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A. BRADYCARDIES RAPPPORTÉES A DES LÉSIONS DU MUSCLE CARDIAQUE

4° Gas d'Adams. — Robert Adams de Dublin publia en 1827 dans les Dublin hospital Reports un mémoire dont une observation est comme le dira Stokes en 1895 « la clef de nos connaissances sur ce sujet» :

Osservarion | (Adams).

Un officier de douanes, âgé de soixante-huit ans et vigoureusement constitué, éprouvait depuis longtemps de la difficulté pour respirer, et une toux continuelle qui le rendait incapable de tout effort musculaire.

En mai 1819, je vis ce gentleman en compagnie de son médecin ordinaire, M. Duggan; le malade relevait alors d’une attaque d’apoplexie, qui était survenue subitement trois jours auparavant. Il était assez bien remis pour sortir et pour se promener, mais il restait de la stupeur, une disposition continuelle au sommeil, et une toux très gênante. Mon attention fut attirée surtout par l'irrégularité de la respiration et la lenteur remarquable du pouls, qui battait en moyenne 30 fois par minute. M. Duggan m'apprit que, depuis sept ans qu’il voyait sans cesse ce malade, il avait observé jusqu'à vingt attaques apoplectiques; un ou deux jours avant chacune d'elles, le malade était pesant, léthargique et perdait la mémoire; puis il tombait à terre dans un état complet d'insensibilité; à cette occasion, il se blessa plusieurs fois. Le pouls devenait, au moment des attaques, plus lent que d'habitude, et la respiration était bruyante et stertoreuse. On le saignait sans perdre de temps et on le purgeait très énergiquement. Comme mesure préservatrice: on avait placé un séton à la nuque, et un régime sévère avait été prescrit. Le malade se remeltait de sès attaques sans qu'il restât de paralysie. L’ædème des pieds et des malléoles commença en décembre. La toux devint plus fréquente, la respiration plus gênée et les facultés intellectuelles s’affaiblirent,

Le 4 novembre 1819,une attaque d’apoplexie l’enleva en deux heures, avant l’arrivée du médecin,

= — L’autopsie faite 56 heures après la mort montra un état graisseux du cœur.

2° Gas de Stockes. — (C'est cet élal graisseux du cœur que Stokes dans son Traité des maladies du cœur publié vers 1850 considère comme la cause des accidents décrits,

Après avoir cité l'observation d'Adams, telle que nous venons de la rapporter, il donne, toujours dans le chapitre intitulé « de la dégénérescence graisseuse du cœur », plusieurs observations personnelles dont quelques-unes ne présentent qu’une ébauche des symptômes qui furent considérés depuis comme caractéristiques, mais parmi lesquelles il en est une, l'observation XXXIIT, qui présente le plus grand intérêt : c'est dans cette observation que pour la première fois nous trouvons signalée la prédominance des pulsalions veineuses sur les pulsalions artérielles.

OBsERvATION II Srokes. — « Attaques pseudo-apoplectiques répétées, sans paralysie consécutive; pouls lent, accompagné d’un murmure valvulaire qui se propage dans l’aorte. » {Traité des maladies du cœur et de l'aorte, observ. XXXII.)

Edmond... âgé de soixante-huit ans, est admis à l'hôpital de Méath, le 9 février 1846.

Il raconte que sa santé avait toujours été bonne, lorsqu'il y a trois ans il fut pris subitement d'une défaillance pendant laquelle il serait tombé si on ne l’eût soutenu. Cet accident se répéta à plusieurs reprises dans la journée, sans qu'il fût suivi de rien de fâcheux. Depuis lors, les mêmes phénomènes se sont renouvelés à des intervalles assez rapprochés, en tout, plus d'une cinquantaine de fois. Il n’y a rien de périodique dans leur invasion, ni de régulier dans leur intensité; ces attaques étant tantôt plus faibles, tantôt plus fortes et plus prolongées. Elles ne sont provoquées par aucune des conditions qui ralentissent et accélèrent les mouvements du cœur, un effort brusque, par exemple

