2 — Bohême.
Nous avons discuté ci-dessus p. 97 les documents relatifs à cette série, en indiquant jusqu'à quel point elle est établie par les faits connus.
Parmi les Trilobites, nous venons d’exposer 2 exemples des variations successives, postérieures au type.
L'un est relatif à Phacops fecundus Barr. dans: e2—f2— g1—g2—23, ci-dessus p. 122.
L'autre est fourni par Dalmanites socialis Barr. dans: d2— d5—d4—d5, ci-dessus p. 128.
Pour Phacops fecundus, les variations ne se manifestent que dans la taille des individus. Mais, au lieu d’un progrès continu suivant les âges, elles montrent une irrégularité chronologique très prononcée.
Pour Dalmanites socialis, les variations se présentent d’abord dans plusieurs caractères accessoires de la première variété, proacva, contemporaine du type, dans 43—d4. Mais, dans la seconde variété grandis, qui apparaît seule dans d5, nous retrouvons les apparences primitives du type socialis. Il ne reste qu'une différence dans la tulle de quelques individus.
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 135
Ainsi, parmi les Trilobites, la seule modification persistante, dans les variétés successives, se réduit à celle des dimensions. Elle est done minime et de peu de valeur, puisque nous voyons fréquemment une variation semblable se manifester parmi les individus contemporains d’un même type spécifique.
En somme, l'étude qui précède, constate une remarquable harmonie dans le développement des types spécifiques, qui représentent les Brachiopodes et les Trilobites dans notre bassin.
En nous bornant à considérer les espèces de la Bohême, dans ce parallèle, nous avons voulu nous maintenir entre les limites de la sécurité, que nous sommes en droit d’invoquer, par suite de nos observations sur des matériaux très étendus et généralement très bien conservés.
Nous sommes loin de prétendre, qu'il n'existe pas, dans les faunes dévoniennes, des formes de Brachiopodes et de Trilobites, qui pourraient être rattachées idéalement aux formes typiques antérieures de nos faunes siluriennes, comme Pentamerus acuto-lobatus, que nous venons de citer.
Ces cas, presque aussi rares que ceux de la propagation verticale des espèces identiques, à travers les faunes siluriennes et dévoniennes, sont des exceptions, qui ne peuvent présenter aucune base solide aux théories générales de la filiation et de la transformation successive. En effet, ils peuvent tous être attribués à la même cause, qui à fait naître les variétés contemporaines des types, sans aucune intervention de l'influence des circonstances locales et des âges géologiques.
VE. Résumé du Chap. I.
Ce chapitre est consacré à l'étude des variations, que présentent les Brachiopodes dans le bassin silurien de la Bohême. Parcourons les subdivisions de cette étude.
I. Sans discuter les définitions de l'espèce, nous définissons ce que nous entendons par variété.
Nous proposons le terme de variante, destiné à indiquer les formes intermédiaires entre le type spécifique et les variétés distin-
136 Variations observées parmi les
ctes. Ces formes sont quelquefois très nombreuses dans une même espece.
Nous établissons ensuite 2 sections parmi nos Brachiopodes, sous le rapport de leurs variations.
lére Section. Variations qui ne troublent ni la régularité, ni la symétrie de la coquille.
2ème Section. Variations qui troublent la régularité et la symétrie de la coquille.
Dans la première section, nous distinguons 4 catégories que nous allons indiquer et pour chacune desquelles nous citons des exemples, choisis parmi les espèces figurées sur nos planches.
Dans la seconde section, nous établissons 2 catégories, suivant que lirrégularité se manifeste, soit dans quelques individus seulement, soit dans tous les représentants d’une même espèce.
ET. La seconde subdivision se compose d’une série de notices spéciales, sur les espèces choisies comme exemples des variations. parmi nos Brachiopodes. Ces notices sont disposées suivant l’ordre indiqué dans chacune des 6 Catégories établies, savoir :
| 1° Catégorie: Espèces sans variante et sans
variété.
RUE , Espèces avec rares variantes et Section I. sans variété.
ai à Espèces avec diverses variantes, | sans variété.
| 4ème 5 Espèces avec variantes et variétés.
| père . Espèces dont quelques individus
RAT sont irréguliers.
ection II. à “ris (He Espèces dont tous les individus
adultes sont irréguliers.
Nous ferons observer, que les espèces auxquelles nous avons consacré ces notices, sont toutes remarquables par leurs apparences et par le rôle qu’elles jouent dans les faunes successives de notre bassin. Comme plusieurs de ces notices sont relativement très étendues, il eût été impossible de décrire de la même maniere les
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 137
variations des autres espèces très nombreuses, qui méritent aussi l'attention.
