T. VI, p. 88. — Voy. plus haut, p
2. T. III, p. 314. — « Il sacco è stato grande di valore di ben un millione e mezzo d'oro. » [Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, t. III, p. 819.) — T. IV, p. 299.
3. T. I, p. 345. — t Si faut-il louer extrêmement le comte de Somme rive, qu'encor qu'il fut esté grand persécuteur des huguenots, si est-ce qu'après le massacre de la Sainct-Barthélemy, et qu'il lui fut mandé comme aux autres de mener les mains basses envers les huguenots, et en faire de mesmes en son gouvernement comme à Paris, il n'en youlut jamais rien faire, disant que l'acte en serait trop vilain, et que le roy Pavoit peu bien faire et s'en laver quand il luy plairait, estant roy, mais pour lui à jamais il en sortirait son âme chargée et son honneur souillé : dont le roy lui en voulut grand mal et en fut très mal content. On dict qu'il mourut de despit de ce mescontentement. • (T. m, p. 381.)
plus le mestier de cruels bouchiers et bourreaux que de nobles soldats * • »
Dans l'histoire de cette sanglante tragédie, il est un point sur lequel on a beaucoup discuté et qui est resté assez obscur, même pour les contemporains :
La Saint-Barthélémy a-t-elle été préméditée 2 ? Brantôme, absent de Paris, n'a pu que recueillir les bruits qui couraient, et il n'ose se prononcer, c II s'en est dict de tant de diverses façons qu'on ne sçait qu'en croire 3 . » Cette question pourtant ne me semble pas trop difficile à résoudre ; il s'agit seulement d'éviter une confusion. Il est, en effet, nécessaire d'établir une distinction entre l'attentat de Maurevel sur Goligny et le massacre. Pour moi, il n'y a aucun doute, sa mort et celle de Gondé étaient résolues depuis longtemps, depuis l'entrevue de Bayonne si l'on veut. Lorsque le pistolet de Montesquiou eut couché le prince sur le champ de bataille
4. Quant à la part que les Suisses prirent au massacre, Zur-Lauben se borne à dire que le duc de Guise avait fait garder le Louvre par quelques compagnies suisses et le régiment des gardes françaises pour empêcher, dit -il, l'évasion du roi de Navarre et du prince de Gondé. (T. IV, p. 429.) Il ne nous dit pas si ses compatriotes prirent part au massacre comme les autres troupes, mais on lit dans la lettre d'un anonyme, écrite le 27 août au secrétaire Goncini : c Piles uscendo délia caméra del re di Navarra per salir di palazzo da un Svizzero fu occiso, e seco alcuni al tri. i (Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, t. III, p. 817.) Deux jours avant, ce vaillant capitaine, Arnaud de Glermont, seigneur de Piles, avait donné sur la Seine des leçons de natation au roi. (T. Y, p. 434.)
2. Voy. à ce sujet le très intéressant travail de M. Henri Bordier ; la Saint-Barthélémy et la critique moderne. Genève, 1879, in-4°. L'auteur est pour la préméditation.
3. T. Y, p. 255. — t Ce sont lettres closes pour moi, dit-il ailleurs, car alors j'estois à nostre embarquement de Brouage. » (T. Vn, p. 363.)
de Jarnac, Coligny, resté seul chef suprême des protestants, exerça sur une partie de la France une domination telle que fut, au temps de la Ligue et bien plus puissante encore, celle du duc de Guise, qui devait périr et périt comme lui 1 . Ce partage de l'autorité royale ne pouvait se tolérer et l'opinion publique ne s'y trompait pas. Après la paix de Saint-Germain, cédant aux instances réitérées du roi et de Catherine, quand l'amiral, malgré les inquiétudes manifestées par les siens, se décida (novembre 4 574 ) à reparaître à la cour, la certitude d'une trahison s'était tellement accréditée, même à l'étranger, que le pape Pie Y fat surpris du manque de résolution de Charles IX 2 .
Si l'on admet la préméditation, la tentative sur Coligny devient incompréhensible. Quel avantage pouvait-on retirer de ce meurtre anticipé quand il était facile, comme on l'exécuta quatre jours après, d'englober l'amiral dans le massacre? Eût-elle réussi, on aurait pu l'attribuer uniquement au duc de Guise, voulant venger la mort de son père, ce qui, dans
1. c Le duc de Guise, écrit Pasquier, estant arrivé & Chartres après la publication de Pédit d'Union, M. de Seissac, qui avoit esté autrefois lieutenant de sa compagnie de gendarmes, le pria de se ressouvenir du commandement exprès que l'un et l'autre avoient eu, le jour de Saint-Barthélémy 1572, du roy, estant lors simple duc d'Anjou, de faire tuer l'admirai à quelque prix que ce fust, parce qu'il avoit fait le roy... C'est une histoire que j'ay apprise de la bouche du sieur de Seissac. » (Lettres, liy. XHI, lettre 6.)