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la distension de l'estomac ou la constipation. Le malade est à peine averti de l'approche d'une attaque; 1] sent, dit-il un poids d'abord dans l'estomac, puis le côté droit du cou, puis dans la tête; là, il fait explosion et disparaît avec un grand bruit ressemblant au tonnerre, en laissant le malade en proie à la stupeur; souvent il y a en même temps une sensation de battements précipités du cœur. Pendant l'attaque, il n'y a ni convulsion, ni écume à la bouche, mais Butler s’est quelquefois mordu la langue. La durée de la syncope dépasse rarement quatre à cinq minutes; souvent elle est encore moins longue, mais pendant toute sa durée l’insensibilité est complète. Jamais ces attaques n’ont été suivies d'accidents ni de rien qui ressemble à de la paralysie. La dernière eut lieu un mois avant l'entrée à l'hôpital. On ne lui a jamais dit qu'il y eût quelque chose de particulier au pouls ni au cœur. Au début, les spiritueux semblent être le médicament le plus propre pour faire cesser la syncope ou pour la prévenir ; depuis quelque temps, on ne les a plus employés. A son entrée, le malade est maigre et hâve, on retrouvecependant en lui les restes d'une belle constitution. Il est toujour#à demi assoupi; mais sitôt qu'on lui parle, il reprend complètement sa vivacité et toute son intelligence.

Butler ne se plaint pas de sa santé générale ; l'appétit est bon, ainsi que le sommeil ; les fonctions digestives et urinaires s’accomplissent régulièrement. Cependant, il y a un peu de toux et d'expectoration muqueuse, L'intelligence est intacte. Le malade éprouve des frissons dans tout le corps ; il prétend n'avoir Jamais chaud, à moins de se placer tout près du feu. Cette particularité existe depuis longtemps déjà; chaque jour, dans l’apres-midi le plus ordinairement, il se produit un frisson suivi de chaleur à la peau, mais sans transpiration.

A la percussion, la poitrine est partout sonore : le murmure respiratoire est fort, et s'accompagne, principalement en arrière, de gros râles muqueux. L'impulsion cardiaque est extrêmement lente, obscure et prolongée; elle donne la sensation d’une contraction faible et lente en même temps. Le premier bruit s'accompagne d’un murmure doux, se prolongeant jusqu’au commencement du second temps qu'on entend très distinctement le long du sternum, et jusque dans les artères carotides. Le second bruit est également modifié quoique plus légèrement et cette altération se perçoit mieux à certains battements qu'à d’autres. Le pouls bat vingt-huit fois à la minute, il est prolongé et lent ; les pulsations artérielles sont visibles dans tout le corps, mais sans bruit anormal,

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Les artères paraissent être dans un état de distension permanente ; les ramifications des temporales sur le crâne apparaissent en relief comme sur un sujet bien injecté. Tous les autres viscères sont dans un état parfait d'intégrité. L'urine n’est ni acide ni alcaline; elle est claire et limpide, d'une densité de 1,010, et ne précipite pas par l’acide nitrique. On prescrit du vin et un liniment en onction sur l'épaule.

17 février. — Le pouls a oscillé entre 28 et 30 pulsations par minute : les murmures cardiaques n'ont pas varié, celui du premier temps s'entend très bien dans la région supérieure du thorax, mais surtout le long de l'aorte.

La santé générale est devenue bien meilleure en apparence depuis le séjour à l'hôpital. Le malade se lève chaque jour et reprend ses forces de plus en plus. L’épaule est presque guérie f. Depuis son entrée à l’hôpital, Butler a eu deux menaces d'attaque, toutes deux pendant le séjour au lit, et toutes deux ont été évitées par la manœuvre suivante. Aussitôt que le malade ressent les premiers symptômes de l'accès, il se retourne rapidement et se place sur ses mains et ses genoux, en tenant sa tête en bas; par ce moyen, il fait souvent cesser un état qui autrement se serait terminé par un accès.

Nous remarquons ce jour-là, en auscultant attentivement le cœur, qu'il y a de temps à autre des demi-battements entre les contractions régulières. Ils sont très faibles, sans impulsion, et correspondent à un phénomène pulsatif analogue au pouls. Le pouls atteint le chiffre de 36 pulsations à la minute, les battements réguliers sont au nombre de 28, ce qui donnait 8 demibattements par minute ; ces phénomènes sont très peu distincts.

18 février. — Le malade se plaint de palpitations et d’un sentiment de malaise dans la région du cœur; l'impulsion est plus forte et se compose de deux pulsations distinctes. Le murmure systolique est un peu plus fort qu'auparavant. En écoutant attentivement, on entend de temps à autre comme des tentatives de contraction qui avortent quatre fois environ par minute. Ces bruits incomplets n’altèrent point les intervalles qui séparent les bruits normaux du cœur. Ils paraissent remplir cet intervalle-là. Il n'existe pas d'état correspondant du pouls, qui bat 32 fois à la minute.

