II. — Pontificat de Léon X
Michel' Ange. Hajthai'L Ecole de lir amante et de Hap/iaël,
Mir/iel'Anf/c. — Dans l'histoire de l'architecture au XVI* siècle le nom de Michel-Ange est celui qui lient la plus
grande place à coté de celui de Bramante. Et ces deux grands génies furent très différents l'un avec l'autre. Micliel-Ange est le chef d'une école qui, tout en semblant d'abord prendre la suite de celle de Bramante, fut au contraire en opposition profonde avec elle. Bramante c'était la Renaissance, Michel-Ange ce sera le Baroque ; Bramante c'est l'équilibre, la sagesse, l'harmonie, la distinction, le culte de la forme, Michel-Ange c'est la recherche expressive, c'est le sacrifice du détail à l'effet d'ensemble, Michel-Ange c'est l'homme qui veut exprimer puissamment ses pensées, sans souci des incorrections nécessaires pour atteindre à son but. Certes, comme Bramante, Michel- Ange connaît l'architecture antique et il l'aime passionnément, et par là il est au premier rang des chefs de la Renaissance, mais, tout en se servant de Fart antique, il n'hésite pas à s'affranchir de ses règles trop étroites, à déformer, on peut même dire à torturer ses formes, pour les rendre plus expressives.
L'architecture créée par Michel-Ange n'est pas immuable et impersonnelle, mais vivante et toute faite de sensibilité. Elle sera apte à se transformer du tout au tout selon les pensées par lesquelles sera dominé son auteur.
Dans sa longue vie artistique Michel-Ange a vu bien des changements survenir autour de lui. A Florence, après les triomphes et la richesse, il assiste aux désastres et à la ruine provoqués par les révolutions et l'invasion des armées étrangères. A Rome, il voit se succéder neuf papes sur le trône pontifical, et, après avoir connu le faste et le luxe de
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BRAxMANTE. 43
Jules II et de Lëon X, il assiste à l'âge sévère des papes de la contre-réforme. Alors que Bramante ne reste à Rome que pendant quelques années, de 1499 à 1514, Michel-Ange y vit pendant trois quarts de siècle. Toute Thistoire du xvie siècle se reflète en lui; nulle œuvre n'est plus féconde que la sienne en enseignements, nulle ne nous permet de suivre plus étroitement révolution des idées et la répercussion sur les arts des grands événements qui changent alors si fréquemment et si brutalement la face de ritalie.
Dans la première période du xm^ siècle, Michel-Ange ne remplit pas encore comme architecte un rôle de premier ordre. Sous Jules II, il se consacre tout entier à la Tombe du pape et à la Sixtine : il fut le peintre et le sculpteur de ce pape dont Bramante fut l'architecte. Jules II avait trouvé dans ces deux génies les artistes capables de le comprendre et d'exprimer ses pensées. Jamais pape plus grand ne trouva des artistes plus à sa taille.
Lorsque Léon X monte sur le trône, c'est un Florentin, c'est un membre de la famille des Médicis (jui prend en mains les destinées de Rome et qui apporte dans cette ville un goût plus délicat, un plus ardent amour dos belleslettres et des plaisirs ; c'est un pape moins fait pour les luttes que pour la paix, plus ëpris des livres que des armes, c'est un humaniste succédant à un soldat. Aveclui, dans les arts, les idées de force vont céder la place aux idées d'élégance : son maître préféré, ce sera Raphaël, dont
Ja faveur sera telle qu'il n'y aura plus de place à côté de lui pour Michel-Ange. Ces deux hommes sont trop grands pour pouvoir vivre à côté l'un de l'autre, et ils sont trop différents pour pouvoir s'aimer.
Léon X ne saurait toutefois méconnaître le génie de Michel-Ange, ni se priver de ses services. Puisque Rome est toute à Raphaël, à Michel-Ange il donnera Florence.
Léon X n'oublie pas la ville de ses ancêtres, il veut continuer là les œuvres qu'ils ont entreprises et il va demandera Michel-Ange de travailler à cette église de San Lorenzo que le vieux Cosme avait fait construire par Brunelleschi et que les Médicis n'avaient cessé d'enrichir pendant tout le cours du xv® siècle. Il commande à Michel- Ange la Sacristie Neuve destinée à servir de chapelle funéraire à sa famille, il lui demande d'aménager, dans le cloître annexe de l'église, une bibliothèque pour ces manuscrits dont la réunion était une des plus grandes gloires des Médicis, et surtout il lui demande de faire cette façade que ni Brunelleschi ni ses successeurs n'avaient commencée et qui reste encore à construire.
Le programme était considérable, et Michel-Ange va encore le compliquer par la façon gigantesque dont il rêve de l'exécuter. Ici comme toujours il voit trop grand et, de ce qu'il projette, il ne pourra rien terminer.
Ce qu'il faut avant tout remarquer dans ces œuvres, soit dans la Chapelle funéraire, soit dans la façade de l'église, c'est que Michel-Ange fait une architecture de sculpteur. Sa façade ne devait être qu'une grande surface
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ALAIS DUCAL I)K MANTOUE. SALLR DKS MARGHKSI
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