2. a II Papa credeva che la pace fatta, e l'ayer consentito il Re che rAmmiraglio venisse in corte fusse con disegno di ammazarlo; ma accortosi corne passa il fatto, non ha creduto che nel Re nostro sia quella brava resoluzione. » — Lettre d'un anonyme à François de Médicis. (Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, t. III, p. 832.)
les idées du siècle, était considéré comme une chose toute naturelle 4 . Les- protestants à qui il aurait donné l'éveil se seraient empressés de quitter Paris, et le complot, s'il y en avait eu, aurait avorté. La blessure de l'amiral était malheureusement trop grave pour qu'il pût s'éloigner, ils restèrent auprès de lui, et leurs violentes et imprudentes menaces effrayèrent tellement la cour qu'elle se décida à un massacre général pour lequel rien n'était préparé ni prévu. Voici ce qu'écrivait de Paris, lé 27 août, un anonyme au secrétaire Concini : « L'événement troubla tellement les huguenots qu'ils ne surent pas s'empêcher de dire que, si le roi ne leur faisait justice, ils se la feraient de leurs mains. Ils ajoutèrent encore d'autres bravades qui furent cause de leur ruine et de leur extermination, ainsi qu'il arrive le plus souvent que les menaces sont les armes du menacé 2 . > C'était aussi l'avis de La Noue, qui, au siège de la Rochelle, en parla à Brantôme. « M. de la Noue, dit-il, a esté bien de ceste opinion ; et sçay bien que lui et M. d'Estrozze et moy en avons parlé, lui n'aiant jamais approuvé ces bravades, ces
4 . Brantôme, qui, dans un passage que nous avons cité, considère la mort de Coligny comme un malheur pour la France, ailleurs s'exprime ainsi : « Si la mort du duc de Guise fut fort regrettée, elle fut amprès bien vengée à la Saint-Barthélémy... Ainsi que fit ce coup M. de Guyze, ce brave filz, qui, six ans après ou plus, se vangea comm' il falloit de tout à la Saint-Barthélémy. » (T. IV, p. 260.)
2. c II caso turbô talmente gli ugonotti che non seppero ritenersi di dire, che se il Re non faceva loro giustizia, se l'averieno fatta di loro mano. Aggiunsero anche altre parole più brave, le quali sono state cagione del loro eccidio ed esterminio, si corne per lo più avviene, che le minaccie sono l'armi del minacciato. » (Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, t. III, p. 813.)
audaces et menaces, et mesmes en la cour de son roy et sa ville de Paris, que Ton fist ; et en blasma mesme fort M. de Théligni, son beau-frère, qui en estoit des eschauflez, l'appellant et ses compaignons de vrays
folz et mal habilles Et voylà la cause de la mort de
M. l'admirai et du massacre des siens, et non pas la reyne, ainsy que j'ay ouy dire à aucuns qui le sçaveot bien, encor qu'il y ait plusieurs qu'on ne leur sçauroit oster l'opinion de la teste que ceste fusée n'eust esté fillée de longue main, et ceste trame couvée. Ce sont
abus 1 »
Il y a dans les pages où il parle de la Saint-Barthélémy une anecdote qui a soulevé des discussions si passionnées que l'on aurait dit qu'il s'agissait de défendre la mémoire d'un saint monarque comme Louis IX, ou d'un bon roi comme Louis XII, contre une affreuse calomnie 2 , c Pendant que le jeu (de la Saint-Barthélémy) se jouoit, raconte-t-il, et qu'il fit jour, et que Charles IX mit la teste à la fenestre de sa chambre et qu'il voyoit aucuns dans les fauxbourgs de Saint-Germain qui se remuoient et se sauvoient, il prit un grand harquebuz de chasse qu'il avoit et en tira tout plein de coups à eux, mais en vain, car l'harquebuz ne tiroit si loing. Incessamment il crioit : tuez! tuez/... Il fut cruel en toutes sortes et par actes et par spectacles, car il prit fort grand plaisir de voir passer soubz ses fenestres par la rivière plus de quatre mille corps, ou se noyans ou tuez 3 . » Le principal argument contre
1. T. Vn, p. 363. — Voy. encore t. V, p. 253. Cf. de Tnou, Hitt* universelle, 1. 50.
2. Voy. Histoire universelle d'Aubigné, édition de Ruble, t. m, p. 333, note. '