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IV. — DISCUSSION DE CES TRAVAUX

M. Mollard' se range pleinement aux conclusions de Tawara relativement à l'existence de filets nerveux au niveau du faisceau. Beth, en 1905, avait déjà démontré grâce à la méthode du bleu de méthylène la présence d'un fin réseau nerveux semé de cellules ganglionnaires entourant les fibres musculaires cardiaques. C’est là un fait histologique démontré actuellement et sur lequel de l'avis, de tous les histologistes, 1l n'ya aujourd'hui à revenir que pour en donner une description plus complète.

Il ne faut d’ailleurs pas accepter sans réserve lesconclusions de travaux histologiques déjà anciens, accomplis à une époque où la technique histologique ainsi que les méthodes de coloration étaient loin de l’exactitude qu’elles ont acquises de nos jours. C’est ainsi que les conclusions de Gaskell émises en 1883 et tendant à prouver l'existence dans le cœur de la tortue et de la grenouille, d’un faisceau musculaire de connexion entre l'oreillette et le ventricule ont été infirmées par J. Dogiel dans un travail paru en 1907 : Chez la grenouille

{ Loc, cit,

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comme chez la tortue, les muscles des oreillettes et du seplum n'ont aucune connexion directe nt avec le ventricule ni avec le bulbe aortique. Il n'y à pas entre ces diverses parties de ponts musculaires. Entre les oreillettes et le ventricule existe une zone intermédiaire dans laquelle on ne trouve ni fibres musculaires strices, ni fibres musculaires lisses. Les relations entre les oreillettes et le ventricule sont assurées par des troncules nerveux !.»

On voit par là que, pour tout ce qui touche à cette question, si grosse de conséquence, des relations anatomiques entre l'oreillette et le ventricule, bien des conclusions ont été prématurément émises. Nous ne pouvons mieux résumer l'état actuel de la question qu'en citant les conclusions auxquelles est arrivé M. Mollard? : «Nous conclurons nettement, dit-il, que la fhéorie myogène n'est pas soulenable au point de vue anatomique, et qu'il faut en finir une fois pour toutes avec les erreurs histologiques qu'on voit encore invoquées à l'heure actuelle en sa faveur par quelques physiologistes. »

« Nous avons montré que le cœur des Invertébrés est pourvu d'un appareil nerveux tout à fait comparable à celui des Vertébrés, que la pointe du cœur de la grenouille possède un plexus et même probablement un réseau nerveux d'une extraordinaire richesse, qu’on trouve des cellules ganglionnaires jusque dans la région dela pointe chez un grand nombre de Vertébrés. Tous

ces faits sont certains. »

1 J, Mollard, loc. cit. p. 185.

2 Loc. ctt., p: 290.

PCR

Quant à l’argument embryologique invoqué par les myogénistes 1l n’est pas irréfutable

On sait que le cœur du poulet bat dès la trentesixième heure, alors qu’on n'y découvre d'élémentnerveux avec certitude que le sixième jour, les myogé- nistes insistent beaucoup sur ce fait pour étayer leur théorie. Mais comme le fait remarquer Eckhard t, le cœur ne possède alors non seulement aucune fibre nerveuse, mais aucune fibre musculaire histologiquement différenciée. « Il faut donc tenir pour possible que sur cette substance primitive contractile le système nerveux puisse déjà agir à une époque où nous ne le voyons pas encore sous la forme de cellules et de fibres nerveuses. » Comme d’autre part le développement des nerfs périphériques n’a pas encore reçu d'explication définitive « on n’est pas autorisé à conclure fermement au défaut absolu de rapport entre l’ébauche cardiaque des premiers jours de l’incubation etune représentation quelconque du système périphérique ».

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