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et à la cour quelquefois. Le roy Henry, à sou retour de Polloigne, estant à Lion, ce capitaine estoit bien souvant avec moy, dont il me fut dit de bon lieu que je l'advertisse qu'il ne se pourmenast plus tant, et qu'il pourrait estre en peine de la justice; ce que je ne failly de luy dire et de l'en advertir. Mais il me respondit froidement : c Monsieur, je vous « en remercie ; mais ne vous en mettez point en peine « pour moy de cela, car cela n'est rien. Ce n'est que c quelque petite batterie dont on m'accuse; mais la « justice ne me sçauroit rien que faire. » Je voulus sçavoir au vray que c'estoit. Il me dist : « Monsieur, « c'est rien cela; mais, puisque le voulez sçavoir, « c'estoit un maraut, marchant de Paris, qui m'avoit « fait un desplaisir. Je le fis guetter et sceuz com- « ment il s'en alloit à Orléans un jour avec quatre ou « cinq autres marchans de ces 1 compaignons. Je monte « à cheval. Je les suis tant que je puis. Je les trouve « qu'ilz disnoient à Longemeau*. Je mis pied à terre « et donne mon cheval à mon homme pour le tenir. « Je monte en haut avecques mon pistollet bien bandé « et le chien abattu. Je trouve mon homme au bout « de la table. Soudain je vins à luy et Juy dis : Con- « fesse-toy, marchant de Paris; tu es mort. Je luy pré- « sente le pistollet, lequel faut, et soudain mis la « main à l'espée. Je luy donne à travers le corps et « tumbe roide mort par terre. Je vis ses compaignons « qui font semblant de faire des mauvais. Je donne « à l'un si grand extramasson sur la teste que je la « luy fends à demy; si bien que, tout estourdy, il