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EXPÉRIENCES ANCIENNES (THÉORIE NEUROGÈNE

Nousn’avons pas l'intention de relater les nombreuses expériences qui avant la découverte des connexions musculaires interauriculo-ventriculaires avaient permis de considérer l'appareil nerveux extra-cardiaque comme le régulateur de l’activité cardiaque. Ces expériences gardent toute leur valeur. Ce qui intéresse maintenant dans l’action du système nerveux sur le cœur, ce n’est pas l'influence indiscutée du système nerveux extra-cardiaque, c’est le rôle joué dans la transmission de l’excitation à travers le muscle cardiaque par les filets nerveux intra-cardiaques, Ce cont

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les expériences se rapportant à la transmission intracardiaque de l’influx nerveux que nous avons l’intention de relater.

a) Expériences de Stannius. — Les fameuses expériences de Stannius qui datent de 1852 ont pendant longtemps servi la cause des neurogénistes. Nous tenons à les citer quoiqu’elles n'aient plus actuellement grande valeur :

EXPÉRIENCE n° 6. — Une ligature, placée exactement au point où le sinus veineux débouche dans l'oreillette, arrête le cœur en diastole, le sinus et les veines continuant leurs contractions rythmiques.

EXPÉRIENCE n° 10. — Si, le cœur étant arrêté par la ligature n° 6, on applique une seconde ligature à la limite du ventricule et des oreillettes, celles-ci restent immobiles, mais le ventricule reprend ses contractions.

Ces effets étaient attribués à l'excitation des ganglions par la ligature, et ainsi les uns devenaient inhibiteurs, les autres excitateurs. Les myogénistes n’ont pas eu beaucoup de peine à dénier à ces expériences grossières une valeur réelle ; ils ont montré qu’une excitation de la cloison en dehors de ces ganglions avait le même effet, tandis qu'au contraire la piqûre des ganglions eux-mêmes restait sans résultat. His et Gaskell considèrent même les ganglions, dits de Ludwig et de Remak, comme appartenant au système sympathique et leur refusent toute influence motrice. Puisque l’histologie nous a appris que, en dehors de ces ganglions

Te nettement individualisés, il en est d’autres plus petits appartenant à un système très riche de fibrilles nerveuses que rien n'autorise à considérer comme indépendantes du système vague, la réfutation des myogénistes perd elle aussi toute valeur. Il nous faut des expériences plus précises.

b) Expériences de Chauveau et d’Arloing. — L'influence du pneumogastrique sur la coordination des contractions auriculaires et ventriculaires est connue depuislongtemps. M. le prefesseur Chauveau en 18851, M. le professeur S. Arloing en 1894 ont montré que l'excitation du pneumogastrique chez l'animal diminue la fréquence des ventricules bien davantage que la fréquence des oreillettes. S. Arloing en a donné la preuve en électrisant le pneumogastrique au moyen de courants faradiques, et en réalisant des courbes cardiographiques qui donnent à son expérience une valeur égale à celle des expériences les plus récentes : « la dissociation fonctionnelle de l'oreillette et du ventricule correspondant est assez commune, elle s'obtient expérimentalement par l'excitation du bout périphérique du X.

« Certaines excitations produisent un ralentissement plus marqué de l'oreillette que du ventricule; de temps en temps il en résulte qu’une ou deux systoles auriculaires ne sont pas suivies de systoles ventriculaires (suit l'explication de la courbe qui accompagneletexte). La résistance de l’oreillette à la mort, plus grande que celle du ventricule, se manifeste donc aussi pendant la

1 Pour les expériences de Chauveau voir la deuxième partie chapitre premier : B, 4 Dissociation auriculo-ventriculaire.

dite vie, par une énergique résistance aux influences suspensives, »

c) François Franck, Hay et Adami, Bayliss et Starling (Journ. of Physiol., 1892 vol. XIII p. 407) ont observé que, dans certaines conditions, les fibres accélératrices exercent directement leur action de renforcement sur les ventricules du cœur des mammifères. « Il n’est pas difficile de comprendre que normalement l’action accélératrice n'agisse pas en apparence directement sur les ventricules puisque l’automatisme du cœur auriculaire est plus grand que l’automatisme du cœur ventriculaire et commande par suite le rythme de celui- ci. »

d) R. Hunt et W. Harrington étudient en 1897 l'influence de l'accélérateur et de l'inhibiteur sur les diverses parties du cœur et trouvent que, chez le veau, l'excitation du pneumogastrique diminue la fréquence des ventricules bien davantage que la fréquence des oreillettes.

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