III. Nous nous sommes donc borné à présenter, dans la 3°" subdivision, un tableau nominatif, signalant parmi nos Brachiopodes les espèces les plus intéressantes par leurs variations. Des colonnes spéciales indiquent les planches, sur lesquelles ces espèces sont figurées et les horizons sur lesquels elles se trouvent.
Dans la colonne des observations, nous mentionnons sommairement la nature des variations, dans chacune de ces espèces. Ce tableau servira de guide aux savants, qui voudront se rendre compte des variations, reconnues dans plus de 100 espèces de notre bassin.
LV. Tout en considérant comme superflu de rechercher la cause des variations parmi les Brachiopodes, nous avons du moins voulu essayer de reconnaître les circonstances, qui, au premier coup d'oeil, semblent être en relation avec les modifications des apparences dans les types spécifiques.
Dans ce but, nous avons étudié d’abord linfluence du nombre des individus d’une même espèce, coexistants sur un même horizon et sur une surface restreinte.
Ensuite, nous avons cherché à découvrir l'influence de la durée d’un même type spécifique, à travers une série de faunes successives et distinctes.
Malheureusement, ces deux études ne nous ont conduit qu'à des résultats négatifs.
La premiere nous à démontré, que la fréquence des individus, c. à d. la fécondité d’un type spécifique, ne constitue, ni une cause efficiente, ni même constamment une circonstance concomitante de Papparition des variétés parmi nos Brachiopodes.
La seconde recherche nous a donné lieu de reconnaitre, que la longévité des espèces, dans notre bassin, n’est accompagnée que par de faibles variations, dont l'intensité ne dépasse pas celle des variantes contemporaines et ne pourrait pas servir à établir des variétés distinctes, successives et constantes.
V. Après avoir fait connaître, d’une manière suffisante, la fréquence et l'étendue des variations parmi nos Brachiopodes de
138 Variations observées parmi les
-Bohême, nous avons représenté dans un diagramme toutes les relations chronologiques, qui peuvent exister, en général, entre un type spécifique et ses variétés.
Dans ce diagramme, nous avons groupé les espèces en 2 sections, savoir :
1e Section, renfermant les variétés entierement ou partiellement contemporaines du type.
2ème Kection, réunissant les variétés postérieures au type et nommées mutations par M. le Doct. Waagen.
La première section est subdivisée en 2 catégories, suivant que les variétés apparaissent avec le type ou bien un peu plus tard, mais pendant la durée de son existence.
La seconde section n'étant représentée en Bohême que par des cas très rares, nous n'avons pas cherché à établir des catégories entre les espèces qu'elle peut renfermer, soit dans d’autres faunes, soit dans d’autres contrées.
Après avoir exposé cette classification générale des variétés, nous en avons fait l'application particulière aux Brachiopodes siluriens de la Bohême. A cette occasion, nous avons constaté les faits qui suivent et qui se recommandent par leur haute importance.
1. Toutes les espèces, variantes et variétés de nos Brachiopodes apparaissent en Bohéme avec la plénitude de leurs caractères distinctifs.
2. Sauf de très rares exceptions, toutes les variantes et variétés de nos types spécifiques ont été contemporaines des espèces, auxquelles nous les associons.
Nous allons mentionner un cas apparent de variétés successives et postérieures au type primitif.
3. Les différences, qui se manifestent entre les types spécifiques et leurs variétés contemporaines, ne sont pas moins intenses que celles qu'on nous indique entre certains types et leurs variétés successives, ou postérieures.
Le cas douteux annoncé est relatif à Pentam. incipiens de notre bande e2, à Pentam. procerulus de notre bande f2 et à Pent. acutolobatus Sandb. des Contrées rhénanes. La série de ces formes semblerait constituer, parmi nos Brachiopodes, lune des rares ex-
re
Brachiopodes siluriens de la Bohême. 139 ceptions à la contemporanéité générale des variétés avec leurs types spécifiques. Ce cas est discuté sur la p. 97 ci-dessus.
Abstraction faite de cette exception, et peut-être de quelques autres encore moins sûrement établies, les conclusions qui dérivent
- des 3 faits principaux, que nous venons d'exposer, sont les suivantes :
1. Puisque toutes, ou presque toutes les variantes et variétés de nos Brachiopodes ont été contemporaines de leurs types respectifs.
- il serait irrationnel d'attribuer leur apparition à l'influence des âges
géologiques.