Trois mois après, le malade rentre à l'hôpital. Les phénomènes cardiaques sont les mêmes, mais un nouveau symptôme s'est

1 Dans le texte, il est question ici pour la première fois d’une affection de l'épaule. Cette circonstance a dû être omise dans l’abrégé de l'observation. (Note du trad.).

montré, savoir, une pulsalion remarquable de la veine jagulaire droile, et quidevient évidente, surtout quand le malade est couché. Ilést difficile de compter les pulsalions réflexes, mais leur nombre est au moins double des contraclions ventriculaires. Chaque troisième pulsation est forte, subile, el appréciable à la vue. Les autres sont moins dislincles et quelques-unes sont très faibles ; ces dernières correspondent sans doute aux contractions imparfailes du cœur, dont nous avons parlé. Le coù du malade est très curieux à observer ; jamais je n'avais vu jusque-là des puülsations veineuses semblables.

Depuis sa sortie, ce malade a eu à peine quelques-unes des attaques cardiaques auxquelles il était sujet ; il rapporte les sensations prémonitoires à la région sus-claviculaire droite. Elles se sont reproduites souvent sans être suivies de perte de connaisnaissance,

Nous répétons que pour Stokes c'est la lésion cardiaque, la dégénérescence graisseuse du cœur qui tent Sous sa dépendance le ralentissement du pouls et les attaques syncopales. Il appelle cette affection maladie graisseuse du cœur; et voici les signes et les symptômes qu'il en donne {:

1° Atlaques répétées de syncope ou de pseudo-apoplexie.

2° Lenteur, faiblesse, irrégularité permanente du pouls.

3° Impulsion cardiaque faible, avec bruit de souffle accompagnant ou remplaçant le premier bruit du cœur.

4° Muürmure sur le trajet de l'aorte, sans caractère de régurgitation. Le deuxième bruit reste intact.

5° Les deux bruits du cœur manquent et sont remplacés par un murmure soufflant non régurgitant.

Stokes ajoute que ce sont là les symptômes de la maladie lorsqu'elle a acquis tout son développement; au début ces symptômes sont inconstants et variables.

! Stokes, Trailé des maladies du cœur, Trad, Sénac, 1864, p. 335.

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Au point de vue pathogénique Stokes admet que « l'on doitchercher le point de départ des accidents dans la diminulion de la puissance de l’un des ventricules ou des deux ventricules à la fois. Les syncopes, les attaques apoplectiformes, la mort subite, résultent de la débilitation du ventricule gauche, que l’affaiblissement musculaire soit ou non le résultat de la dégénérescence graisseuse.

« Le ralentissement du pouls implique une débilité égale des deux ventricules ; son irrégularité et son inégalité peuvent être rapportées à des contractions ventriculaires imparfailes, ou à un défaut de consensus entre les deux ventricules », et il termine ainsi : « À vrai dire, mes remarques s'appuyaient sur les idées professés par le docteur Adams, à propos de la dégénérescence graisseuse, et avaient pour but de les corroborer. »

3° Énumération de quelques cas cliniques. — Bradycardie par obstruction des coronaires.

Ogservarion III

Hammer, « Ein Fall von thrombotischem Verschluss einer der Kranzarterien des Herzens », (Wiener med, Wochenschr., 1878.)

Au cours d’un collapsus banal le pouls tombe trente heures avant la mort à 8 battements par minute.

A L'AUTOPSIE, l'artère coronaire gauche fut trouvée complètement obstruée par une végétation partant des valvules aortiques et par une production thrombosique.

OBsERvATION IV.

Samuelson, « Ueber den Einfluss der Coronararterienverschliessung auf die Herzaction » (Zeitschr. f. klin. Méd., n° », 1881.)

Homme de quarante-sept ans qui, à trente ans, au cours d’un traitement anti-syphilitique présente à trois reprises des attaques

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avec perte de connaissance, délire léger, dyspnée, mouvements cloniques du visage. Ces attaques persistent une demi-heure.

L'année suivante, ce malade souffre de crises d’angine de poitrine et d'asthme cardiaque.

Le pouls reste toujours au-dessous de la normale.

Le jour de la mort il se produit une attaque grave, le pouls tombe à 35 à la minute.

L’aurorsie montre de la sclérose des artères coronaires avec rétrécissement très marqué de leur lumière.

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