‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 121 sur 291 · T. Y, p. 255-258. — Les lettres envoyées après la Saint · texte numérisé non relu

T. Y, p. 255-258. — Les lettres envoyées après la Saint

SA VIE ET SES ÉCRITS. f 63

ce récit, c'est que la Convention avait fait placer sur une fenêtre du Louvre, qui n'existait pas du temps de Charles IX, une inscription qui rappelait le fait ; mais, que vaut-il? La Convention s'est trompée. Est-ce que Brantôme, qui passait sa vie au Louvre, ne connaissait pas la chambre du roi et pouvait ignorer s'il était possible d'arquebuser les malheureux qui cherchaient à fuir les assassins? Et d'ailleurs il ajoute cette circonstance atténuante : que l'arme ne portait pas assez loin pour les atteindre. Ceux qui veulent disculper le roi oublient quelle férocité il déploya dans cette funèbre nuit où il laissa partir pour la mort son grand ami La Rochefoucauld, avec lequel il venait de passer joyeusement la soirée. Ils oublient sa visite avec la cour à Montfaucon, où était pendu le cadavre décapité de l'amiral, de celui qu'il appelait son père 1 ; ils oublient que, deux mois après, le 27 octobre, c il voulut voir mourir le bonhomme M. de Briquemaud. et Gabagnes, chancellier de la Cause, dit encore Brantôme 2 ; d'autant qu'il estoit nuict à l'heure de l'exécution, il fit allumer des flambeaux et les tenir près de la potance pour les voir mieux mourir et contempler mieux leur visage et contenance. Ce que plusieurs

Barthélémy par Charles IX dans le royaume et à l'étranger « étoient, dit Aubigné, signées de la mesme main, de laquelle ce prince giboyoit de la fenestre du Louvre aux corps passans. » (Histoire universelle, éd. de i626, t. II, liv. I, ch. iv, p. 551.) .

1 . « Aucuns qui estoient avec luy bouchoient le nez à cause de la senteur, dont il les en reprit, et leur dist : c Je ne le bousche c comme vous autres, car l'odeur de son ennemy est très bonne. » Odeur, certes, point bonne et la parole aussi mauvaise. » (T. V, p. 258.)

ne trouvarent beau, disans que c'estoit aux roys d'estre cruelz seulement toutes et quantes fois que le cas le requiert, mais les spectateurs le doivent estre encor moins, de peur qu'ilz ne s'accoustument à choses plus cruelles et inhumaines. »

Ce n'était pas la première fois, et ce ne fut pas la dernière, que les princes se donnèrent de pareils spectacles. C'est sous les yeux de Catherine de Hédicis que tomba le 88 juin 1 574 la tête de Mongommery . En 4 575, le 6 juillet, Henri III eut la fantaisie d'aller voir mourir le capitaine La Verge rie, condamné à être pendu, puis mis en quartiers pour avoir mal parlé des Italiens, c encores qu'au dire d'un chacun il n'approuvast pas cet inique jugement 1 . » Sept ans plus tard, lors du supplice de Salcède, condamné pour conspiration à être tiré à quatre chevaux, c le roy et les roynes assistèrent à l'exécution en une chambre de l'hostel de ville exprès accoustrée et parée pour eux 2 . >

Après Henri III , cet usage barbare disparut de la cour de France, mais, sans parler des autodafés, il persista encore longtemps dans certains pays 8 .

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