‹ Bradycardies et Faisceaux de HisChapitre 16 sur 77 · EXPÉRIENCES DES MYOGÉNISTES (HERING · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES DES MYOGÉNISTES (HERING

De la première série d'expériences relatées plus haut (expériences de section du faisceau neuro-musculaire), Hering tire déjà des conclusions favorables à la théorie myogène :

« Mes expériences, dit-il, ne sont pas confirmatives d’une propagation nerveuse, car si l'oreillette droite se trouve isolée par la section du faisceau, elle n’en reste pas moins en union anatomique avec le ventricule droit au niveau du sillon auriculo-ventriculaire qui n’a pas été lésé ; or bien que l'oreillette et le ventricule soient

unis l’un à l’autre par de nombreux filets nerveux, il n'existe plus entre eux après la section du faisceau aucune relation fonctionnelle. »

Cet argument est sans portée, car il est généralement admis par les auteurs que la transmission de la contraction de l'oreillette au ventricule ne se fait pas par voie externe, mais bien par voie interne intracardiaque. Hering, d’ailleurs ne s’y arrête pas, et il ajoute pour prévenir cette objection : « Les partisans de la théorie neurogène auront à prouver qu'il existe au niveau du faisceau auriculo-ventriculaire un réseau nerveux sans relations avec les nombreux filets nerveux qui vont de l'oreillette au ventricule, en dehors de la cloison de séparation. Tant que cette preuve ne sera pas fournie, les partisans de la théorie myogène n'auront aucun molif sérieux d'abandonner leur opinion ».

. Relativement à l'influence des nerfs du cœur sur le blocage, Hering a entrepris une double série de recherches :

Il a d’abord cherché à établir quelle était l'influence du système nerveux extra-cardiaque sur les ventricules battant automatiquement.

Et ensuite quelle était l'influence transmise par les fibres nerveuses du faisceau de His aux ventricules battant normalement.

a) Influence des filets nerveux ventriculaires sur les ventricules battant automatiquement.

Les cœurs sont préparés commedans les expériences citées plus haut : les ventricules sont rendus indépen-

dants des oreillettes par section du faisceau d'union au niveau du septum. Les ventricules battent ainsi automatiquement, pour s’en assurer Hering détermine à leur niveau des extrasystoles artificielles, ces extrasystoles ne sont pas suivies de pause compensatrice, l’automatisme ventriculaire est donc bien réel (voir ci-dessus : automatisme ventriculaire). Sur de tels cœurs en état de blocage complet Hering étudie l’action des fibres accélératrices et l’action du vague; voici ses

résultats :

1° Action des fibres accélératrices sur le cœur bloqué. — « L’excitation des fibres accélératrices augmente le nombre des contractions des ventricules battant automatiquement. »

2° Action du vague sur le cœur bloqué. — « L'effet inhibiteur du vague se produit comme l'effet renforçateur des fibres accélératrices par influence directe des nerfs sur les ventricules battant automatiquement ; mais le double effet des vagues, affaiblissement et ralentissement, est beaucoup moins prononcé que le double effet opposé des fibres accélératrices. »

Conclusion par Héring de cette première série d'expériences. — « Quand la connexion musculaire interauriculo-ventriculaire a été détruite, les nerfs du cœur peuvent agir sur les contractions ventriculaires automatiques pour les accélérer ou les ralentir, tout comme dansle cas où existe la connexion et, avec elle, la propagation de l’excitation. »

or

Telle est l’action des filets nerveux extracardiaques abordant le ventricule par voie externe, les seuls qui aient été respectés dans ces expériences.

Dans une autre expérience, Hering sectionne au contraire ces filets périphériques en ne conservant que les filets nerveux intracardiaques du faisceau de His. Voici cette expérience textuellement rapportée :

b) Influences nerveuses transmises aux ventritricules battant normalement par les fibres nerveuses du faisceau de His.

« Dans une expérience du 30 mars 1905, j'ai préparé un cœur de chien, en ne lui laissant de relations nerveuses que celles qui lui viennent par l'oreillette. Pour cela, j'ai sectionné complètement tous les filets nerveux de la région des gros vaisseaux. Le cœur n’est plus relié au reste du corps que par l'oreillette droite, laquelle est elle-même isolée du ventricule par une section circulaire au niveau du sillon interauriculoventriculaire, mais le septum interauriculaire est laissé intact, et aussi par conséquent le faisceau d'union. Dans cette expérience, l’action des nerfs du cœur extra-cardiaques ne pourra agir que sur l'oreillette droite, elle ne pourra se transmettre aux ventricules que par les relations septales neuro-musculaires, puisque seul le septum relie encore l'oreillette droite aux ventricules, le pourtour auriculo-ventriculaire ayant été sectionné, et avec lui les fibres accélératrices se rendant directement aux ventricules.

« Sur un cœur ainsi préparé et arüficiellementirrigué,

la succession entre les contractions auriculaire et ventriculaire se fera normalement, le rythme ventriculaire sera commandé par le rythme de l'oreillette. Si alors on vient à exciter l'accélérateur, on verra se produire une accélération et un renforcement des contractions de l’oreillette droite, et une accélération aussi des contractions ventriculaires commandée par l'oreillette; mais il n'y aura pas, el c'est là le point capital de renforcement des contractions ventriculaire qui en raison de leur plus grande fréquence diminueront au contraire d'amplitude.

« Le phénomène inverse se retrouve pour ce qui touche à l’action inhibitrice du vague ».

Ces expériences sont accompagnées d’un tracé cardiographique qui rend ces résultats indiscutables.

De ce fait on peut conclure :

Les modifications dans la force des contractions auriculaires du cœur des mammifères ne produisent aucune modification correspondante dans la force des contractons ventriculaires.

Et plus généralement :

Les modifications dans la force de contraction d’une portion du cœur des mammifères ne sont pas provoquées par propagalion, mais par action directe sur la portion du cœur concerné.

S1 nous avons insisté longuement sur cette dernière expérience, c'est qu'elle acquiert pour les myogénistes une importance capitale. Elle leur permet des déductions qui détruisent tout ce qu'avaient de favorable

Te pour la théorie neurogène, les expériences précédentes. Ces déductions sont exposées longuement par Hering comme conclusion de sa publication. Nous voulons les relater brièvement en montrant qu’elles ne sont pas à l'abri de toute critique :

« Aux partisans du réseau nerveux intramusculaire, on peut répondre que ce réseau, si tant est qu'il existe, n'a aucune relation anatomique ni physiologique avec la continuation intracardiaque des nerfs du cœur extracardiaques centrifuges.

« En effet :

« Les modifications dans la force des contractions d’une portion du cœur ne peuvent pas se produire par propagation, mais seulement par action directe, immédiate. x

« S'il se produisait dans le cœur une propagation nerveuse, elle ne pourrait servir qu’à communiquer des modifications de fréquence dans les contractions des différentes parties du cœur.

« Oril a été démontré que ces modifications de fréquence peuvent se produire au niveau des ventricules, après section de la connexion musculaire interauriculoventriculaire, par action immédiate des nerfs du cœur extracardiaques sur la portion du cœur considérée. 1! n'y a donc pas lieu d'admettre une propagation nerveuse intracardiaque pour cette action modificatrice de la fréquence, puisqu'elle peut s'effectuer aussi bien par action extracardiaque immédiate ; quant aux modifications de fréquence produites médiatement, comme on les observe dans la dernière expérience, elles peuvent étre expliquées par propagation musculaire »,

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