‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 137 sur 291 · Paris, Germer-Baiilière, 1873, in · texte numérisé non relu

Paris, Germer-Baiilière, 1873, in

tienté, disant, rapporte Brantôme, qu'il n'esfoit raisonnable qu'un qui pouvoit servir à tout un petit monde fust ainsi massacré 1 . » Rien de plus simple et de plus clair que cette phrase ; mais M. Gorlieu, poursuivi par une idée fixe sur la nature du mal qu'il prête gratuitement au roi, l'a complètement dénaturée pour y trouver ce que Brantôme n'a jamais songé à y mettre, c Brantôme, dit-il, prétend que Charles IX a été affecté d'une maladie vénérienne pour laquelle, au temps de la Saint-Barthélémy, il recevait des soins d'Àmbroise Paré, et que ce fut l'une des raisons pour lesquelles le chirurgien échappa au massacre 2 . » Je me demande où M. Cor lieu a pu découvrir cette prétention de Brantôme dans le texte que nous venons de citer.

Le second passage n'a pas été interprété par lui avec plus de discernement. Quoique les symptômes de la maladie qui devait emporter Charles IX fussent constatés depuis longtemps, bien des gens dans le public et au milieu de cette cour, où tous les crimes étaient possibles, ne voulaient pas croire à une mort naturelle. L'autopsie dissipa les soupçons. « Son corps fut ouvert en présence du magistrat* dit Brantôme, et, n'y ayant esté trouvé dedans aucune meurtrissure ny tache, cela osta publiquement l'opinion que l'on avoit de la poison. M. d'Estrozze et moy en demandasmes ad vis à màistre Ambroise Paré. Il nous dist en passant, et sans longs propos, qu'il estoit mort pour avoir trop sonné de la trompe à la chasse du cerf, qui luy avoit tout gasté son pauvre corps \ et

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