AID
Pour l’examen microscopique il fut prélevé une portion du septum, qui fut coupée en séries. On put suivre le faisceau de His depuis l'oreillette jusqu'au niveau de ses deux branches subendocardiques.
Tandis que la musculature de l'oreillette et du ventricule ne présente aucune altération, la portion du faisceau traversant l'anneau fibreux présente des fibres musculaires bien conservées, mais une infiltration cellulaire importante, ayant son maximum au niveau de la région des vaisseaux. Il y a en outre une altération importante des gros vaisseaux qui au niveau du sillon auriculo-ventriculaire gauche pénètrent dans le faisceau et sy distribuent. Ils présentent un épaississement remarquable de l'intima, rétrécissant à un haut degré leur lumière, si bien que le diamètre est réduit de moitié. Il s’agit d’un épaississement du tissu conjonctif qui a transformé la périphérie des vaisseaux en une masse inégale ; l’infiltration cellulaire ne peut pas être reconnue avec certitude ; la tunique moyenne ne montre aucune altération particulière ; l’adventice montre une légère infiltration cellulaire. La lumière est fortement rétrécie, elle est vide de sang.
Cette altération des vaisseaux a son maximum à leur entrée dans le faisceau de His, et c’est là que leur lumière est le plus réduite. Cette altération se retrouve au niveau des ramifications artérielles dans l’intérieur du faisceau.
La musculature ventriculaire est normale, elle ne montre pas l'infiltration cellulaire diffuse qui se voit au niveau du faisceau, cependant on trouve dans la région des petites artères une accumulation assez marquée de petites cellules.
L'infiltration du faisceau se poursuit vers l'anneau fibreux sur une étendue de 1 à 2 millimètres. La musculature de l'oreillette est ‘saine. L'infiltration s'étend encore sur le tissu conjonctif et graisseux dans le voisinage du faisceau de His.
On ne peut dire s’il s’agit d'un processus inflammatoire ayant intéressé uniquement le faisceau ou s’étant étendu à d’autres portions du muscle cardiaque, puisque le septum a été seul examiné ; mais on peut dire que dans les parties examinées seul le faisceau était malade, les parties environnantes n'étant pas atteintes. Ainsi le faisceau semble être intéressé avec prédilection par les processus inflammatoires aigus comme par les processus chroniques.
CONCLUSIONS DE L'AUTEUR
Il s'agit ici d'un cas de maladie d'Adams-Stokes sans blocage complet.
Hering a voulu appliquer à ces cas la pathogénie suivante : les attaques se produisent quand le blocage incomplet se transforme en blocage complet.
Gerhardt admet plutôt qu'il s'agit de phénomènes d'épuisement analogues à la claudication intermittente, Les troubles circulatoires (adhérence des vaisseaux) joueraient un grand rôle.
Gerhardt admet que pendant les attaques il n'y avait pas transformation du herzblock incomplet en herzblock complet, mais simplement une aggravation des troubles de transmission sans dissociation.
Il compare ce cas à ceux de A. Hoffmann (cas avec guérison) et de Lévy (voir plus loin).
Il admet qu’il peut s'agir dans des cas analogues de troubles purement fonctionnels :
après les maladies infectieuses ;
sous l'influence d'une irritation du vague.
La disparition progressive des phénomènes fait penser à des troubles fonctionnels. Ici l'examen a montré qu'il n’en était rien.
On voit d’après ces observations suivies d’autopsie que les expériences de His, Erlanger, Hering, von Tabora peuvent présenter des applications cliniques, et que les symptômes de dissociation auriculo-ventriculaire sont susceptibles de toutes les gradations depuis le plus léger trouble jusqu’au herz-block complet.
Ces gradations répondent à des compressions ou à des altérations plus ou moins complètes du faisceau de His. Mais il se peut aussi qu'une dissociation existe sans lésion du faisceau.
Voici résumés sous forme de tableau les résultats des observations que nous venons de relater ; la classification en dissociation complète et incomplète, est faite d’après lesappréciations des auteurs eux-mêmes émises
sous forme de conclusions à la fin de leurs articles :