L'Estoile, juillet
2. c J'ai veu de mon temps, dit Montaigne, plusieurs jeunes hommes de bonne maison si adonnez au larrecin que nulle correction les en pouvoit destourner. » L'un d'eux, qu'il s'était chargé d'admonester de la part d'un sien frère, « très honneste et brave gentilhomme... venoit d'estre surpris en larrecin des bagues d'une dame, au lever de laquelle il s'estoit trouvé avecques beaucoup d'autres. » (Essais, liv. H, ch. vm.)
selle de la Religion qui s'estoit glissée dans la chambre, fust contrainte les rendre, pour ce qu'on lui dit qu'il en faloit rendre compte au roy 1 . >
L'idée de probité, telle que nous la comprenons aujourd'hui, était si peu répandue que, presque jusqu'à la fin du xvm e siècle, poètes, conteurs, romanciers, faiseurs de pièces de théâtre, étaient toujours sûrs d'égayer le public au récit des friponneries commises par les personnages qu'ils mettaient en scène. Enfin L'Estoile lui-même, qui flétrit pourtant les grands voleurs, intitule : Tour subtil joué par le baron de Viteaux à son frère le récit d'un infâme brigandage commis par le baron, qui avait enlevé à main armée à son frère, dans le château de Nantouillet, 4,000 écus et les meilleurs chevaux de son écurie 2 .