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s'assioit auprès de luy, non près de soo chevet, comme Ton a de coustume, mais un peu à l'escart et en perspective, où estant sans parler guières à luy, selon sa coustume, aussy luy à elle, tant qu'elle demeurait là, jettoit ses yeux sur luy si fixement que, sans les retirer aucunement de dessus, vous eussiez dit qu'elle le cou voit dans son cœur de l'amour qu'elle luy portait; et puis on luy voyoit jetter des larmes si tendres et si secrettes que qui ne s'en apercevoit bien n'y eust-on rien cogneu, essuyant ses yeux humides, faisant semblant de se moucher, qu'elle en faisoit pitié très grande à un chascun (car je l'ay veu) pour la voir ainsi gesnée à ne descouvrir sa douleur ny son amour, et que le roy aussi ne s'en aperceust 1 . >
Charles mourut le 30 mai. Ses funérailles furent marquées par les querelles qui, dans les cérémonies
1. Voici le portrait qu'il trace de cette pauvre princesse, dont le départ, en 1575, causa de vifs regrets en France : c Noua pouvons dire partout qu'elle a esté l'une des meilleures, des plus douces, des plus sages et des plus vertueuses reynes qui régnast despuis le règne de tous les roys et reynes qui ayent jamais
régné Elle estoit une très belle princesse, ayant le tainct de
son visage aussi beau que dame de sa court, et fort agréable. Elle avoit la taille fort belle aussi, encores qu'elle l'eus* moyenne assez. Elle estoit très sage aussi, très vertueuse et très bonne, et qui ne fît jamais mal ny desplaisir à personne quelconque, non pas l'offença de la moindre parolle du monde, i (T. IX, p. 597.) — Quant à sa beauté, son portrait par Glouet, conservé au musée du Louvre, justifie ce que Marie Touchet avait dit en regardant celui qui avait été, avant le mariage, envoyé à la cour de France : a L'Allemagne ne me fait point peur. »
Elle laissa en France sa fille, Elisabeth de France, qui mourut dans sa sixième année, le 2 avril 1578. c C'était, » dit Brantôme, qui lui a consacré quelques pages, « ung vray miracle de nature en esprit et en grandeur de courage. • (T. VIII, p. 145.)
officielles, se renouvelaient si souvent entre les grands corps de l'État. Son corps étant prêt à partir de Notre-Dame, une vive dispute au sujet de la préséance s'éleva entre le parlement, la noblesse et le clergé, ce qui fit dire à une grande princesse de par le monde qui touchait de fort près au roi et que Brantôme ne veut pas nommer, mais qui est évidemment Marguerite de Valois, c qu'il ne se falloit esmerveiller si, durant le vivant du roy, les séditions et troubles avoient eu si grand' vogue que, tout mort qu'il estoit, il esmouvoit, brouilloit et troubloit encores 1 . »
Le corps, de Notre-Dame, devait être porté à Saint- Denis, mais, arrivé à l'église de Saint-Ladre, il fut, dit Brantôme, c quitté de tout le grand convoy. Princes, seigneurs, parlement, les gens d'Église et de la ville le laissèrent aller presque seul à Saint-Denis. Il ne fut suivy ny accompagné que du pauvre M. d'Estrozze, de Fumel 2 et de moy et deux autres gentilshommes de la chambre qui ne voulurent jamais habandonner nostre maistre tant qu'il seroit sur terre 3 . »
Après le service solennel célébré à Saint- Denis, il s'émut encore, à la fin du repas qui suivit la cérémonie, une grande querelle où Brantôme fut quelque peu mêlé, c La court de parlement, dit-il 4 , envoia dire et commander à M. le grand aumosnier, M. Àmyot, de leur aller dire grâces après disner, comme au roy; lequel leur fit responce qu'il n'en